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Grand froids, sans abris et hébergement

lundi 17 décembre 2007, par Picospin

Christine Boutin a condamné l’initiative des Don Quichotte, estimant que l’Etat n’avait pas failli à ses engagements. Ce qui n’a pas empêché plusieurs associations d’apporter leur soutien à l’organisation d’Augustin Legrand. Le "bilan de la mise en œuvre du plan d’action renforcé en faveur des sans-abri témoigne d’un décalage important entre les promesses et les réalisations.

Quel plan ?

Ce plan est fondé sur deux grands axes difficilement dissociables. D’un côté, les centres d’hébergement ne doivent plus remettre les SDF à la rue le matin. D’un autre côté, ils doivent proposer un "accompagnement vers une solution durable et librement choisie" de logement adapté à leurs besoins. Si les 9 500 places "d’hébergement stabilisé" promises ont bien été créées, le deuxième volet du plan, qui permet aux sans-abri de sortir de l’hébergement en trouvant un logement adapté à leur situation, est resté lettre morte. Un an après l’installation de tentes le long du canal Saint-Martin, à Paris, l’association des Enfants de Don Quichotte, qui accuse le gouvernement de ne pas tenir ses promesses en matière d’hébergement de SDF, a tenté samedi d’installer un nouveau campement de 250 tentes sur les bords de Seine, avant d’en être délogée par les forces de l’ordre."Attitude lamentable et irresponsable", déclarent dimanche dans un communiqué les Enfants de Don Quichotte, engagés dans une nouvelle passe d’armes avec la ministre du Logement."Force est de constater que tous les jours, des personnes restent sans hébergement parce qu’il n’y a plus de place ou parce que les places qu’on leur propose sont indignes.

Campements

Notre projet est d’installer un campement ’refuge’, auquel des associations auraient pu apporter leur soutien logistique et humain", écrit l’association. Pour les "Don Quichotte", les engagements pris par le gouvernement dans le cadre du "Plan d’action renforcé" en faveur des sans-abri ne sont qu’à moitié respectés. "Alors que 27.100 places devaient être créées ou transformées en 2007, moins de 14.000 le seront" réellement affirment-ils. De son côté, la Ministre du Logement affirme que les promesses ont été tenues et que toute personne qui a demandé un logement a été effectivement hébergée. Et d’ajouter que ce qui manque, c’est le logement mais que leur construction demande un petit peu de temps. Placés devant ce fait qui a tendance à se répéter annuellement, comment doit-on considérer l’optimisme d’un Bentham qui, dans la perspective et la logique des idées de Francis Bacon pensait que la tâche de soulager la condition de l’homme avait à peine commencé et qu’elle était le grand espoir de l’avenir. Le corollaire de cet optimisme se situe dans l’espoir et la confiance dans l’amélioration de la société. Il avait la conviction qu’une meilleure nourriture, de meilleures conditions sanitaires, une meilleure éducation et une plus grande égalité des chances étaient les conditions simples qui constituaient les nécessités pour réaliser le bonheur de l’homme.

Biens matériels

Dans son optimisme béat, il était convaincu qu’il était dans les pouvoirs du génie humain de parfaire les arrangements de la société au sein de laquelle ces biens désirés seraient de plus en plus faciles à se procurer. Pour lui, l’opinion sur le bonheur et l’optimisme pour y parvenir doit permettre de réaliser le premier en se servant du second grâce à une politique édifiée scientifiquement. Optimiste, il l’est assurément, béat il l’est beaucoup moins puisque aussitôt après cette première affirmation, il se réfugie dans une seconde par laquelle il nie la possibilité de faire en sorte que quelqu’un soit bien ou heureux. Dans cette course à l’idéal du bien être il se fixe les limites qui sont les simples améliorations des conditions matérielles dont l’absence est susceptible de diminuer le sentiments de bien-être. Avant de se heurter à une autre limite, plus rude, plus sévère aussi, il veut bien tracer la frontière au bien objectif et aux droite naturels en se référant à la Déclaration d’Indépendance Américaine et à la Déclaration Française des Droits de l’Homme et du Citoyen. Dans cette perspective, le risque existe que certaines idées de bonheur puissent aboutir à des tensions. Mais ceci est une autre histoire qu’il convient de traiter dans un autre chapitre.


Sources :
Le Monde, Libération : 17.12.2007