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Fermeture des jeux, ouverture à la réflexion

lundi 13 août 2012, par Picospin

A grands renforts de couplets patriotiques chantant la gloire de la France, de ses médailles, de l’or gagné tombé dans l’escarcelle d’un pays valeureux pays parti pour dominer les autres, on se plait à tirer le rideau sur des Jeux qui n’en sont pas toujours tant est grand l’investissement affectif dans une manifestation qui se déroule tous les 4 ans pour doper le moral des populations lorsqu’elles sont accablées par les contreperformances de ses propres citoyens, voire la situation politique, économique ou plus simplement humaine.

Une célébration

Quel plaisir maintenant de pouvoir célébrer les triomphes sportifs d’une France qui réussit à hisser encore plus haut, plus coloré et plus brillant le pavillon qui n’a pas toujours provoqué l’admiration des autres nations quand il s’était agi de monter en épingle telle ou telle initiative diplomatique ou guerrière. Parmi tous ces commentaires, toutes ces louanges, ces cris d’admiration, aucune analyse ne cherche à décrypter, analyser, expliquer les raisons d’un succès, d’un échec, de disséquer les causes de telle déception pour en tirer les conséquences pour l’avenir. Si la France existe et devient un motif de joie, d’espérance et de louanges, il n’en est pas ici de même pour les autres pays engagés dans les différentes compétitions ni dans les motifs politiques, démographiques, sociétaux qui ont permis à cette nation relativement petite de rassembler autour des son drapeau des individus et des groupes issus d’ethnies si diverses que l’ensemble ainsi formé contribue par sa richesse et sa diversité à constituer un ensemble cohérent, efficace et performant dont on n’a guère d’autre exemple dans des ensembles analogues répartis ailleurs dans plusieurs coins du monde.

Ignorer ?

Ne pas parler des autres, est-ce les nier, effacer leur existence, voire les rayer de la carte du monde appelé maintenant planète pour des raisons encore obscures et dont la justification n’apparaît ni clairement ni judicieusement. Les Russes avaient à un moment donné du calendrier des compétitions disparu des attributions de médailles alors qu’auparavant ils les collectionnaient avec autant d’empressement que des triomphes aux échecs ? Nulle question n’était posée et continue de l’être pour cette unique et terrible raison du désintérêt pour les langues constatées chez les étudiants. Où en étaient les Allemands, autrefois, joyeux, infaillibles et actifs collectionneurs de médailles jusqu’à devenir des numismates enragés ? Aucune question posée, aucune réponse, aucune hypothèse proposée. Le successeur de Boubka, autrefois icône du saut à la perche, maitre incontesté de cette discipline a comme successeur un petit Français qui saute plus haut que lui et s’enroule autour de la barre comme un serpent le fait autour de sa proie, aucune question, pas de réponse parce que cette question n’intéresse personne et que seul compte l’irradiation des yeux et des âmes de France par la gloire rejaillissant par personne interposée sur les bénéficiaires combien indirects de ces performances.

Travail ou récompenses ?

C’est que la renommée, les médailles, le succès, la victoire, l’apothéose, la consécration comptent plus que le travail, les efforts, les sacrifices, les programmes d’entrainement assumés pour y parvenir. Avons-nous entendu une seule personne, un seul journaliste, un seul expert – autre nom attribué à une équipe de handball – se demander pour quelle raison un athlète, coureur de demi-fond de son état avait été vu en train de soulever comme plume d’oie ou de canard son vainqueur dans la discipline du 3000 m steeple ? Quelles sont les causes du formidable réveil du sport féminin qui a pourtant rapporté au pays un flot de médailles inconnu et inespéré jusqu’ici ? Nul ne s’en préoccupe alors que les DTN, sigle mystérieux des directeurs techniques du sport devraient fournir les arguments physiologiques, anatomiques, psychologiques pour expliquer ou du moins tenter de le faire les raisons de cette énorme mutation qui n’a pas encore atteint toutes les cultures si l’on veut bien jeter un regard sur une pauvre et isolée compétitrice, engoncée dans son surplus lipidique et incapable de s’en débarrasser, de s’alléger au moment où il lui faudrait se relever instantanément, faire appel aux soubresauts indispensables aux sports de combat.

Résultats partiels

Toute aussi impressionnante est la manière de présenter des résultats qui ne concernent que les Français, oubliant ceux des voisins, des compétiteurs habituels, proches par leurs résultats des premiers. Où sont passés les Allemands, autrefois en tête dans de nombreuses compétitions ? A-t-on cherché à enquêter sur leur mode de vie, à leur alimentation, aux méthodes d’entrainement si différentes à une certaine époque entre l’Allemagne de l’Est et celle de l’Ouest ? Quels sont les secrets de l’entraineur niçois qui a transformé la natation française pour en faire une turbine capable de traverser les piscines avant que les spectateurs aient eu le temps d’en repérer les moteurs ? Pas de réponse, pas d’intérêt, pas de curiosité qui sont aussi les maitres mots qui guident l’enseignement pour des élèves qui sont jugés plus sur leurs notes que sur les énoncés et raisonnements qu’ils ou elles proposent, sachant qu’à l’instar du sport, les filles s’y comportent mieux que leurs équivalents masculins. N’est-il pas temps de transformer les spectateurs et autres témoins des évènements de nos sociétés en observateurs dotés d’un regard, d’une écoute, d’une audition critique capables d’analyser sans vouloir à tout prix ressembler aux vaches regardant passer le train, situation qui, par ailleurs ressemble fort aux démonstration du joyeux Einstein quand il tentait d’expliquer aux profanes sa conception de la relativité restreinte ?

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