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Identité, diversité, Europe

vendredi 26 février 2010, par Jean-Claude Cusset

A la fin du siècle dernier on a dit (Francis Fukuyama) qu’avec le triomphe de la démocratie, on vivait la fin de l’Histoire. Force nous est de reconnaître que le triomphe de la démocratie est tout relatif, ou qu’il est encore à venir (personnellement je l’espère, et j’y crois) ; et que l’Histoire continue à suivre le cours que lui imposent, en bien ou en mal, les hommes. De même, certains veulent maintenant nous faire croire que l’Europe politique ne peut se faire, ou qu’il est bien trop tôt pour y penser, parce qu’il n’existe pas de nation européenne alors que l’Etat-Nation est la forme achevée de l’évolution de l’organisation étatique. La preuve en est que, en Europe à tout le moins, tous les Etats (ou presque) sont des Etats-Nation ; comment aller plus loin ?

État-Nation

Cette affirmation nécessite que l’on s’y arrête un peu. Notons dès l’abord que l’Etat-Nation admet parfaitement la diversité, au moins sur le plan ethnique (on ne parle plus, heureusement, de races, reconnaissant qu’il existe une espèce humaine, et à l’intérieur de celle-ci des ethnies). Prenons l’exemple de la France : s’y mélangent des celtes et -tous nos ancêtres ne sont pas gaulois - des germains, des sémites, des latins, etc. .. Nos voisins ne présentent pas plus d’exemples d’unité ethnique, qu’il s’agisse des belges, des italiens, des espagnols, et même des allemands (prussiens et bavarois sont-ils semblables ?) et des anglais (le « Royaume-Uni » le fut à l’origine par la couronne, malgré la diversité des peuples), etc…

Une évolution

L’Etat-Nation n’est pas non plus l’aboutissement spontané d’une inévitable évolution qui aurait conduit les peuples à l’unité, mais le produit d’une volonté politique : la France, construction progressive de la monarchie puis de la république, l’Angleterre comme on vient de le dire unie « par le haut », au XIXème siècle l’Allemagne « bismarckienne » et l’Italie (où nord et sud ont toujours du mal à s’entendre…). Parfois la volonté politique a conduit à des mariages assez artificiels, non sans problèmes : voir en Belgique, ou, après la chute de l’empire ottoman, dans l’Europe du sud-est.

Achèvement ?

Et cet Etat-Nation, loin d’être un achèvement est une création quasi permanente et continue, réalisée essentiellement par une langue commune, créatrice et porteuse d’une culture commune, de valeurs communes.
L’Europe des Etats-Nation existe peut-être ; elle est loin d’être parfaite et ne saurait être une fin : Wallons et Flamands menacent de se séparer ; les italiens du nord couperaient bien les liens avec l’Italie du sud ; pour ne rien dire des revendications des minoritaires dans nombre de pays de l’Europe de l’est. Et de l’ouest aussi : voir les revendications d’autonomie par les basques espagnols ou français…

Comment créer l’Europe ?

Alors ? Qu’est ce qui s’oppose à la création d’une véritable entité politique européenne – dont, il faut le dire et le répéter sans honte, nous avons le plus grand besoin dans cette mondialisation en marche – avec des structures adaptées ? Sûrement pas l’absence d’une nation européenne ; nous avons vu à quelle aune il fallait mesurer cette notion. Non plus la difficulté de trouver des structures adaptées. Nos voisins d’outre-Atlantique nous fournissent le modèle d’une solution qui fonctionne, dans la diversité, et plutôt mieux que chez nous ; modèle qui peut parfaitement être aménagé pour répondre aux spécificités de l’Europe et de son histoire. Cela s‘appelle le fédéralisme ; que certains pays européens connaissent déjà, et dans lesquels le système fonctionne également bien.

Une diversité attendue

Dans une Europe fédérale, chaque pays, chaque ensemble peut trouver sa place, dans le respect de la diversité – ce pourrait être la solution à certains problèmes de « cohabitation » que l’on rencontre à l’heure actuelle – et en réalisant cette unité de direction, si nécessaire dans le monde actuel pour permettre à l’Europe de s’exprimer d’une seule voix, de faire respecter sa puissance dans cette mondialisation, ce concert des nations, où les petits - et quel pays européen n’est pas « petit » comparé à la Chine ?- risquent d’avoir le plus grand mal à subsister tels qu’ils sont aujourd’hui.

Paroles d’écrivain et de témoin

Et à cette Europe fédérale les seules limites, comme le disait tout récemment Jorge Semprun, sont celles de la démocratie. Non point que toute démocratie dans le monde puisse entrer dans l’Union Européenne ; mais que tout candidat, présent ou à venir, dont la candidature est justifiée par la géographie et par l’histoire, soit une démocratie.

J.C Cusset – 25/02/2010

Messages

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