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Messi ? Un miracle

Football, un sport collectif ?

Cohésion, intelligence homogénéité

vendredi 29 mai 2009, par Picospin

Les ingrédients étaient réunis pour offrir aux spectateurs du Nou Camp qu’ils en soient éloignés par les caméras de télé qui grossissent les effets ou les « vrais » spectateurs qui les minimisent, un spectacle de choix attendu en raison de la qualité reconnue des deux équipes en présence et des performances exceptionnelles qu’elles avaient réalisé au cours de la saison qui s’achevait par ce point d’orgue digne des plus belles symphonies de Beethoven ou de Schubert ou des plus géniales improvisations de la musique de jazz au piano, à la batterie ou à la trompette ? Pour réaliser une telle prouesse, il faut en effet la cohésion du LSO, lisez London Symphony Orchestra, la fluidité de Duke Ellington et l’homogénéité des formations manouche à la Django Reinhardt.

On l’a bien vu, lorsque au début de la partie, la grand Ronaldo, mesurant beaucoup plus de cm que ses adversaires de Barcelone, ne faisant confiance qu’à lui-même, s’employait à tirer dans tous les sens pour sortir son club, Manchester « Unitède » de son incapacité à organiser un jeu collectif qui aurait été la seule manière de compenser les prouesses harmonieuses de ses adversaires. Jouer en équipe n’est pas seulement quelque chose qui se dit du haut de la direction d’un entraîneur, fut-il anobli par sa Reine mais une façon de vivre le jeu, de le configurer sur le terrain, d’en répartir les rôles, les positions, les mouvements. Tout ceci, les joueurs du Barça savaient le faire parfaitement, même s’ils ne possèdent pas dans leurs rangs – à part l’unique Messi – des vedettes indiscutables. Pour jouer ainsi, il faut une âme ce ciment indicible, inexprimable qui soude les intentions, les articule avant leur réalisation, pour posséder les quelques secondes d’avance sur l’adversaire qui permettent les exploits, les prouesses techniques. Ne peut-on qualifier ainsi le but de la tête marqué par le plus petit des joueurs de Barcelone, le minuscule Messi qui est parti et arrivé avant les autres, les poids lourds de Manchester pour les devancer dans l’élévation du corps, la détente des articulations, la souplesse des ligaments. Contre une forteresse de ce type, je veux parler de l’organisation mobile du jeu dans les lignes arrières et a milieu du terrain, les catalans avaient une maîtrise telle qu’on ne voyait pas quand et où les adversaires anglais pourraient s’emparer de la balle – ce qu’en réalité ils n’ont été capables de réaliser qu’en d’exceptionnelles circonstances. Lorsque l’évolution d’un jeu collectif, quelle qu’en soit la nature parvient à des niveaux aussi élevés, il est toujours permis de se demander quelle est l’origine et quelles sont les causes d’une telle démonstration de qualité. Certains revendiquent l’absence de véritable vedette et l’homogénéité du groupe, d’autres, la cohésion parfaite entre entraîneur et joueurs, d’autres encore l’empreinte indélébile laissée depuis la naissance de cette équipe par un joueur d’exception, le Hollandais Cruyff. Je ne sais qui se hasardera à répondre à des questions aussi subtiles. En tout cas, la réponse tient en un seul mot : miraculeux comme un messie.