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Aujour’hui, les faits : Une confusion entretenue ?

Humain, humanitaire, humanisme : que choisir ?

Demain, les commentaires : Et l’homme dans tour cela ?

samedi 3 mai 2008, par Picospin

Les confidences recueillies par l’intermédiaire de son épouse ont révélé « qu’au Tchad c’était la guerre. Aujourd’hui ce sont les humanitaires qui sont en première ligne », « Il me disait que ce qui était difficile au Tchad c’est qu’on ne savait pas d’où allait venir l’accident. Ce n’est pas le premier à être tué et ce ne sera certainement pas le dernier. Mon mari croyait en la vie, en l’avenir, il faisait ce qu’il avait à faire ».

Le père fondateur

Pendant ce dernier, le fondateur des actions humanitaires, actuellement Ministre des Affaires Etrangères, n’a pu que dénoncer le « crime abominable » dont a été victime ce Français de 49 ans, attaqué « par des coupeurs de route qui sont en réalité des assassins. Ils devaient prendre la voiture et l’argent mais entre temps, des coups de feu ont éclaté dont l’un a touché Pascal Marline à la tête ». Le chef de la diplomatie française a estimé que les ONG devaient rester sur place. De son côté, l’ONG britannique « Save the Children » a annoncé qu’elle suspendait provisoirement ses activités au Tchad ce qui n’a pas empêché jusqu’ici son personnel de 120 personnes au total, de rester présent dans le pays. Pascal Marlinge, marié et père de deux filles, qui occupait le poste de chef de mission à Abéché, principale ville de l’est, était un agent très expérimenté dans le domaine de l’aide humanitaire. Jeudi, il faisait partie d’un convoi de trois voitures appartenant à Save the Children et à l’Unicef. Parti de Farchana, le convoi se rendait à Hajir Hadid, près de la frontière soudanaise, quand il a été attaqué par trois hommes armés. Ces derniers ont ouvert le feu sur Pascal Marlinge pour une raison indéterminée. Les quatre autres travailleurs sont indemnes. La voiture du Français a été retrouvée par la gendarmerie, à 23 kilomètres au nord-ouest d’Abéché par la gendarmerie nationale tchadienne. Une patrouille de l’Eufor, la force européenne déployée dans la région et le Nord-Est de la Centrafrique, « est arrivée sur les lieux après l’incident. « Comme les recherches se sont avérées vaines, le dispositif a été levé en fin d’après-midi », a précisé un colonel de l’Eufor.

Quel rôle pour le Tchad ?

« Le Tchad condamne avec la dernière énergie cet assassinat gratuit et promet de déployer tous les moyens matériels et humains pour retrouver ses auteurs, a déclaré le porte-parole du gouvernement tchadien. Le travail humanitaire est particulièrement difficile dans cette zone, souligne Serge Malé, le représentant du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) qui rappelle qu’un chauffeur tchadien d’une ONG y a été tué en décembre. L’aide humanitaire est une forme de solidarité ou de charité, généralement destinée aux populations pauvres, sinistrées ou prises en otage dans une guerre, qui peut :répondre en urgence ou sur le mode permanent à des besoins divers (faim, santé, reconstruction après un sinistre, éducation, protection des enfants, mise en place de réseaux d’eau et de communication...).prendre diverses formes (dons d’argent, envoi de marchandises et équipements de première nécessité, envoi de personnel faisant des interventions sur place) et provenir de diverses sources. Les associations (laïques ou confessionnelles, voire idéologiques) et les ONG humanitaires (dites aussi caritatives) qui sont financées sur fonds propres (cotisations des membres, dons, opérations diverses...), ou par des subventions des municipalités, des gouvernements, des organisations internationales ou tout autre organisme qui souhaite soutenir leur action ou leur confier certaines tâches. Les ONG fonctionnent avec du personnel bénévole, mais elles peuvent aussi employer du personnel rétribué. Dans le cas d’ONG internationales, dont les missions se déroulent à l’étranger, les expatriés sont presque tous rétribués.

