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Fin de « l’éducation de prince » ?

jeudi 21 juin 2012, par Picospin

Cette situation risque de provoquer à la longue une déshérence de la part de la jeunesse qui aurait parfaitement raison de se sentir abandonnée par leurs parents, leur encadrement, en un mot par leurs ainés.

Le devoir minimum que ces générations doivent à leur descendance est bien la transmission du savoir. C’est grâce à ce dernier que depuis le début de l’humanité, l’apparition progressive sur notre planète de l’homo sapiens a pu progresser, conquérir un monde qu’il n’avait pas encore investi complètement mais qui, par étapes successives, inventions en séries, innovations techniques s’est finalement plié à sa volonté même si l’on peut considérer que cette soumission de la nature et de l’animal à la maitrise du maitre de l’univers avait atteint par moments un stade dictatorial. Est-ce ce dernier qui a facilité, autorisé ou conduit à l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales, réchauffé l’atmosphère, inondé des plaines, fait fondre et tomber des glaciers dans les eaux froides devenues trop chaudes à force de polluer l’air par le carbone échappé des voitures trop nombreuses, des avions sillonnant continuellement le ciel pour transporter sans raison pertinente des voyageurs à la curiosité surexcitée et animés de désirs d’exploration illimités ? La pente glissante d’une éducation en pleine déconfiture n’est pas de nature à rassurer les consciences accablées de culpabilité de tous ceux qui pensent que la transmission des faits, des évènements, de la connaissance demeure la clef de tout progrès de l’humain en particulier et de l’humanité en général. Laisser gagner la culture et notre civilisation par la substitution d’une vie ludique à l’acquisition des connaissances serait commettre une lourde faute dont notre responsabilité aurait à rendre compte tôt ou tard. C’est bien de responsabilité qu’il s’agit si l’on tient compte de l’état du monde laissé à la descendance et qui serait dans un état lamentable dont nous aurions du mal à justifier la cause si ce n’est celle de la négligence, du devoir non ou mal accompli et de la désertion devant la lourdeur ou la difficulté des tâches qui nous ont été léguées par nos ancêtres. Il est vrai que ces derniers ont été sonnés par les bouleversements culturels et scientifiques d’un monde qui va trop vite pour la lenteur relative de réflexion d’une grande partie de ses habitants. Sacrifier l’enfance sur l’autel de l’économie serait une attitude politique injustifiable et irresponsable ne serait-ce que pour respecter la consigne donnée à toute personne qui, ouvrant la porte des WC, y voit en recommandation l’inscription lui enjoignant de laisser les locaux aussi propres après l’usage qu’avant ce qui ne serait que la consigne minimale à respecter pour préserver la dignité de l’être humain, seul détenteur d’une éducation qui lui enjoint de se comporter en homme civilisé et descendant reconnu d’une éducation particulière, seule qualifiée pour autoriser la marche en avant vers le progrès et l’évolution de la vie vers la dignité, la justice sinon le bonheur. Face à la crise européenne des finances publiques, deux solutions se présentent pour " sauver " l’université : faire payer les étudiants et/ou... faire travailler plus les enseignants. Se dessine ainsi une nouvelle typologie des universités européennes. Au-delà de ces mesures d’urgence, c’est le modèle économique des universités qui est remis en cause. La plupart se tournent vers le monde économique pour trouver de l’argent, nouer des partenariats de recherche et de débouchés. Face à cette raréfaction de l’argent public et privé, les universités passent au système D. Certaines louent leurs locaux sous-employés, partagent des équipements onéreux - comme l’université de Valence avec ses deux calculateurs informatiques de pointe -, proposent de nouveaux services, telle la formation des chômeurs comme le gouvernement portugais l’a demandé aux établissements de son pays. Pour réaliser des économies, il est aussi envisagé de réduire le nombre de formations proposées, comme s’y sont astreintes les universités anglaises (qui ont supprimé un quart de leurs cursus) et, bien plus rentable encore, de tailler dans le temps de présence des professeurs, ramené à huit heures par semaine, à l’image de ce qui se fait aux Etats-Unis, où le cours à distance devient la norme. Voilà les recettes imposées aux Etats pour surmonter une « crise » qui est livrée aux peuples comme explication, prétexte, justification moins de ses maux que de ceux de leurs enfants.