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ou Homo sapiens ?

Homo faber

Qu’en dit Hannah Arendt ?

dimanche 10 avril 2011, par Picospin

On a vu récemment l’utilisation exacerbée, peu maitrisée du téléphone portable et des réseaux sociaux, nouveaux instruments moins d’aliénation que de libération des peuples.

Téléphone mobile ou intelligent ?

Est-ce à dire pour autant que c’est le téléphone qui libère l’homme plutôt que l’action d’un Pape obstiné capable de débarrasser la planète d’une idéologie que d’aucuns considèrent comme néfaste ? Les bilans sont moins difficiles à dresser que l’interprétation de leurs résultats. Qui sait déjà ce que la société égalitaire ou qui se voulait telle a apporté à l’homme en particulier, en tant qu’individu et aux groupes formés par les humains dont le nombre a décuplé la puissance et partant l’efficacité de l’action ? A un moment donné, il faudra choisir entre la libération des peuples asservis et la sociologie des téléphones portables. Elle peut exaspérer l’observateur tapi dans le métro qui regarde l’ouverture anxieuse des sacs des dames pour amenuiser sa solitude par l’appel d’un numéro de téléphone apparu par le miracle du clic qui rapproche l’interlocuteur de l’oreille et susurre les mots attendus.

Approche de l’oreille

Ce sont ceux qui réchauffent le cœur, encouragent pour la journée glauque à venir avant d’assurer le sommeil et les rêves de bonheur à deux, quelque part au loin, dans un espace paradisiaque construit sur l’arbre ou dans le ciel comme celui du couple de colombes dont on dit pourtant qu’elles ne sont pas si amoureuses qu’on veut bien l’imaginer ? Est-ce que ce sacré mobile répandu comme une trainée de poudre est bien le fruit de la technologie, cette tekhnè du savoir faire des métiers de l’artisanat, de l’action efficace avant de devenir une praxis de l’action est bien responsable, — d’aucuns ajouteront par mauvais esprit « mais pas coupable » - de l’introduction dans nos sociétés de ce petit bijou intelligent devenu mémoire pour les plus fragiles sinon les hypochondriaques de l’Alzheimer ? Qui se douterait parmi ses utilisateurs quotidiens qu’il est produit à la chaine et à des millions d’exemplaires par des Finlandais apparemment intelligents qui le bichonnent, le perfectionnent et en font profiter les habitants d’une planète qui ne sait plus trouver son équilibre, tellement le sous-sol se dérobe à ses pieds, les maisons dansent ou s’écrasent sur elles-mêmes, l’atome se fissure avant de fusionner et l’eau, au lieu de nettoyer, apporte la boue plus que la propreté ?

Maitrise des technologies

Sa maitrise technologique entre les mains d’un peuple qui éduque mieux que les autres, est-elle la cause ou la conséquence de cette excellence tant rêvée par les pays à la traine dans une compétition du savoir désormais arbitrée par Shanghai, cette cité démentielle, citadelle du modernisme, de la fureur de construire et de la concentration urbaine, nouveau défi d’une cité de l’aisance dans les déplacements, de l’économie énergétique par la réduction des espaces d’habitation. Comment réserver des sièges à l’homme qui imagine et fabrique ces territoires qu’on attendait plus souvent dans le vieux monde occidental que dans les nouvelles configurations asiatiques ?

Le cerveau mis dans un téléphone

L’instrument, à l’image de l’homme, est devenu intelligent. A-t-il reçu une âme en prime pour avoir été utilisé si souvent, comme si il était devenu l’accessoire indispensable à la mémoire de l’homme, si fragile depuis qu’on connaît l’origine des accidents vasculaires cérébraux, de la dégénérescence des neurones sinon de la si redoutée maladie d’Alzheimer ? Beaucoup aujourd’hui n’hésitent plus à confier leur mémoire, leurs souvenirs, le contenu de leur savoir à ces nouveaux instruments d’aide à l’intelligence et au savoir quand ils ont perdu toute confiance en la qualité et la résistance au temps de leur propre équipement cérébral.

Questionnement éthique :

1. A-t-on besoin d’une éthique universelle susceptible d’engager la société humaine dans sa totalité au moment où nous assistons à travers les retombées de la science et des
techniques à la mise en place d’une société unifiée ?

2. Faut-il impérativement mettre en place une fondation rationnelle de la science ?

3. Est-ce que toute l’écosphère humaine est menacée ?

4. Peut-on déduire des normes morales à partir de faits dits objectifs et scientifiques ?

5. Si la réponse est négative, comment éviter que les normes ne soient rejetées dans le domaine subjectif et irrationnel ?

6. Quelle est la responsabilité et l’implication des ordonnateurs de la construction de sites nucléaires dans les désastres subis par les populations placées dans leur environnement proche ?