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Coupables Américains ?

Homo faber et homo sapiens

Frictions à Haïti

samedi 23 janvier 2010, par Picospin

Cette accusation a trouvé une nouvelle source dans l’aide apportée par les USA à l’île de Haïti ravagée par un tremblement de terre que parait-il certains avaient prévu depuis longtemps sans qu’on ait montré le moindre intérêt pour cette annonce, cette prophétie.

On préfère toujours ignorer les oiseaux de mauvais augure aussi bien que les Cassandre pour ne pas être obligé de suivre la logique des évènements indésirables comme on les qualifie en médecine et pharmacologie lorsque les nouveaux médicaments ne remplissent pas les promesses de sécurité annoncés à grands renforts de publicité par les laboratoires pharmaceutiques. Cette fois, il s’agit de critiquer le déploiement des forces militaires américaines avec leur débarquement très ou trop visible pour les yeux de certains sur l’île désolée, mise à terre par des glissements tectoniques. Les édifices se sont effondrés, les hôpitaux n’ont guère résisté mieux que des châteaux de carte aux vibrations, séismes, tremblements d’une terre qui en a peut-être assez de constater les sévices que les hommes, ses habitants privilégiés, lui infligent. Après les inondations, ce sont les déferlements de la terre qui causent des soucis aux habitants éberlués de voir leur île décomposée par des ruptures, des anfractuosités, des tranchées dans lesquelles se sont engouffrées les constructions fragiles d’hommes corrompus plus soucieux d’édifier dans la rapidité que dans la solidité. Le résultat s’étale devant nous dans toute sa vérité, sans rien masquer de son insuffisance, de ses défauts, de son caractère provisoire, comme si les habitants de l’île n’étaient là qu’à titre aussi temporaire, pour y accomplir une tranche de vie dont la durée ne préoccupe personne et surtout pas le gouvernement effondré qui prétend veiller sur les destinées de l’île. Dans ce chaos arrivent les hommes de l’organisation, de la restructuration avec leurs moyens adaptés à faire face à une situation aussi anarchique, aussi confuse et incohérente. Pour la rendre cohérente, faut-il une organisation militaire, des stratèges diraient immédiatement militaro-industrielle ? On a constaté sur tous les fronts, dans toutes les catastrophes, dans tous les désordres provoqués par l’homme et la nature qu’il est nécessaire de recourir à une organisation de type hiérarchisé c’est-à-dire policière ou militaire pour mettre de l’ordre dans la matière et la société. Parmi toutes celles qui ont été essayées, seule l’armée a été capable de remettre de l’ordre, d’imposer sa propre vision de l’aménagement, de l’agencement, de l’ordonnancement. Pour quelle raison ce succès ? Est-elle réellement l’émanation de la nation, d’une société démocratique capable d’innover, d’inventer les solutions les mieux adaptées à des situations souvent compliquées, complexes comme le dirait notre sociologue, philosophe Edgar Morin. Ces interventions ont leurs inconvénients, une machinerie lourde, des rapports humains plus grinçants qu’huilés, une adaptation pesante, grinçante, oppressante, sinon pesante. Le plus souvent, elle finit par s’imposer par sa lourdeur même mais aussi grâce à la solidité de ses traditions et de ses rouages. Souvenez-vous des conditions épouvantables du débarquement en 1944 sur les côtes de Normandie. Une épopée mais aussi une tragédie pour des hommes trop jeunes, mal accoutumés à un style de vie trop confortable. Un mauvais temps prolongé qui donnait la nausée aux combattants embarqués par une houle sans fin sur de légères embarcations. La réussite avait été au bout d’une aventure sanglante à cause du déferlement incessant de matériel et d’hommes auxquels on avait transmis un message commun, celui de la victoire. Prenons l’histoire de Haïti dans l’autre sens comme on s’est plu à montrer l’envers di décor de la vaccination manquée de Madame Bachelot. On aurait dit que la grande puissance américaine, même sous la direction d’un frère de couleur n’a pas été capable d’apporter le moindre recours à une île et un peuple dévastés. C’est exactement ce que l’on aurait reproché à la Ministre de la Santé si on avait manqué de vaccins pour toute la population française. Conclusion de ces deux épisodes jumelées par le temps plus que par l’espace : on fait ce que l’on peut en tenant compte des difficultés des circonstances sans augmenter de façon indécente et inutile le nombre de questions posées. Dans certaines cultures on dit que le faire, l’agir doit précéder la réflexion. Est-ce vrai ? Hannah Arendt a écrit que l’homo faber précédait l’homo sapiens. Avait-elle raison ?