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Aventures ou désastres dans le ciel ?

Homo faber, sapiens ou vita contempativa ?

Des sondes

vendredi 12 juin 2009, par Picospin

Ne voit-on pas que la rédaction est assurée par des journalistes professionnels et expérimentés qui savent peser à leur juste poids le pour et le contre et de ce fait donner à lire à des internautes un rapport objectif, rationnel, exempt de passion et mesuré dans ses conclusions.

Stabilisateurs

Celui de ce jour se consacre surtout à discuter le problème des images présentées par l’ensemble de la presse et qui exhibe la déplorable photographie du stabilisateur de vol, flottant lamentablement à la surface des eaux pour représenter la déchéance d’une compagnie autrefois fière sinon orgueilleuse de son histoire, de son passé, de ses prouesses et de ses performances. On sent que les rédacteurs des articles sont gênés d’avoir à citer les étapes successives des explications fournies depuis les premières heures de la tragédie en commençant par la foudre, en passant par les capteurs de vitesses appelés « pitot » dont en réalité on ne sait rien et surtout on ne savait rien depuis que l’attention a été attirée sur ce dispositif au sujet duquel nous avons dès le début posé des questions seulement en raison du fait que ce dernier avait été incriminé dans les causes de l’accident, que des antécédents nombreux ont été dénombrés concernant la fiabilité discutable des indicateurs de vitesse et que des épisodes de givrage en altitude on été signalés.

Les pitots ?

A partir de ces informations, on était en droit de se poser des questions sur l’origine, la fabrication, la description technique, les performances de ces engins, leurs éventuels concurrents, leur durée de construction et leur positionnement par rapport à d’autres conceptions de cet appareillage. Dans l’article de « Slate » que nous avons devant nos yeux, il est indiqué que l’A330 est un des avions les plus sûrs actuellement en service. Est-ce que cette affirmation n’est pas en contradiction avec les multiples incidents de calculs signalés à son propos et aussi avec la décision de remplacer les dispositifs pitot anciens par de plus récents dont aucun détail technique n’est fourni en vertu de la tradition existant au sujet de la séparation radicale entre homo faber, vita activa, homo laborans, vita contemplativa. Que faisaient dans l’avion ces catégories de personnes dont la spécialisation n’autorisait aucune intervention, aucune critique, aucune imagination ?

Dans la caverne

Le monde de la caverne les avait peut-être figées moins dans l’éternité que dans l’immortalité, lui qui se flattait de pouvoir s’élever dans le cercle des idées depuis que Platon avait mûri cette superbe idée des nouvelles affectations de l’homme. Comment l’homo sapiens peut-il aider l’homo faber à fabriquer ses instruments, les outils toujours modifiés, évolutifs et originaux qui lui permettront de dominer le monde dans lequel il se croit enfermé mais qui, à terme pourra le laisser partir un jour vers un décor et un environnement créés à son image, en suivant son intelligence, celle que Bergson estimait contenir la faculté de créer et de fabriquer des objets artificiels destinés à en faire d’autres indéfiniment supérieurs et insurpassables.

Le génie de l’homo faber

Comment va-t-il s’y prendre pour élaborer d’autres « pitots », d’autres tuyaux capables de mesurer les vitesses seulement dans le but d’indiquer aux pilotes, même les plus automatiques que la vélocité de décrochage n’est pas loi, qu’elle affleure en permanence, laissant les passagers de la cabine entre cette limite infime qui est celle de la vie et de la mort. C’est aussi en voulant devenir l’homo ludens, celui qui veut jouer avec les distractions, les divertissements, les diversions en attendant et éludant la mort que des ingénieurs bien pensants ont cru bien faire d’acheter des gadgets à Los Angeles pour les installer sur un avion de ligne ce qui l’a précipité dans les eaux glacées de cet océan à la suite d’un court circuit qui a allumé un incendie fatal dans la cabine de pilotage. Gadgets, amusements ou distractions avant de regarder la mort ?

On raconte que des singes cassent des noix avec des cailloux au bord de l’océan pour se nourrir du fruit.