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Abattage des animaux

Hallal et casher

Quels problèmes éthiques ?

mardi 13 mars 2012, par Picospin

Ce n’est que dans un deuxième temps qu’est intervenue la question de l’abattage rituel tel qu’il est conçu par les religions qui ont établi à son encontre des règles de conduite dont la signification n’est pas nécessairement d’ordre éthique ou hygiénique. La tradition peut y jouer un rôle déterminant. Il semble acquis pour certains esprits dont la superficialité n’a d’égale que l’outrecuidance que les méthodes d’abattage des animaux pour la boucherie relèvent exclusivement d’anciennes et archaïques croyances en une protection indispensable à l’homme.

Un fait de société et de croyance religieuse

Cette croyance est largement réfutée par d’autres qui voient dans les particularités des abattages un moyen de se désolidariser des pratiques de la majorité. C’est une manière de caractériser une minorité impatiente d’adopter un rituel différent de celui de la majorité qui l’entoure, cherche à la dominer et imposer sa loi. Ces manifestations se déploient dans la société par le biais de la religion, souvent considérée comme une action sociale servant de communication symbolique, régulière par rites et croyances. Une religion se manifeste par un culte, dispositif rituel et symbolique qui rassemble, diversement mais régulièrement, des acteurs qui de leurs côtés, entretiennent des rapports multiformes à ce dispositif. Une définition sociologique de la religion doit appréhender la transcendance ou la révélation à partir de la pratique sociale qui la manifeste. Dans cette acception, la religion, vue sous l’angle de son expression sociologique, revient à un principe d’efficacité sociale avec les effets sociaux d’une domination charismatique qui se transmet. Dès lors, les analystes des pratiques religieuses proposent comme définition une « communication symbolique régulière par rites et croyances se rapportant à un charisme fondateur générant une filiation ». Un système religieux produit du lien social en suscitant des institutions et communautés et en définissant un univers mental à travers duquel individus et collectivités expriment et vivent une conception de l’homme et d u monde dans une société donnée. Peut-on, sur des bases médicales, affirmer que « grâce à la libération importante d’opiacés endogènes – bêta-endorphine et métenképhaline –, la douleur et le plaisir s’équilibrent » chez le taureau au combat et que donc le taureau ne souffre pas.

Souffrance ?

Le degré de souffrance exact du taureau est un point aujourd’hui controversé, depuis des travaux vétérinaires selon lesquelles le taureau, grâce à son « bouclier hormonal », n’éprouverait que très peu de douleur, puisque son organisme est capable de produire dix fois plus de bêta-endorphines que l’homme. C’est pendant son transport et à la sortie du toril que le taureau est le plus stressé. « Cinq minutes après », le stress et la douleur sont ramenés à leur plus bas niveau. Une vache qu’on sort simplement de son étable serait davantage agressée qu’un toro bravo pendant son combat. L’organisme du taureau libère pendant le combat un flot de bêta-endorphines, qui annihile le stress et bloque les mécanismes de la douleur en quelques millièmes de secondes. Un autre « rapport technique vétérinaire » sur la question, aboutit à une conviction inverse. Outre le fait qu’il est difficile de comparer la réponse hormonale du taureau à celle de l’homme faute de disposer d’une population humaine ayant subi les mêmes agressions physiques que les taureaux, on peut souligner que les taureaux ayant été amenés jusqu’à l’arène sans avoir à combattre présentent des taux d’ACTH et de cortisol très supérieurs à ceux des taureaux ayant combattu (ACTH et cortisol étant les hormones impliquées dans la réponse de tout organisme au stress). Il voit dans cette constatation, contraire à la logique, les effets des lésions nerveuses causées par les piques et les banderilles, qui privent le taureau d’une réponse hormonale normale, exactement de la même façon que le taux de cortisol de personnes accidentées ayant subi d’importantes lésions de la moelle épinière est extrêmement faible, voire nul, malgré leur stress effectif considérable, simplement parce que leur capacité de réponse hormonale a été détruite par les lésions.

Les endorphines masquent-elles la douleur ?

Le taux de bêta-endorphines très élevé du taureau traduit le niveau élevé des agressions physiques et psychologiques qu’il a subies, et non le fait qu’il ne souffre pas. Certains scientifiques ont qualifié d’« absurde » l’idée selon laquelle la libération d’endorphines signifierait que le taureau ne souffre pas, alors que les études montrent au contraire que la production d’endorphines est l’indicateur de la souffrance endurée. La capacité animale de forger une image de soi, de rêver ou mémoriser, éprouver des sentiments est variable selon les espèces ce qui n’empêche guère de les observer chez des animaux placés au sommet de la hiérarchie des espèces comme l’est le chimpanzé ? La conscience est visible chez l’homme par le biais de son langage qui manque aux animaux. Cette observation ne signifie nullement qu’on ne puisse accéder à la mise en évidence de la conscience sans le secours du langage. Cette situation présente chez l’animal est équivalente à celle des humains qui ont eu la malchance de naitre sourds ou muets, sinon les deux.

Émotions et conscience chez l’animal

Cette condition n’autorise guère l’observateur à affirmer que cette population ne possède ni conscience, ni mémoire, ni sentiments, ni émotions. L’addition du langage au fonctionnement et aux capacités du cerveau chez l’homme est davantage une révolution qu’une simple évolution de ses fonctions. C’est à ce titre que l’on ne saurait nier l’existence de capacités cognitives et émotionnelles chez l’animal. Ces dernières jouent un rôle d’autant plus important chez l’animal qu’elles sont intimement connectées avec les émotions dont l’expression finale est celle de leur traduction des manifestations du comportement.