Ethique Info

Accueil > Sport > Fin de partie (non de Beckett mais de Platini)

Qui doit commenter les rencontres de football ?

Fin de partie (non de Beckett mais de Platini)

Que dire sur les images ?

jeudi 26 juin 2008, par Picospin

Soutenue par une importante collectivité de ressortissants de ce pays, elle essayait de faire bonne figure devant la marée des représentants de leurs hôtes du moment, ceux qui en avaient accueilli un grand nombre pour y exercer leur profession, combler les vides laissés par une population qui avait depuis longtemps renoncé à s’acquitter de tâches les plus ingrates pour lesquelles les remplaçants étaient tout trouvés : les concitoyens des représentants sur le terrain de Bâle qui cherchaient par quels moyens ils pourraient se jouer de cette Manschaft en allant plus vite qu’elle, en dribblant deux fois au lieu d’une et en se livrant à des exercices fluides qui pouvaient mettre dans le vent les solides coéquipiers en blanc supervisés par Mme Angela Merkel, sympathique actrice et spectatrice de l’une des dernières représentations offertes au public de Suisse et d’Autriche.

Des spécialistes ?

Le trio des commentateurs était composé des deux officiants habituels de TF1 qui procédaient plus par onomatopées que par un commentaire en ligne. Se distinguait dans ce trio un entraîneur renommé pour son savoir, son élégance vestimentaire, ses commentaires spécialisés, hautement techniques puisque aussi bien cet homme qui a été atteint par le célébrité et le bien-être pour le salaire rondelet que lui octroie si largement le club londonien d’Arsenal. Et qu’a-t-on entendu au milieu des grondements d’orages qui se déversaient sur Vienne ? Non pas des prévisions, des supputations, des analyses qui pouvaient déboucher sur une analyse objective de la rencontre ? Mais des commentaires après coup, lorsque les phases de jeu étaient terminées et qu’une autre se présentait que le public affamé de remarques techniques attendait avec impatience. C’est ainsi qu’on entendit à un moment donné « Les Allemands sont incapables de construire, ils sont fatigués, épuisés à l’instar de leur capitaine Balak et ont perdu la maîtrise du jeu. C’est au moment où a été prononcé ce présage par la Pythie de service que les Allemands marquèrent en force un but splendide par un tir aussi puissant que précis par lequel ils purent mener au score. Cet exemple n’est pas le seul d’une série de contre-performances non de la part des équipes de football sur le terrain mais de la part des commentateurs dont la mission principale consiste à guider les spectateurs de télévision par les explications des règles du jeu, les choix techniques et tactiques des entraîneurs, tous domaines qui sont hors de portée du spectateur moyen coincé sur les gradins. Et l’autre personnage plein d’expérience en raison de son âge vénérable de surenchérir en expliquant selon une formule qu’il répète à l’envie « qu’il n’en a plus beaucoup dans les chaussettes ».

Un vrai professionnel

On ne saurait qu’admirer la beauté et l’élégance de ce langage de vrai professionnel rompu aux aléas de son métier de reporter sportif. Puis vient le coup de grâce sous la forme d’une information écrite par un des rédacteurs de la chaîne privée : « Nous nous excusons de l’interruption du match en raison de conditions météorologiques défavorables. Des orages tournent autour et au-dessus du stade de Vienne » qui avait été choisi comme nœud de communication pour diffuser dans le monde entier les images recueillies à partir des stades où se tenaient les rencontres du Championnat d’Europe. On avait tout simplement confondu le match et sa diffusion. Le reste de l’organisation et de la qualité des services est du même ordre. On diffuse en boucle des entretiens avec des joueurs qui ne savent pas parler parce que ce n’est ni leur métier, ni leur culture. Les arbitres sont critiqués pour leurs erreurs d’appréciation que d’aucuns voudraient améliorer en mettant à leur disposition des caméras pour vérifier le bien fondé de leurs décisions et leur permettre de mieux évaluer les distances. Des fautes professionnelles de la part du « staff » auraient été commises dans le clan français dont les médecins du sport auraient mal évalué les caractéristiques, l’emplacement et la gravité des lésions articulaires, tendineuses et musculaires qui avaient atteint certains joueurs, ce qui n’était pas sans conséquences sur la gestion des équipes, les remplacements d’équipiers et le « coaching ». Une raison sans doute de « professionnaliser » les professionnels ?

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’éthique est susceptible de nouer des relations étroites avec la pratique du football professionnel, sport le plus répandu sur la planète et qui de ce fait est susceptible de générer beaucoup d’argent, d’attirer des foules de spectateurs, des recettes importantes et des joueurs aux salaires élevés qui deviendront les vedettes de demain ?

2. Y a-t-il des matchs truqués dont les résultats risquent d’être faussés en raison de paris de fortes sommes d’argent sur certaines équipes ?

3. Est-il efficace de sanctionner le jeu dur, voire dangereux qui risque de blesser pour une longue période des sportifs qui perdront ainsi leur métier et leurs sources de revenus ?

4. Est-ce que "l’arbitrage assisté par vidéo" pourrait réduire la fréquence des décisions injustes prises par les arbitres en raison d’une mauvaise position sur le terrain ou d’un défaut de vision ?