Ethique Info

Accueil > Politique > Faut-il psychanalyser les gouvernants ?

Une nouvelle épreuve pour les chefs d’état ?

Faut-il psychanalyser les gouvernants ?

Est-ce mieux que l’ENA ?

mercredi 26 mars 2008, par Picospin

Lors d’un voyage tendu en URSS, il y a une quinzaine d’années, dont elle a fait le récit détaillé, Hilary Clinton avait présenté aux militaires chargés de la surveiller, sinon de la protéger, un visage serein et détendu, éclairé par un large sourire. C’est le contraire qu’elle vient de raconter. Qu’est-ce à dire ? Propagande, mensonge, tactique électoraliste ? Peut-être rien de tout cela. Peut-on admettre que dans le rôle qui est le sien actuellement, l’ex-première dame des Etats-Unis s’est donné le beau rôle, celui d’une femme héroïque aux côtés de la superstar qu’était Bill Clinton, sur le point de devenir un fameux Président des Etats-Unis ?

Réalité et mythe ?

Dans ces occasions exceptionnelles, il arrive que l’imaginaire prenne le pas sur la réalité. Au lieu de se voir confinée au simple rôle d’épouse du Président, elle s’est imaginée en héroïne protectrice d’un homme peut-être vulnérable et menacé. Dans certaines circonstances la mémoire peut jouer de mauvais tours lorsqu’elle mélange la réalité des faits vécus - ou qu’on croyait vivre - avec l’imaginaire ou la vision mythique de sa propre existence. Cette hypothèse est facilement envisageable si l’on prend comme modes explicatifs le modèle proposé par le simple ordinateur PC ou Mac que tout le monde caresse des doigts et sur lequel des opérations de rafraichissement de la mémoire sont recommandés périodiquement pour lui redonner de la vigueur et éviter qu’elle ne s’affaisse sur de très vieux souvenirs, ceux que l’on conserve le plus longtemps ? Il s’agit de procéder à une opération qui s’appelle la "défragmentation". Cette dernière consiste à regrouper les fragments de fichiers éparpillés sur le disque afin d’optimiser les temps d’accès au disque dur, lors de la lecture de fichiers de taille importante. Afin de défragmenter, des algorithmes élaborés sont utilisés pour déterminer la place des fragments et les espaces disques non utilisés. En effet, le fonctionnement d’un ordinateur répond à une règle par laquelle, à force de créer et de supprimer des fichiers, d’installer de nouveaux logiciels et de surfer sur Internet, les fichiers qui composent les données d’applications et les documents se retrouvent en morceaux et sont éparpillés aux quatre coins du disque dur. C’est ce qu’on appelle la fragmentation des fichiers.

Données éparses.

Les données n’étant pas regroupées, les accès aux fichiers et aux logiciels sont ralentis, le temps pour l’appareil de retrouver tous les fichiers et les morceaux de fichiers nécessaires à l’opération en cours. Pour éviter cela, il est nécessaire de défragmenter le disque dur, c’est-à-dire d’optimiser son occupation en regroupant toutes les données et tous les fichiers ensemble, dans un espace contigu. Cette procédure permet d’accéder plus rapidement aux données, aux logiciels et aux fichiers qui sont de ce fait ouverts plus rapidement. Est-ce que cet appareil est doté d’une mémoire aussi fidèle ou encore plus performante que celle de l’homme ? A cette question on peut répondre par l’affirmative puisque l’ordinateur n’oublie jamais rien, sauf s’il est malade, qu’il aurait une sorte de maladie d’Alzheimer le privant de ses capacités mémorielles comme le fait le disque dur éventuellement « écrasé », endommagé d’un appareil, oubliant tout à coup des morceaux entiers de données dûment enregistrés et malencontreusement effacés par la panne technique. C’est ici que nous deux programmes se rejoignent, parce que liés par les phénomènes mnésiques qui jouent un si grand rôle dans la structure et la stabilité de l’individu. Au-dessous de cette mémoire déchirée par le temps, les émotions, les violences subies, les évènements sublimés, les souvenirs enfouis s’en cache une autre que la psychanalyse a pour mission de présenter au grand jour pour qu’elle n’intervienne pas à tout propos pour perturber le fonctionnement des facultés intellectuelles, des comportements, des raisonnements.

Psychanalyse : qu’est-ce ?

Car en effet, la psychothérapie psychanalytique vise à comprendre la genèse du symptôme et à rendre au patient l’énergie qui est immobilisée par ses conflits inconscients. Une relation de transfert s’établit entre le patient et le thérapeute. Ce travail portant sur l’inconscient du malade ne peut être entrepris avec succès que par un thérapeute qui a lui-même vécu l’exploration de son propre inconscient, d’où la nécessité d’une psychanalyse personnelle préalable pour le thérapeute. La psychanalyse est une analyse du "moi" effectuée dans le but d’en renforcer la puissance en en modifiant les structures. A la fois entreprise commune et combat du malade et du psychothérapeute, la cure psychanalytique ne se présente jamais comme une simple série de "consultations" mais bien comme une aventure à deux. Le psychanalyste devient ainsi une sorte d’agent catalyseur qui attire sur lui et cristallise les sentiments confus dont le patient vient de se décharge. Ce phénomène de transfert représente une des phases essentielles de la cure psychanalytique. La psychanalyse implique le plus souvent, pour être couronnée de succès, l’engagement sincère du malade, engagement auquel il tentera à diverses reprises de se dérober mais qui, en fin de compte, restera effectif jusqu’au bout.

Epreuves de sélection

Nous avions évoqué ici même, dans ce recueil d’articles consacrés aux évènements et aux « cas », l’éventualité de soumettre les candidats aux postes clés des responsabilités de l’état à des épreuves susceptibles de montrer leurs capacités à gouverner, à garder leur sang-froid en toute occasion, à mettre toutes leurs ressources à la disposition du peuple, à ne pas se laisser guider par leurs passions. Pour cette évaluation, on a coutume de faire passer un examen sinon un concours pour détecter les aptitudes, les connaissances et les capacités. En France on s’adresse depuis peu de temps à des institutions comme Sciences Po ou l’ENA. Ce nouveau recours donnerait des résultats plus probants que ceux naguère utilisés pendant la 3è ou la 4è République. Le mode de sélection employé à l’époque portait au pouvoir majoritairement des médecins, des avocats ou des pharmaciens. On pouvait reprocher à ces professions de recruter des candidats et d’élire des personnages qui présentaient de nombreuses et de profondes lacunes dans le savoir nécessaire et indispensable à l’exercice du pouvoir. Ne serait-ce qu’au point de vue des finances, de l’économie, du droit, des jurisprudences, sinon de la philosophie. Nous voici arrivés, par étapes successives à la psychanalyse, mode de sélection ésotérique sinon obscur pour certains et qui risque d’en heurter plus d’un.