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Identité nationale française : réalité ou déontologie ?

samedi 7 novembre 2009, par Picospin

Cette question est-elle d’ordre phénoménologique si on trouve derrière elle une intentionnalité de la conscience et l’objet intentionnel qui en ce cas est le fait d’être français, idée dépouillée de ses objets individuels et particuliers ?

Quel sens ?

Il est moins sur que l’interrogation se rapporte à un sens car, contrairement à l’idée d’un arbre, l’identité n’est pas nécessairement soluble dans une essence en raison des nombreux éléments qui lui sont attachés comme les papiers d’identité, la vie en France, la scolarisation, l’enseignement de la langue, toutes caractéristiques qui n’en fournissent guère la signification. En revanche, cette notion possède à son actif le fait de pouvoir placer les thématiques de la signification, de la valeur, de la gamme des émotions et des expériences au cœur d’une idée et d’un sens intelligibles qui permettent d’en saisir la signification. Autre propriété, l’attitude de réflexion au sujet d’une donnée comme celle de l’identité ne se contente pas de la posture de l’observateur neutre, indifférent aux conséquences de l’observation, mais au contraire implique que ce dernier s’intéresse intellectuellement et affectivement à l’objet de son enquête ce qui lui confère du sens, une valeur et une finalité.

Chaos ?

Est-ce dans le fatras d’un chaos ou dans celui d’une structure que l’on est en droit de démêler les problèmes posés à l’occasion de chaque objet apparaissant devant soi sinon devant notre voisin, cet autrui présent ou absent à chaque détour de notre itinéraire ? A cette question, il est possible de répondre par une affirmative nuancée dont jaillit l’évidence que « la chose » se définit surtout dans son rapport à sa relation avec les autres ce qui suffit sans doute à définir le structuralisme avec ses exemples prélevés dans le langage et l’anthropologie. Beau rappel à quelques mois de la disparition de Lévy-Strauss considéré comme le père fondateur du structuralisme . On pourrait par exemple localiser l’identité nationale dans ses comparaisons avec celle des autres nations dans leur organisation interne, leur politique étrangère, leurs aspirations, l’utilisation de leur langue. Dès lors, la question prend un sens plus précis et mieux défini qui permet d’en analyser la structure et le sens et de répondre de façon intelligible au problème si malencontreusement posé.

Asocial ?

Dans le contexte actuel où se multiplient les comportements anti ou asociaux, lors desquels on a l’impression que les générations les plus jeunes échappent à l’emprise de la tradition, de l’obéissance, du respect des autres et des règles, il n’est pas impossible d’imaginer que la véritable intention des auteurs du questionnaire sur l’identité nationale ne consiste pas à interroger les citoyens, ceux qui désirent le rester, échapper à la pression de la nation, s’en évader ou au contraire l’intégrer, problème dont le corollaire consiste à se demander à quelles conditions cette opération peut se faire, si elle est faisable et si oui, quel en serait le prix actuel, passé, revalorisé, sinon augmenté du surcout, des impôts exigés par la République dont on craint les demandes exagérées ou insensées, les sacrifices inutiles pour peu que certains veuillent adhérer aux notions d’un utilitarisme venu de l’ouest et qui continue d’affirmer bien haut l’objectif suprême qui est le plus grand bonheur pour le plus grand nombre, ce que Jeremy Bentham, inventeur de la théorie de l’utilitarisme, définit par la maximisation du plaisir et la minimalisation de la souffrance.

Demandes de sacrifices ?

Est-ce cette situation trop souvent offerte par la nation aux combattants des guerres, auxquels on demande le sacrifice suprême au nom d’une idéologie ni approfondie ni justifiée si ce n’est à coups d’hymnes exaltants, de symboles grisants, d’exemples palpitants sinon d’excitants ouverts sur des paradis artificiels que l’on cherche à éviter par un interrogatoire révélateur ? N’est-il est pas trop tôt pour la décrypter à la lumière de cette réflexion ?

Questionnement :

1. Quel est le véritable enjeu de ce questionnaire ?

2. Quelle est la véritable question posée au sujet d’une identité ?

3. Comment est-il souhaité qu’elle s’exprime ?

4. Est-ce que les symboles qui représentent l’appartenance à une nation constituent l’unique réponse à la question posée ?

5. Est-il dangereux de s’engager dans certains cas dans des directions risquées qui peuvent compromettre l’avenir d’une collectivité lorsque des responsables de son destin conduisent à en sacrifier plusieurs générations comme ce fut le cas dans les guerres meurtrières des siècles les plus récents ?

6. Comme Corneille face à Racine, est-ce que l’on demande aux Français comment ils sont vraiment ou comment ils souhaitent devenir ?