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Gendarmes du monde

mardi 12 avril 2011, par Picospin

Cette accusation est en train de s’effacer devant la nouvelle politique inaugurée et suivie à la lettre et à l’esprit par le nouveau Président des Etats-Unis, Barak Obama.

Modestie d’un Président

Il fait savoir avec modestie et humilité qu’il renonce à être présent sur tous les terrains de la planète pour y faire régner la paix, la justice et la démocratie. Il préfère confier cette mission aux états qui en ont particulièrement envie et qui croient avoir les moyens d’accomplir leurs missions, de les réaliser jusqu’au bout et d’apporter le bonheur aux peuples sous le joug. Les exemples fournis par la Libye et la Côte d’Ivoire sont là pour illustrer cet engagement politique d’un Président investi de la responsabilité de compter son Trésor, de l’utiliser à bon escient et de ne pas dilapider l’argent public. On ne sait si ces exemples s’appliqueront à tous les pays où opèrent actuellement des forces armées qui coutent cher, répandent le sang des citoyens et s’appauvrissent au lieu d’équilibrer leur budget pour nourrir les enfants de la nation, moins en aliments sains pour prévenir l’obésité que leur esprit qui doit être prêt à réfléchir sur les problèmes qui les concernent spécialement, ne serait-ce que celui du droit à l’avortement de plus en plus bafoué devant le manque de médecins pour le planning familial, leur réticence à accomplir des actes « contre nature et conscience » d’autant plus que le culpabilité à l’issue de ces interventions ne fait plaisir à personne.

Puissance et richesse des organisations

La situation est devenue plus critique devant la levée de boucliers organisée par des organisations puissantes et riches, en particulier aux États-Unis où le communautarisme permet d’édifier des cités entières consacrées à la mise en pratique d’une propagande destinée à stigmatiser l’interruption volontaire de grossesse en exhibant devant des enfants sensibles et sensibilisés à ce problème et à la vision des dégâts causés par cette intervention, des scènes et des images insoutenables, sinon dangereuses pour leur équilibre psychique. Depuis la libéralisation de l’avortement, cette problématique est volontairement faussée par les dérives dans les questions posées auxquelles il est intimé de répondre par oui ou par non, ce qui est au moins une maladresse et au pire une tricherie. Le point n’est pas de savoir si on est pour ou contre cet acte mais de déterminer si l’acte étant décidé en toute conscience et avec l’assentiment des intéressés, il doit être accompli dans les meilleures conditions d’hygiène et les dernières techniques offertes par la médecine.

Débat obscurantiste

Au lieu des réponses recueillies à cette question simple et capable d’éclaircir un débat obscur sinon obscurantiste, on s’embarque sur les chemins tracés par les dogmatismes, les idées toutes faites et les attaques contre l’équilibre d’une conscience déjà fortement entamée dès le début de la sexualité par la culpabilisation, la honte d’un acte fautif contre nature et le péché contre un Dieu de punition plus que d’amour, d’empathie et de pardon. Cette assertion est si bien fondée qu’à l’issue de la projection d’un film sur l’avortement, il a fallu convoquer en urgence une cellule de crise pour rétablir l’équilibre chez de jeunes spectateurs qui n’avaient pu supporter les spectacles de fœtus démantelés, de jeunes mères déstabilisées et de centres de planning familial débordés, vides de soignants. Après cette parenthèse si généreusement ouverte et pas encore fermée, on peut se demander si la délégation par Obama du règlement des conflits douloureux et sanglants dans le monde constitue une bonne affaire pour l’Amérique qui avait jusqu’ici reçu l’opprobre du monde occidental pour son ingérence dans les affaires intérieures des pays en difficulté.

Plein de candidats et moins de reçus

Cette fois, il y eut pour cette action d’hygiène et de prévention publique plus de candidats que de reçus sur les tables des institutions mondiales de protection des citoyens et des nations. On vient de voir les candidatures trop bien accueillies de la France et du Royaume Uni pour remettre de l’ordre en Libye en la bombardant – on veut espérer par l’utilisation intempestive du « principe de précaution » - en honneur dans les démocraties bien intentionnées. On ne sait encore si cette délégation de pouvoir et d’armement est un succès ou un échec en pertes humaines, dégâts matériels et collatéraux comme il est de coutume de mesurer les bilans des nouvelles opérations humanitaires ou à défaut militaires. Après avoir ramené Gbobgo dans sa chambre d’hôtel, peut-on espérer de pouvoir reconduire sous l’escorte de ces girls et chameaux le beau Kadhafi dans sa tente que cette fois, il se gardera de monter dans la cour de l’Élysée pour ne pas irriter un Président français, autrefois envouté et cette fois déçu par un roi mage qui avait perdu en route les présents ou les promesses de cadeaux apportés en grande pompe à l’enfant roi. Entre temps, ce dernier avait perdu toute sa majesté en puissance, dérobée à l’improviste par un militant venu d’ailleurs et qui avait du renoncer au dernier moment à partager ses jouets avec lui.

Questionnement éthique :

1. La situation présentée par Spinoza est-elle applicable aux diverses contingences politiques observées récemment dans le domaine des conflits militaires et révolutionnaires ? "Rien de ce que le faux a de positif n’est ôté par la présence du vrai. Cela vaut aussi pour les affects : en conséquence, seul un affect peut contrebalancer un affect. Les affects nés de la raison sont moindres que les affects passionnels, parce que sa fin se présente dans un avenir contingent".

2. Dans quelle mesure ce texte tiré du Léviathan de Hobbes s’applique-t-il à la situation actuelle de certains états ? "Dans la situation d’une personne qui ne peut compter que sur elle-même pour se protéger, que peut-on proposer alors que règne une peur permanente, un danger de mort violente et que la vie humaine est solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève ?

3. La réponse proposée serait d’affirmer que le fondement de la science politique c’est la préservation de la vie et que la société dépend de la sécurité des personnes et que la valeur d’un état se juge sur sa capacité à protéger les individus qui la composent et à agir dans leur intérêt.

4. Dans ces conditions, les individus ont-ils intérêt à se regrouper en communautés pour se protéger mutuellement et établir des règles pour préserver l’ordre ?