Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Histoires de spéléologie, de moissons, de vin et d’ascenseur

Histoires de spéléologie, de moissons, de vin et d’ascenseur

mercredi 13 octobre 2010, par Picospin

On doit les explorer à l’aide de la lumière aussi intense que possible pour pouvoir en apprécier les reliefs, les recoins, les cachettes et les niches qui, de nos jours ne sont pas toutes fiscales.

Dans ces conditions, que signifie l’exploration de tels lieux par un individu isolé qui ne prend même pas la peine d’avertir son réseau de surface des itinéraires qu’il se propose de suivre pour rapporter du fond de la terre les visions partielles d’une monde étrange qui ne cesse d’exciter l’imagination. Rempli de visions imaginaires, un jeune explorateur de l’inconnu s’en est allé un jour pour descendre aussi bas que possible dans les entrailles de la terre où il espérait découvrir un monde nouveau pour lui mais déjà ancien pour tous ceux qui avaient l’habitude de fréquenter ces lieux interdits en raison du danger qu’ils représentaient pour les promeneurs de l’invisible à moins d’être équipé de torches puissantes capables de sortir des ténèbres les parois, reliefs, anfractuosités équipant les chambres les plus décoratives, celles qui n’avaient besoin ni d’architectes, ni de décorateurs ni de peintres pour rendre l’habitat plus confortable et plus évocateur d’un passé inscrit sur les murs. D’un côté, les aspirants à la découverte de ce qui se trouvait et se révèlerait sous la croute terrestre n’avaient sans doute pas tort de se réfugier dans ce lieu difficile d’accès et mieux protégé des menaces de ce qui se tramai au-dessus de leur tête. Il y avait là-haut, Zeus amant dangereux pour les jeunes mortelles et dont on ne savait jamais quelles étaient ses intentions et comment il allait employer sa terrible foudre. Arès était mondialement connu pour son rôle décisif dans le déclenchement des guerres. Héra était imperméable à toute idée de justice ce qui ne la distinguait pas fondamentalement de la plupart de ses collègues. Athéna aimait aussi beaucoup se consacrer à la guerre faite d’épisodes dont elle se régalait quand elle put manier la lance aussi étourdiment que Zeus. Il y avait aussi Aphrodite qui se servait de son pouvoir pour attirer ses victimes dans un piège et les trahir. Tous, entre eux et elles, cette compagnie pas toujours joyeuse formait une société belle et radieuse qui collectionnait les meilleurs récits ce qui ne les empêchait pas de se montrer capricieux, fantasques et indignes de confiance ce qui avait poussé les mortels à s’éloigner de leur groupe. Deux déités vivant bien plus souvent dessus que dessous sortaient du rang pour leur amitié avec les hommes en général et l’humanité en particulier. Ce furent Déméter, déesse du blé, fille de Cronos et de Rhéa et Dionysos qui parfois se faisait appeler Bacchus pour pleinement jouer son rôle de dieu du Vin. Tout naturellement, ce fut Déméter qui était l’ainée tout simplement parce qu’elle née la première en synchronisme avec le blé semé bien avant que n’apparaisse la vigne. Grâce à elle et parce qu’elle était une femme, le champ de blé était sanctifié et l’aire de battage protégé par elle. Pleinement épanouie, heureuse de jouer un rôle aussi respectable et honorifique, elle attendait chaque année l’arrivée de la moisson qui était fêtée comme il se doit par des actions de grâce qui montaient vers elle ce qu’elle méritait plus que toute autre car elle était la dispensatrice du don le meilleur et le plus indispensable à la vie. Tous les 5 ans, avait lieu une fête organisée à l’occasion d’une procession et de sacrifices accompagnés de danses et de chants, dont on savait peu de choses en ce concerne les détails de l’accomplissement et le déroulement des rites qui restait secret pour des raisons toujours inconnues mais dont on disait qu’elles avaient été placées là parce qu’ainsi le voulait la tradition transmise de génération en génération et aussi par des prêtres voués au mutisme à cause d’une très ancienne coutume consistant à taire tout ce qui concernait cette festivité et son contenu mystérieux. Aujourd’hui, nous nous sommes éloignés de la déesse du blé et de la moisson pour nous rapprocher d’autres lieux dont le sacre va commencer très bientôt, cette nuit même, de l’autre côté de notre hémisphère, lorsque des hommes, des travailleurs, descendus volontairement dans la mine pour nourrir leur famille vont en ressortir après plus d’un mois d’enfermement sans voir la lumière du jour. Au bout d’une montée, une élévation vers le ciel bleu et le dieu soleil, ils verront, comme dans un mirage leurs familles réunies autour d’un festin joyeux et solennel pour remercier chacune à sa manière, les organisateurs de la montée à la lumière de leur avoir permis d’espérer, de croire en l’homme pour ce qu’il peut apporter aux autres dans l’entraide, la solidarité et le lien.

Hamilton E. La Mythologie. Marabout. 1997.