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France et Amérique : des problèmes identiques, des solutions différentes

jeudi 13 décembre 2007, par Picospin

Pour atteindre ce but, les autorités souhaitent consacrer une plus grande part du budget de l’état au financement nécessaire à l’enseignement supérieur. C’est naturellement à Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur, qu’est dévolue cette mission difficile dont les conséquences immédiates sont une sortie dans la rue aux conséquences toujours imprévisibles, tant ces manifestations comportent le risque permanent de troubler la paix civile ou de déclencher des réactions auxquelles répondent parfois par des arrêts de travail les mécontents de tous ordres qui ont des raisons ou des prétextes à manifester leur insatisfaction.

Déception

Le bilan actuel est plutôt décevant puisque sur les 280 000 étudiants qui entrent chaque année à l’université, 52 % échouent en fin de première année : 30% redoublent, 16 % sont réorientés et 6 % abandonnent leurs études. Pour lutter contre ce gâchis, le projet propose une refonte du contenu de la licence. La première année, baptisée "fondamentale", sera moins spécialisée. Outre la dominante disciplinaire, elle devra comporter des heures consacrées aux langues vivantes, à la méthodologie, à l’informatique. Durant cette première année, les étudiants bénéficieront du soutien d’un enseignant référent. La deuxième année, dite de "consolidation" constituera la véritable entrée dans la spécialisation disciplinaire. Elle sera aussi consacrée à la découverte du monde professionnel sous forme de séminaires, de forums, de tutorat d’entreprise. Au cours de cette année, un suivi du projet personnel devra être assuré. Ce n’est qu’en troisième année que l’étudiant se spécialisera. Un stage obligatoire en entreprise devra être validé lors du cursus.

Heures suppémentaires

La nouvelle architecture entraînera une hausse des heures de cours. Cinq heures supplémentaires en moyenne seront octroyées aux universités pour chaque année de licence. Actuellement, le nombre d’heures de cours hebdomadaires varie entre 15 heures en lettres et 30 heures en sciences. Ce nouveau schéma s’inspire du projet de réforme sur lequel travaillait l’université de Rennes-II, l’une de celles où est né le mouvement de contestation contre la loi sur l’autonomie. Ce renforcement pédagogique se fera sans création de postes d’enseignants. En revanche, les universités pourront recourir à des heures supplémentaires, défiscalisées, payées 40,06 euros. Pour chaque licence, une prime de l’ordre de 2 000 euros par an sera octroyée aux enseignants coordinateurs, chargés de concevoir le projet pédagogique. Les universités pourront aussi faire appel à de jeunes thésards occupant des postes de moniteurs ; 2 250 de ces emplois étaient déjà prévus dans le budget 2008. Enfin, des étudiants seront recrutés pour des tâches de tutorat. Autre volet du plan, un "contrat de réussite" sera signé entre l’étudiant et son professeur tuteur. Le document contiendra des engagements réciproques, en terme d’assiduité par exemple, ou de soutien en cas de difficultés. Un effort sera aussi fait pour améliorer l’orientation des étudiants.

Se réorienter

Enfin, des possibilités de réorientation seront ouvertes dès la fin du premier trimestre et en fin de première année. Le but est de développer des passerelles entre les filières post-bac, notamment avec les IUT et BTS. Ces filières courtes seront incitées, grâce à l’instauration d’un système de bonus financier, à s’ouvrir davantage aux bacheliers technologiques pour lesquels elles avaient été créées. Actuellement, les IUT recrutent 68 % de bacheliers généraux et seulement 32 % de bacheliers technologiques. Ces derniers rencontrent le taux d’échec le plus important à l’université. Les principaux acteurs réclamaient depuis longtemps une rénovation du premier cycle, talon d’Achille de l’université. En revanche, les organisations étudiantes et surtout les syndicats d’enseignants risquent de critiquer l’absence de crédits pour la création de postes. Pendant que le gouvernement français se débat dans de grandes difficultés pour réformer l’organisation d’un enseignement dont les résultats sont minces et les critiques acerbes, par la voie du New York Times, la situation aux Etats-Unis semble s’améliorer. L’enseignement attire des personnels plus qualifiés que ceux qui se portaient candidats il y a quelques années, si l’on en croit un rapport rédigé par un service spécialisé du Ministère de l’Education.

Quels niveaux d’enseignement ?

Le niveau des enseignants qui satisfont aux critères exigés pour obtenir la licence d’enseignement est supérieur à celui que l’on a recensé il y a une dizaine d’années. Cette augmentation du niveau des enseignants est encourageante même si les nouvelles plus décevantes soulignent le fait que contrairement aux recrutements des pays en tête dans la hiérarchie de la qualité des enseignants comme la Finlande et Singapour les Etats-Unis font appel à des enseignants issus du tiers inférieur de ce classement. Les chercheurs chargés de débroussailler ce problème se demandent maintenant s’il existe une relation positive entre le niveau des enseignants et la qualité des résultats obtenus par les élèves. Ce que l’on sait déjà c’est que les performances accomplies par les enseignants actuels en ce qui concerne leurs compétences pour des matières telles que l’Anglais, les sciences, la sociologie, les mathématiques et les matières artistiques sont nettement supérieures à celles relevées au cours des années 1990. En revanche les scores obtenus par les candidats à l’enseignement dans les classes élémentaires et en éducation physique étaient nettement inférieurs à ceux des élèves issus des collèges. Dans ce domaine aussi et surtout, les résultats des concurrents pour obtenir la licence d’enseignement se sont améliorés de plus de 25% par rapport aux années 1990. Ces simples mesures permettent de se faire facilement une idée de la qualité des enseignants et de son évolution. Elles permettent de confirmer les impressions recueillies individuellement dans les divers secteurs d’activité de l’enseignement.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la pensée contemporaine s’appuie sur le passage de la philosophie de la conscience à celle centrée sur le langage ?

2. Est-ce que ce dernier renvoie au consensus, à l’accord, à la communications transparente, au choix d’une ensemble d’individus dialoguant ou discutant ?

3. Est-ce que l’analyse des actes de parole et de communication constitue la voie royale de la philosophie éthique ?

4. Est-ce que la faculté de juger est différente de celle de penser ?

Dillon S. Report Finds Better Scores in New Crop of Teachers, The New York Times, 13.12.2007

Rollot C. Chaque année, 30 % des nouveaux étudiants redoublent, 16 % sont réorientés et 6 % abandonnent leurs études
Le gouvernement débloque 730 millions d’euros pour la réussite à l’université
LE MONDE | 13.12.07 | 10h38 • Mis à jour le 13.12.07 | 13h40