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Histoires américaines : une longue aventure s’achève

Qui va réellement gagner ?

vendredi 6 juin 2008, par Picospin

Le sénateur John McCain voudrait redonner vie aux vieux films de Mickey Rooney et de Judy Garland au sujet d’un couple d’enfants qui avaient l’intention de monter un spectacle dans une étable. Lui et Barack pourraient ainsi parcourir le pays dans le même avion. Plein d’enthousiasme, il a déclaré que la perspective l’emballait d’imaginer deux Américains en compétition pour le poste le plus élevé de la plus grande nation sur terre. C’est dans cette intention qu’il a envoyé une lettre à son adversaire politique pour organiser une réunion chaque semaine dès maintenant et jusqu’à la fin du mois d’aout.

Un beau calendrier d’été

C’est ce qu’il a annoncé officiellement en Louisiane. Le côté positif de cette proposition est l’occasion de remplir le calendrier de l’été. Si vous pensez que les primaires que nous venons de vivre ont duré trop longtemps, demandez-vous comment vous voudriez passer les trois mois prévus pour imaginer quels candidats pourraient être pressentis pour la vice présidence des Etats-Unis. Comme notre candidat à la présidence a exprimé le souhait de voir s’élever le niveau des discours, le problème fondamental est qu’il supplie tout le monde de l’aider à résoudre le problème qu’il a rencontré au cours de sa campagne : c’est que la seule chose dans laquelle le candidat se trouve à l’aise c’est d’organiser des réunions de mairie. Pour cette raison, les Républicains ont tenté d’insérer un discours de McCain dans la réunion finale des Démocrates à l’issue de la dernière nuit qui a mis un point final à leur campagne des Primaires. Les Républicains ont espéré que cette manoeuvre aurait permis de capturer un éclair au moment ou Obama avait décroché sa nomination. L’effet réel de cette idée était d’offrir à l’auditoire une occasion de comparer les capacités du plus grand orateur que possède l’Amérique moderne à celles d’un gars qui en réalité n’a jamais appris à lire un téléprompteur. Comme j’ai plusieurs années d’avance sur mon adversaire, je suis surpris de constater que ce jeune homme a adopté un si grand nombre d’idées fausses.

Des sourires ?

McCain tient à la disposition de son public un nombre restreint de versions de son sourire. Il ne nous fait aucune confiance pour prendre les décisions pour nous-mêmes et préfèrerait que ce soit le gouvernement qui le fasse pour nous. Et il n’y a aucune chance que cette position change. Ses réflexes sont de type pavlovien comme si à chaque fin de phrase il recevait un choc électrique quand il a omis de montrer la beauté de ses dents. Au cours des derniers jours de la campagne électorale les Démocrates étaient obsédés par le fait qu’ils étaient toujours en train de se battre pendant que leurs rivaux pouvaient se laisser aller sans peine. Qu’a fait pendant ce temps M. McCain ? A quelle activité a-t-il passé son temps ? Tout simplement à faire oublier le rôle joué par ses lobbyistes les plus compromis et les plus visibles impliqués dans sa campagne. Cette activité était moins efficace pour rappeler aux gens ses engagements pour former un bon gouvernement que pour poser la question de déterminer comment il s’y est pris pour leur faire occuper la prmière place. Un de ceux qui se sont fait jeter devait être le gars chargé de la coordination des couleurs car ces derniers jours notre candidat a montré un visage qui avait plutôt l’apparence d’un parchemin jaunâtre.

Un mauvais manager ?

Le fait qu’il apparaisse comme un épouvantable manager, que sa politique économique continue d’être limitée à la suppression des aides gouvernementales pour la construction de ponts qui ne servent à rien et qu’il ne connaisse qu’une seule façon de parler au public ne signifie nullement qu’il soit incapable de gagner les élections de novembre. La capacité des Démocrates à cafouiller quand il s’agit de choses sérieuses est sans limite. Ce qui ne signifie pas qu’il faille paniquer pour ouvrir un boulevard à la candidature d’Obama. Les Primaires ont pris beaucoup de temps mais finalement elles se sont bien passées. Obama a subi de fortes pressions pour se débarrasser de son pasteur 6 mois avant le début des élections. Il considère qu’il est maintenant un bien meilleur candidat depuis qu’il a eu l’honneur d’être en compétition avec Hillary Clinton. Celle-ci a manifestement l’intention d’abandonner mais elle ne veut le faire que sur sa propre initiative. Il n’est pas étonnant qu’elle ait eu des difficultés à accepter la réalité, c’est-à-dire qu’elle avait bel et bien perdu la course au titre. Chaque fois qu’elle essayait de se faire à l’idée qu’elle avait perdu, elle gagnait une autre élection primaire. Tout ceci n’est la faute de personne. Obama a fait exactement ce qu’il fallait pour gagner et tant mieux pour lui. Quant à nous, nous avons traversé toutes les phases de cette compétition depuis celle des débats sans fin, jusqu’à celle des primaires. Qu’on nous laisse un peu de répit pour respirer avant de nous ruer sur le point final de cette aventure.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les fonds nécessaires à une campagne électorale doivent provenir de capitaux privés ?

2. Sinon, qui doit couvrir les frais imputables à une campagne électorale surtout depuis l’apparition des cosmétiques et des soins de beauté qui font partie intégrante de l’arsenal nécessaire à la présentation d’une figure acceptable et embellie des candidats ?

3. Est-ce que c’est l’état, c’est à dire nous-mêmes qui doit couvrir ces frais ?

4. Est-ce que les résultats des élections sont liées étroitement à l’ampleur de leur financement ?

The New York Times : June 5, 2008
Op-Ed Columnist
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By GAIL COLLINS