Quel statuts pour les volontaires ?

S’ils doivent mettre en œuvre un programme financé par une institution internationales, comme l’Union Européenne ou l’une des agences de l’ONU, leur rétribution est prise en charge par ces organismes qui sont les États et autres collectivités publiques, les Organisations Internationales publiques, notamment celles dépendant de l’ONU ou de l’Union européenne, ou bien des entreprises privées. Est-ce que l’humain favorise ou s’oppose à l’action humanitaire ? Il peut en être la traduction, l’expression, l’intégration surtout dans tous les cas où il correspond aux qualificatifs, citations, descriptions, interprétations, sinon synonymes qui en sont donnés. Ce peuvent être les exemples ou définitions proposés par Nietzsche, Spinoza, Rousseau. La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a. La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice. Traiter tous les homme s avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard. L’humanisme est un mouvement européen de la Renaissance et une philosophie qui place l’être humain et les valeurs humaines au centre de la pensée. Il englobe les XIVe, XVe et XVIe siècles.

De l’humain à l’humanisme

L’humanisme se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, d’écriture, et de pensée. L’humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l’être humain et qui dénonce ce qui l’asservit ou le dégrade. Le terme désigne donc un courant culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique qui propose un « modèle humain » défini comme synthèse des qualités intellectuelles, sociales, affectives, caractéristiques de la « nature humaine ». L’humanisme est un courant de pensée idéaliste et optimiste qui place l’Homme au centre du monde, et honore les valeurs humaines. Pris au sens large moderne, le terme humanisme peut recouvrir différentes idéologies antagonistes postérieures aux humanistes de la Renaissance : philosophie des Lumières, libéralisme et marxisme notamment. C’est avec Pétrarque (1304-1374) que naît en Italie le mouvement humaniste de la Renaissance. Le poète commence par recueillir les inscriptions sur les vieilles pierres de Rome et poursuit dans les manuscrits sa quête des Anciens. Il retrouve ainsi des lettres de Cicéron, ressuscite un écrivain statufié par les écoles. Il s’illustre également en détectant un faux document au profit de son souverain. Lorenzo Valla (1407-1457), lui aussi va traquer la vérité historique, préconisant l’étude philologique des textes et le retour à la pureté classique. Parti d’Italie, le courant humaniste rayonne dans toute l’Europe cultivée. Les humanistes du XVe siècle s’efforcent de revisiter la pensée des Anciens, dont l’authenticité leur échappe après les présentations et interprétations chrétiennes des deux siècles précédents (voir Moyen Âge). Ils étudient les langues anciennes (grec, hébreu, latin classique, syriaque) et recherchent des manuscrits dans tout le monde méditerranéen. L’âge d’or de l’humanisme se situe au début du XVIe siècle avec les grandes figures d’Erasme, Thomas More ou Guillaume Budé.

Humanisme : une philosophie, un art, une littérature ?

