Ethique Info

Accueil > Culture > Heurs et malheurs de la langue française

Difficiles problèmes...

Heurs et malheurs de la langue française

Enseignement, éducation, abandon ou décrépitude ?

lundi 16 novembre 2009, par Picospin

On croyait que cette caractéristique était essentielle sinon indispensable à l’acquisition de la nationalité ou de l’identité française, ou au moins à l’autorisation de pénétrer sur le territoire français de la République pour y recevoir l’éducation nationale, si chère au cœur du Président de la République et de ses successifs Ministres de l’éducation Nationale, même si certains d’entre eux ne sont pas issus du sérail et semblaient plus occupés par le management commercial que par l’enseignement de la littérature de Voltaire, de Rabelais ou encore plus loin celle de François Villon.

Où et qui sont les aveugles ?

L’équipe chargée d’inscrire au bas des images télévisuelles les commentaires dits par les journalistes ou experts auxquels ont été confiées les missions de les présenter aux spectateurs, s’expriment dans un langage phonétique qui assure sans doute une lecture et une compréhension rapide et simple mais qui ressortit à une langue dont la distance avec celle du Français apparaît de plus en plus éloignée et confuse. Est-ce à l’aune de cette traduction de la langue parlée en langue écrite que l’on peut évaluer la qualité de l’enseignement dans ce pays ? Le mot « vernaculaire » vient du latin vernaculaire qui désignait tout ce qui était dressé (esclaves compris), élevé, tissé, cultivé, confectionné à la maison, par opposition à ce que l’on se procurait par l’échange. Son sens s’est rapproché de celui des mots « autochtone » ou « indigène ». On trouve une dichotomie dans les échanges économiques et commerciaux d’aujourd’hui, où l’anglais sert de langue véhiculaire face à la multitude des langues vernaculaires.

Vernaculaire ou véhiculaire ?

Peut-être certains n’aiment-ils guère faire appel à ce terme en raison de l’hostilité rencontrée dans certains milieux politico-culturels contre la notion de communauté, conduisant directement à "communautarisme", honni en raison de son caractère « séparatiste » d’avec la République une et indivisible, que ne freine de façon efficace que la notion d’assimilation autour des lois de la République, seules capables, dit-on de rassembler les éléments épars qui se réunissent dans le pays où obligatoirement les échanges doivent se faire dans la langue véhiculaire qui, en tout état de cause doit rester le français, quitte à l’abandonner pour construire une tour de Babel à l’heure où se dessinent les grands projets de restructuration architecturale et sociologique des grands ensembles, en particulier de ceux des banlieues jadis bâties à la hâte autour des immenses métropoles.

Un chaos "linguistique"

Que peuvent penser les immigrants devant le chaos linguistique formulé et rédigé autour des commentaires prononcés par des citoyens appartenant apparemment à la francophonie, souvent issus d’une école nationale du journalisme et qui livrent aux téléspectateurs un langage incompréhensible, dénué de sens à force de structures incorrectes et aberrantes ou absurdes à un point tel que toute communication devient impossible, est radicalement coupée comme aux ciseaux et rend les pauvres immigrés dépourvus de langue, partant d’entendement, de lisibilité, d’intelligibilité, d’accord ou de compatibilité. Comme remarqué dans l’édition d’hier, dimanche 15 novembre, il n’est pas extravagant de soumettre l’hypothèse que l’initiative de l’enseignement intensif de la langue française pour atteindre à la perfection ne provienne plus ou moins directement de la Présidence de l’État pour la bonne raison que, venant de régions situées au-delà des Marches de l’Est et sans doute confronté très tôt aux sonorités d’une langue étrange par sa construction et sa prononciation de même que par son isolement au milieu d’autres ethnies, la personne actuellement en charge de la République française ait été particulièrement sensibilisée à l’application rigoureuse des langues qui définissent une structure mentale, psychologique, anthropologique et culturelle.

Bartok et Debussy

N’est-ce pas Béla Bartok, génial compositeur d’une musique du renouveau qui fait fureur dans le monde d’élite de la musique contemporaine et dont une salle à Budapest rappelle l’inventivité, les créations et la gloire acquise même de son vivant. En France, nous avons Ravel et Debussy qui imaginent dans la même direction que leurs collègues contemporains, Bartok et Kodaly. Ces quatre là avaient la chance de parler la même langue, celle de la musique qui traverse si facilement les frontières géopolitiques. On ne saurait en dire autant des "identitaires" nationaux de nos divers pays, empêtrés dans les divisions, les querelles, les idéologies et les fantasmes. Qu’ils prennent vite exemple sur les créateurs de la musique universelle qui chante à toutes les oreilles.