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Faut-il avoir peur de parler ?

Fin de campagne

Parler moins mais plus juste ?

lundi 16 avril 2012, par Picospin

Entendez par là, ceux qui dominent dans les scores des sondages et qui de ce fait ont les plus grandes chances de figurer en bonne place dans les véritables résultats des élections qui s’approchent à grands pas à mesure que le printemps et l’été s’éloigneront pour laisser la place à l’arrivée de l’automne puis d’un hiver dont les parfums de froidure pointent leur nez bien trop à l’avance pour rassurer ceux qui sont déjà envahis par le prélude pessimiste des grandes vacances à venir alors qu’on n’avait cessé d’annoncer la sécheresse et le déséquilibre du climat au profit de l’arrivée de la chaleur.

Quels votes ?

Si cette dernière se fait attendre, le vote pour l’élection du Président de la République n’attend pas et arrivera bien à l’heure prévue quelle que soit la température qui accueillera cette procédure, sinon cette cérémonie que d’aucuns revêtent des parements du patriotisme, du civisme et du devoir à la mode kantienne. Mieux, ce devoir et surtout son accomplissement sont encouragés avec d’autant plus de persuasion et de pression qu’il permet aux candidats d’espérer leur élection avec tous les avantages attendus, espérés et attachés au rêve et fantasme de leur fonction. On invoque comme divinités, l’égalité sociale, la notion d’un devoir de solidarité au même titre que le sont la fixation de la ceinture de sécurité dans les véhicules et l’abstention de toute intoxication exogène pour protéger la santé publique, éviter de creuser le trou d’une sécurité sociale déjà bien trop large, créant une béance dangereuse dans le budget de l’état à l’heure où les prêteurs deviennent réticents à exercer toute opération de renflouement comme on le ferait d’un Titanic épargné par le choc des icebergs qui n’aurait jamais coulé.

Égalité sociale ?

L’idée d’égalité sociale pouvait poindre dans ce contexte dominé par une représentation organique de la société conçue comme un tout harmonisé par le volonté divine au nom d’un acte de solidarité de chacun envers tous le membres du corps collectif, que ce dernier ait pris, comme caméléon perdu dans les rochers des Iles Galapagos, la coloration du catholicisme social ou celle, moins sombre, du protestantisme engagé dans le progrès social.

Égalité politique

L’idée d’une égalité politique entre les hommes supposait que fût admis un principe d’équivalence entre les hommes, un processus d’abstraction de leurs qualités distinctives. Cette hypothèse n’a pas toujours emporté l’adhésion du plus grand nombre en raison de l’observation quotidienne faite par la plupart de différences majeures dans leurs talents, leurs compétences sinon leur vertu. L’histoire du suffrage universel est-elle parallèle à celle de l’émergence, de la radicalisation puis de l’individualisme qui ne s’accommoderait plus d’une organisation hiérarchique ou différenciée de la société. Le basculement qui conduisit à faire de l’individu la catégorie organisatrice de la société pourrait bien être lié à l’émergence d’une société fondée sur les échanges, d’une économie structurée par un marché, d’une radicalisation de l’humanisme moderne dans le sens d’un individualisme ne retenant pour valeur ultime que celle de l’indépendance personnelle.

Un nouveau citoyen

Peut-être, les perspectives qui s’ouvrent sur une citoyenneté européenne, même si leur montée en puissance a été retardée par les avatars rencontrés par le projet de constitution européenne auront-elles la force de briser les réticences pour faire avancer de nouveaux projets dans l’histoire du suffrage universel. Les actuels replis identitaires, les difficultés à faire accepter par le plus grand nombre l’introduction ou le partage entre langues dites étrangères, les railleries dont sont victimes les modes d’expression singuliers, étranges ou étrangers à une culture nationale en train de péricliter sous l’effet des impropriétés de termes, d’une langue prononcée entre les dents et les lèvres, de compréhension ardue ne plaident guère pour un renouveau des cultures en dépit de la présence aux Ministères de personnalités plus célèbres pour leur origine que pour leurs connaissances ou la logique de leur pensée.