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Les femmes sont-elles toujours "inférieures" aux hommes ?

Femmes et hommes doivent-ils se maquiller dans la même Loge ?

Discordances dans la société

mardi 8 septembre 2009, par Picospin

D’une part, les statistiques publiées par « Le Monde » au sujet des réussites et des échecs relatifs dans les grandes compétitions scolaires, puis universitaires, enfin des grandes écoles, des filles et des garçons.

Les filles meilleures que les garçons ?

On y apprend que les filles ont des résultats meilleurs et plus réguliers que les garçons en cours d’année mais que lors des grandes compétitions, c’est-à-dire des concours réservés aux candidats des grandes écoles, elles perdaient un peu de leur supériorité au profit des garçons qui auraient une meilleure opinion d’eux-mêmes et par conséquent, une plus grande chance de se surpasser dans les grandes occasions parce qu’ils avaient été bien préparés et fortement conditionnés pour aboutir à de tels résultats. Les filles en savent largement autant sinon plus mais sont moins portées à la compétition car leur approche de la vie est davantage centrée sur l’autre, sur le souci de la famille, de la protection d’autrui et de l’aide à lui apporter an cas de besoin. Autrement dit, les garçons auraient un ego et un surmoi surdimensionnés, contrairement aux filles qui se dévouent pour les autres auxquels elles pensent davantage qu’à elles-mêmes. Dans le même temps, ou presque, on apprenait que lors d’un vote des plus démocratiques, les Francs Maçons du Grand Orient de France, dans leur sagesse suprême, se sont prononcés contre la mixité, c’est-à-dire la coexistence dans un même atelier de représentants du sexe dit fort et du sexe dit faible.

Mixité ? Quelle mixité ?

Cette décision a été obtenue à une confortable majorité dont le commentateur du journal dénonce le machisme, l’archaïsme et le retour à des temps révolus. Il parait en effet paradoxal qu’en même temps, on montre d’un côté les qualités intellectuelles et morales des filles pendant leurs années d’éducation et d’apprentissage et que de l’autre on en rejette la proximité sans que des raisons valables soient fournies depuis longtemps pour justifier une attitude qui relève plus du conservatisme, de la tradition sinon de la peur du renouveau que d’une réflexion objective, où la sagesse l’emporterait sur des considérations d’ordre affectif, émotionnel sinon moral. C’est ce qu’exprime Gérard Courtois dans son quotidien qui citant les « constitutions d’Anderson » datant de 1723, stipulent que les membres d’une loge ne doivent être ni « serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux » car on craint aussi que « l’amour entrant avec ses charmes ne produise l’oubli de la fraternité ».

Des frères ?

Quand on pense à ce que Caïn a fait à Abel, on peut se demander comment les frères vont se tirer de cette affaire d’autant plus qu’il est reconnu que Caïn est un meurtrier, mais que c’est lui fait qui l’histoire. C’est lui qui aura une descendance. Abel, une fois mort, est complètement oublié, comme s’il n’avait aucune importance. Dieu va dialoguer avec Caïn qui va successivement se rebiffer - « Suis-je le gardien de mon frère ? » -, avouer sa faute – « ma faute est trop lourde à porter » - et avoir peur –« quiconque me trouvera me tuera ». Comment Dieu répond à Caïn ? D’abord, il annonce que quiconque tuerait Caïn, ce dernier serait vengé sept fois ; de quoi refroidir toute velléité de meurtre ! Puis, Dieu met un signe sur Caïn qui empêche quiconque de le tuer. La vie humaine, même si c’est celle d’un meurtrier, reste sacrée et personne n’a le droit de tuer. C’est un plaidoyer pour une justice qui crée les conditions d’un avenir. Pourquoi Dieu a-t-il préféré l’offrande d’Abel à celle Caïn ?

Préférences ?

Il ne s’en explique pas. Comment Caïn sait-il que son offrande est rejetée ? De même, comment Abel sait-il que la sienne a été acceptée ? Pourquoi Caïn n’a t-il pas exprimé sa colère par des phrases comme : « c’est toujours la même chose on passe tout au plus jeune », « c’est toujours lui que l’on remercie et jamais moi ». Non, il n’ouvre pas la bouche et tue. On aimerait savoir si les deux frères se sont dit quelque chose dans le champ avant que Caïn massacre Abel. Comme le texte ne dit rien à ces suets, on peut en conclure que toutes ces choses qui nous intéressent au plus haut point n’avaient aucune importance.

Libéralisation des moeurs

Dans cette conjoncture, il est facile d’oublier que les relations se modifiant à mesure que se produit une libéralisation des mœurs, l’homosexualité peut facilement se substituer à la condition citée plus haut d’une relation hétérosexuelle pour perturber les relations entre les individus qui composent un atelier, voire une loge. L’auteur de ces lignes finit par se demander si à l’intérieur de certains groupes de réflexion, on ne veut pas perpétuer un conservatoire d’un autre ou d’un nouvel âge autour d’une masculinité régressive ou rétrograde qui continue d’emporter toute initiative sur son passage quitte à transformer les chutes du Niagara à un long fleuve tranquille.