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Combien dépense la Présidence de la République

Frais pour la République

Fiabilité d’un rapport ?

mercredi 15 octobre 2008, par Picospin

Pour la première fois sous la Ve République, ce livre dévoile le véritable budget de la présidence, seule institution de notre République à dépenser sans contrainte ni contrôle l’argent public. Soucieux de revaloriser la fonction, René Dosière n’a pas hésité à briser le silence de plomb qui règne, depuis toujours, sur ce sujet.

Parlementaire d’investigation

Pendant cinq ans, il a pratiqué un « parlementarisme d’investigation " dont cet ouvrage expose les modalités et les résultats. Une enquête décapante par René Dosière, député de l’Aisne et vice-président de l’Assemblée nationale (préface par Guy Carcassonne) qui depuis des années, travaille sur le budget de l’Elysée. En pleine crise financière, c’est avec une certaine malice que René Dosière, député de l’Aisne et véritable spécialiste des comptes de la présidence de la République, a rendu public ses conclusions. Après une hausse de presque 8 % l’année passée, le budget de l’Elysée grimpe de plus de 11 % pour l’année en cours, soit près de 20 % depuis le début de la mandature du président Nicolas Sarkozy. Y-a-t-il de l’indécence dans ces chiffres. alors que les Français regardent à la dépense ? Loin de montrer l’exemple, notre premier magistrat augmente son train de vie et celui de sa cour écrit-on dans « Agora Vox ». Le député René Dosière, devenu exégète des comptes visibles de la Présidence de la République, dénonce dans son dernier rapport une hausse de 11,45 % du budget alloué au fonctionnement des services de cette dernière. Es-ce qu’il y a un certain degré de non-congruence du chef de l’État qui annonce des économies drastiques pour les comptes de la nation d’un côté, alors qu’en ce qui concerne les comptes de la présidence de la République on assiste à une nouvelle flambée, un véritable dérapage incontrôlé. Ainsi, les crédits affectés à l’Elysée pour l’année 2009 grimpent de 11,45 % pour être portés à 112,33 millions d’euros. Cette augmentation des « frais de la République constituent une progression six fois supérieure à celle du budget de l’Etat. L’examen de ces sommes sera présenté devant l’Assemblée nationale le 13 novembre 2008, ce qui promet quelques sifflets mérités ou malvenus de la part des rangs de l’opposition. Le rapport de M. Dosière, fort espiègle, s’intitule « Le budget de l’Elysée ne connaît pas la crise » et c’est Alain Bashung qui devrait se sentir flatté d’une telle reprise de la part d’un élu du peuple.

Explosion

Les charges de fonctionnement, en augmentation de plus de 25 %, explosent littéralement. Il faut croire que les frais de téléphone de notre président augmentent de façon logarithmique, que le matériel de bureau est complété par des pièces manquantes afin de faire face aux nombreuses tâches administratives, fortement soutenues par une ribambelle de conseillers tous plus dispendieux les uns que les autres. M. Guaino rédige à tout va et tout le monde travaille d’arrache-pied pour une France « qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit à autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus fort », comme le déclamait, entre les deux tours de la présidentielle, celui qui désormais préside au devenir de notre nation. Non content d’œuvrer sur le territoire national, ce monde aime à voyager, et en nombre, car pour lui il est plus représentatif du bel esprit français, comme une réminiscence de l’ancien régime qui entretenait une cour bien peu regardante à la dépense. Les frais de déplacement progressent de 33 %, augmentation due en partie à la hausse déraisonnable du prix du kérosène. La diplomatie élyséenne est active, qui se démène sans compter pour un monde meilleur, ce qui n’a pas de prix, d’où il ressort qu’on ne va pas chipoter sur un poste budgétaire primordial qui aura été multiplié par trois depuis la dernière année de présidence de Jacques Chirac. Ce sont les dépenses en rémunération du personnel qui grèvent le budget de la présidence, en raison des salaires versés aux 1 031 collaborateurs du président. Cela représente une dotation de 70 millions d’euros, soit l’équivalent des dépenses en personnel d’une ville de 100 à 150 000 habitants, selon notre député de l’Aisne, qui risque d’être accusé de mauvais esprit, même si c’est là un domaine qu’il connaît parfaitement. Est-ce que ces dépenses sont justifiées par le mouvement brownien du chef de l’état et de son équipe qui portent une attention particulière aux moindres détails de l’histoire contemporaine de la France ce qui incite notre Président à se dépenser sans compter pour l’Elysée, d’où le petit effort financier consenti pour assurer les meilleures chances de succès.

Dorures

Les dorures du palais correspondant aux traitements dorés sont sans commune mesure avec les parachutes cousus de fil d’or des capitaines d’industrie et de la finance. Agora Vox poursuit en accusant faussement notre « empêcheur de dépenser en rond » d’avoir l’outrecuidance de se poser la question du nombre réel des fonctionnaires qui sont mis à la disposition de la Présidence en raison d’un certain flou quantique qui persisterait en l’espèce. Et de se demander « d’où peuvent venir les 150 travailleurs clandestins s’échinant pour le compte de la présidence ? », question à laquelle aucune réponse claire n’a encore été faite. Mais de quoi se mêle-t-il cet élu du peuple ? Est-ce que le budget en question doit être constamment en état de transparence et n’y a-t-il pas une certaine partie qui peut être consacrée à des interventions ponctuelles susceptibles d’être classées « secret d’état » comme le sont encore certaines actions de justice ? Non content d’avoir révélé l’an passé le doublement des émoluments du premier magistrat de France (au nom de la transparence selon le bénéficiaire), le voilà qui persifle et signe en épinglant les comptes pas toujours transparents de l’instance la plus haute de la nation. Tout cela ne pourrait relever que de l’anecdote si la France ne comptait pas de personnes en situation de grande pauvreté, des précaires, de mal-logés et autres trimards du quotidien. Nous n’en ferions pas cas si toutefois la période actuelle pouvait se prêter à un franc optimisme béat d’extase devant une conjoncture qui serait souriante. Aucun commentaire désobligeant n’aurait été justifié si le projet de loi de finances pour l’année 2009 ne présentait pas un certain déficit et si la dette publique ne s’élevait pas à 1 250 milliards de la même monnaie, soit un pourcentage largement au-delà de 60 % du PIB national, ratio imposé par les règles de Maastricht. Tout cela ne serait pas indécent en des temps où la prospérité serait partagée par le plus grand nombre ce qui est loin d’être le cas. La transparence ne serait pas une valeur en hausse auprès des administrés si la gabegie de quelques spéculateurs n’avait plombé ainsi le portefeuille de ceux d’en bas. Les contribuables savent gré au député de l’Aisne du présent rapport que vous avez commis sans lequel on aurait pu parler de véritable loi du silence.