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Des enfants encore dans la rue ?

Grèves et éducation

Quelles priorités budgétaires ?

jeudi 15 mai 2008, par Picospin

Est-il si facile d’allumer de ci de là des feux de joie ou de peine, sous le vague prétexte qu’il vaut mieux se donner du bon temps ici et maintenant que d’attendre le moment où il sera trop tard ? Chienlit avait-on dit en son temps pour qualifier cette démonstration aux allures libertaires.

Feux de joie

Est-il si facile d’allumer de ci de là des feux de joie ou de peine, sous le vague prétexte qu’il vaut mieux se donner du bon temps ici et maintenant que d’attendre le moment où il sera trop tard ? Chienlit avait-on dit en son temps pour qualifier cette démonstration aux allures libertaires. Pendant que les responsables de l’éducation de ce pays se jettent à la figure réciproquement les causes, les motifs, la moralité, des participants à ce vaste ballet mal chorégraphié qui s’appelle enseignement, une vérité peut difficilement être niée. C’est celle de la répartition du budget de la nation. Que dit-elle ? Qu’il y a des priorités, des problèmes dramatiques et urgents à résoudre, des plaies à panser, des misères à soulager, des malades à soigner, des vieillards à secourir dans leur solitude.

Urgences

Comment classer ces urgences, ces points d’impact tous aussi difficiles à affecter d’un quotient significatif ? Ce que jeunes élèves, vieux enseignants, parents angoissés ont lu dans les propositions financières du pouvoir, ce sont les choix faits par les responsables de la nation. Or cette nation, c’est l’ensemble des enfants, des adolescents, des adultes qui la composent. Parmi eux, ceux qui viennent d’arriver sur notre globe bien mal en point, où l’air est difficile à respirer, le riz pénible à récolter, les champs dangereux à cultiver, il y a les nouvelles bouches à nourrir pas seulement à partir des produits d’une terre devenue plus ingrate mais les cerveaux à former pour qu’ils puissent inventer, améliorer, perfectionner, prendre plaisir à faire tous les jours une gymnastique de l’esprit en même temps que celle du corps.

Enseignants ?

Qui est chargé de cette mission d’apprentissage sinon les enseignants, trop souvent considérés comme les privilégiés d’un système qui leur permet de passer des vacances longues ou trop longues, de bénéficier d’un emploi sans risque. Ce qu’on oublie de dire, c’est que l’éducation de la jeunesse n’est pas seulement affaire de relation entre maître et élève. C’est aussi et par-dessus tout un symbole, le symbole de la volonté d’un peuple de donner à son avenir, à la vie qui vient, le maximum de chances pour l’épanouissement de ses enfants. Les potentialités de la jeunesse sont illimitées, le budget de la nation l’est. Comment articuler ces deux pôles et de quelle manière résoudre l’équation de l’infinie possibilité des jeunes cerveaux et de celle, déjà largement entamée de ceux pour lesquels les investissements peuvent être limités parce que leurs capacités le sont déjà et que leur vie, même prolongée, tend plus vers son achèvement que vers son inauguration ?