L’humanisme de la Renaissance prône l’« imitation des Anciens » (une "innutrition" de l’Antiquité), c’est-à-dire un retour aux sources antiques païennes (grecques et romaines) mais aussi chrétiennes (retour aux enseignements purs des Évangiles). Les caractéristiques de l’humanisme du XVIe siècle sont l’aspiration à la connaissance des possibilités humaines et la réflexion de l’homme sur lui-même ; le refus de tout ce qui fait obstacle au développement de l’esprit ; le rejet de toute autorité arbitraire ; la volonté d’une nouvelle organisation de la vie qui se manifestera sur le plan politique, social, esthétique et même religieux. Les Humanistes sont d’abord des « philologues », passionnés pour les langues (latin, grec, hébreu) et les civilisations anciennes. Ils réfléchissent sur les textes, reprennent les mythes et les légendes en les chargeant de nouvelles significations, écrivent des œuvres littéraires et scientifiques, deviennent des éditeurs. Dans un sens étroit, l’Humanisme du XVIe siècle est un mouvement littéraire qui cherche à retrouver une image éternelle de l’homme et du bonheur par l’étude de l’Antiquité. Les Humanistes s’opposent aux dogmes de l’Église. Leur pensée touche exclusivement les pratiques ecclésiastiques, et non pas la religion. Ils exigent : le retour aux textes de l’Évangile, la confiance dans la « parole sacrée du texte » et non dans son commentaire, la traduction des textes religieux en langues romanes pour les rapprocher du peuple. Toutes ces exigences sont liées à la volonté de réformer l’Église catholique pour assurer son retour à la pureté primitive du christianisme. Luther en Allemagne et Calvin en Suisse(Genève) créent le mouvement qui porte le nom de la Réforme. Née de l’Humanisme, la Réforme s’en sépare par l’affirmation d’une nouvelle doctrine dont la défense acharnée provoque la scission de l’Église en deux camps, catholique et protestant, et les amène aux guerres civiles sanglantes.

Humanisme et religions

Cet humanisme donnera naissance au protestantisme et, avec quelque retard, aux réformes catholiques (concile de Trente). Cet humanisme connaîtra une évolution qui le mènera, en passant par une phase moderne au XVIIIe, à l’humanisme scientifique du XIXe siècle. À la Renaissance, l’humanisme a donc consisté en une mise en avant des richesses culturelles contenues dans les littératures anciennes. Cette entreprise a comporté plusieurs aspects : l’humanisme philologique fut un immense travail de restitution et de diffusion des textes anciens d’auteurs inconnus des copistes du Moyen Âge. Ce fut la tâche de Pétrarque, de Boccace, d’Érasme, pour lesquels l’humanisme pédagogique s’opposa à l’enseignement scolastique en imposant l’étude des lettres latines et grecques. François Ier fonda le Collège de France, dans le but de faire prévaloir cette pédagogie fondée sur l’étude des « humanités » antiques ; l’humanisme philosophique est fondé sur la connaissance de l’homme, l’accomplissement harmonieux de sa nature, sous le contrôle de sa Raison. Pour Rabelais, Érasme, la valeur des œuvres antiques tenait dans la philosophie morale qu’ils y trouvaient. Celle-ci leur apprenait que la mesure des désirs et des ambitions, le courage et la justice conduisaient à la vertu et au bonheur. Alors qu’il n’était pour d’autres que l’étu de érudite de textes, l’humanisme fut pour eux une « conception sobre et équilibrée de la vie humaine ». Montaigne cite Sénèque : « Ô la vile chose et abjecte que l’homme, s’il ne s’élève au-dessus de l’humanité ! » Car de faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, et d’espérer enjamber plus que l’étendue de nos jambes, cela est impossible et monstrueux. Ni que l’homme se monte au-dessus de soi et de l’humanité ». Ainsi, l’homme n’est pas Dieu et l’humanisme consiste à agir « humainement ».

Questionnement :

1. Est-il exact que la plupart des spécialistes de la question de l’humanisme s’accordent à lui donner 5 définitions ?

2. si oui, quelles sont-elles ? : l’humanisme chrétien
l’humanisme de la Renaissance qui comprend celui des lettres, des sciences, de la technologie
l’humanisme de type marxiste qui vise à émanciper l’homme des croyances religieuses
l’humanisme pragmatique qui consiste à partir de l’homme pour déterminer le bien moral
l’humanisme qui cherche à reconnaître une dignité humaine

3. Quel est le rôle attribué à la raison pour lui permettre d’ajouter au concept de personne l’idée de liberté ?

4. Comment traiter de la dignité de l’homme ? Elle dépendrait de son autonomie, c’est à dire de pouvoir agir de manière libre ou autonome. Etre une personne c’est être capable d’autonomie.

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