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Les têtes sont-elles bien faites ou (trop ?) pleines ?

Gavage des oies ou des hommes ?

Difficiles concours pour quels résultats ?

dimanche 30 décembre 2012, par Picospin

Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, on ne cesse de vanter le savoir faire français qui assurerait une fabrication de qualité exceptionnelle, en tout état de cause très supérieure à ce que peuvent offrir des origines plus modestes, ne serait-ce que les chinoises dont les produits sont actuellement placés dans le collimateur des critiques, des politiques et des connaisseurs en tous genres à l’affût de tout ce qui vient de ce pays.

Comme un TGV chinois...

Comme pour l’instant, son TGV n’a pas eu d’accident que l’on sache, on se pâme devant la technologie de ce pays, qui a eu recours aux habituels transferts de technologie propres à tout accord commercial qui inclut importations et fabrication sur place. Le gavage des oies n’a pas que des partisans même si tout le monde de la gastronomie vante le gout et la consistance du foie gras, largement et plus spécialement servi à l’occasion des fêtes de fin d’année, surtout la présente en raison du manque cruel d’huitres emportées par la maladie et don la rareté conditionne des prix jugés exorbitants à l’heure de l’austérité qui a envahi l’Europe. Gaver serait donc une opération qui rapporte gros si l’on prend cet exemple célèbre tiré de la gastronomie même si cette dernière s’industrialise et se répand dans les boites en vente dans les grandes surfaces et aussi les plus petites.

Gaver les cerveaux

Faut-il pourtant étendre cette technique à celle qui consiste à gaver les cerveaux de connaissances telles que cet organe, placé chez l’homme dans la partie supérieure de son corps lorsqu’il se tient debout, remplit la cavité crânienne de données de plus en plus nombreuses et diverses au sein desquelles aucune priorité n’a été assignée qui permettrait aux jeunes esprits soumis à ce remplissage forcé et « inhumain » de sélectionner ce qui est important et différencier l’utile, l’urgent de l’inutile, ou au moins du moins utile. Après le chant triomphal adressé aux oies d’un Capitole désormais immigré aux les Champs Elysées, on vient d’être informé par le Quotidien Le Monde qu’une étudiante nantaise avait failli manquer les fêtes « sacrées » et sacralisées en pays laïc en raison de la méconnaissance par une partie du corps médical des effets thrombogéniques de la fameuse pilule contraceptive qui en est actuellement à sa 4è génération. Le terme de proportion est actuellement à la mode et encore plus celui de disproportion.

Pilules

Or, il se trouve que cette jeune étudiante a cru devoir absorber cette pilule non comme on aurait pu s’y attendre à son âge pour une prévention tout à fait justifiée mais pour se débarrasser de quelques vilains boutons, malencontreusement placés sur une surface étendue de son visage. Le médecin spécialiste prescripteur avait sans doute oublié de la prévenir, - ou n’avait pas insisté avec suffisamment de vigueur - elle et ses parents que le produit indiqué sur l’ordonnance favorisait la coagulation du sang dans les vaisseaux et que cette activité entrainait des risques considérables de boucher des artères alimentant en sang des organes d’importance comme le cœur, le cerveau, les reins et j’en passe des meilleures. On ne sait si elle avait mentionné le risque supplémentaire d’une immobilité prolongée qui favorise la stase sanguine et par conséquent la formation de caillots dans les veines à l’origine de phlébites, caillots qui sont susceptible de migrer dans la « petite circulation » pour s’arrêter dans l’artère pulmonaire qu’ils bouchent ce qui provoque l’arrêt total de vascularisation du poumon. On appelle cet événement une embolie pulmonaire, un des plus difficiles à diagnostiquer cliniquement, dès lors qu’on ne dispose pas de l’appareillage indispensable à visualiser la vascularisation des poumons.

Est-ce bouché ?

Ce qui devait arriver arriva sous la forme d’une « thrombose », une appellation qui traduite, signifie arrêt de l’irrigation sanguine des poumons, éventualité gravissime appelée également « Cœur Pulmonaire Aigu ». De la même manière qu’on doit éviter la stase sanguine veineuse prolongée lorsque l’on est soigné par des médicaments à potentialité thrombogénique, il est recommandé de ne pas fumer, l’association « pilule tabac » aboutissant à des risques majeurs de survenue de phénomènes de coagulation et donc d’embolie. Cette jeune personne a été examinée par plusieurs médecins qui ont omis de faire le diagnostic exact. Cette situation pose le problème de l’apprentissage et de ses méthodes aussi bien dans le cadre de la médecine que dans tous les secteurs ou les connaissances et leur classement par ordre d’importance et d’urgence est capital.

Les concours pour quoi faire ?

Ceci dans une atmosphère de concours qui tue littéralement les étudiants du fait du nombre délirant de connaissances dont ils sont « gavés » et de l’ambiance de compétition qui a envahi l’espace scolaire et universitaire sans parler de celui propre aux « Grandes Ecoles ». Cette affaire pointe la nécessité de revoir les conditions d’enseignement aux jeunes apprentis quelle que soit leur spécialité. Ils sont condamnés à ingurgiter des quantités astronomiques de données du fait de la richesse des domaines dans lesquels ils évoluent. C’est aux enseignants à indiquer les priorités, à les classer plus qu’à classer des étudiants pour une virgule oubliée. Il est vrai que le cannibalisme reste pour l’instant, en attendant la grande famine, relativement rare et qu’on ne se précipite pas encore sur les cerveaux bien ou mal remplis de nos jeunes étudiants.

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