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Au chevet du malheur ?

Idolâtrie

Pleurs, drogues et réconfort ?

vendredi 26 juin 2009, par Picospin

Ces derniers exercent mal leur choix parce qu’il n’est pas libre et imposé par des évènements contingents et contraignants qui interdisent de s’adresser aux dieux les plus méritants, ceux qui savent exalter l’homme et l’humain qui est en lui.

Tous les dieux n’apportent pas dans leur escarcelle les présents que les hommes d’en bas voudraient recevoir parce qu’ils rêvent trop souvent aux objets les plus rutilants, aux statues les plus éclatantes ou aux mécanismes les plus huilés. Ils se tournent davantage vers les robots perfectionnés, ceux qui ressemblent de plus près aux hommes et aux dieux mais s’en éloignent par leur regard figé, leurs mouvements saccadés et leurs décisions déterminées. Quel rôle ces figures jouent-ils dans un monde qui se donne comme horizon le jeu saccadé, trop rythmé, indiquent plus l’obscurité que la lumière, la confusion que la clarté, la connaissance que l’ignorance l’explication et l’éclaircissement que le chaos, l’enchevêtrement ou l’obscurantisme ? A partir de ce moment, lorsque les hommes de bien décident de quitter la scène, le plateau et les planches pour s’installer comme SDF en perdition sur le parvis des cathédrales ou des temples, ne reste-t-il plus qu’à se réfugier dans la caverne, cette maison qui fut la première habitation des hommes, obscure d’un côté, à peine éclairée par un rayon de lumière monochromatique qui, jouant le rôle d’un laser, pointe vers un objet défini son pur rayonnement directionnel temporellement cohérent. On parle de monochromatisme comme si on pouvait rejoindre par cette définition physique le monothéisme parfois représenté par une seule émission de raies fines, débarrassées du bruit quantique et capable d’une focalisation extrême pareille à celle d’un dieu de vengeance plus que de bonté ou de pardon, désignant le coupable sinon la culpabilité à endosser par le monde qui doit en porter la charge. Est-ce pour trouver refuge dans cette caverne pourvue d’une ouverture que la construction des prisons accueillantes à l’homme est interdite, infiniment retardée, jamais investie car les ténèbres venues des entrailles de la terre doivent à jamais échapper à la clarté du dehors comme doivent rester ignorants les prisonniers condamnés à moins que par un brusque revirement, une excellente conduite et un apprentissage tardif et rédempteur, ils n’obtiennent la libération anticipée. N’est-ce pas le seul espoir que pouvait caresser Rachida Dati et que le peut maintenant celle qui vient de lui succéder. N’y a-t-il pas quelque avantage, au milieu de tant d’inconvénients, à fouiller de fond en comble les cavernes abandonnées où gisent parfois les trésors initiatiques perdus depuis la nuit des temps ? Comme si toute maturation exigeait d’abord l’obscurité des profondeurs, comme la graine requiert son enfouissement sous la terre avant de s’épanouir en plante à la surface, comme l’embryon puis le foetus attend d’avoir connecté ses axones et dendrites, ses artères, veines et capillaires avant de quitter la chaleur maternelle pour accomplir au dehors son humanité. On veut surtout espérer que cette dernière ne s’arrête pas aux illusions, aux drogues qui embellissent artificiellement, au vin qui bâtit l’ébriété, à la sexualité passagère, itinérante et instable, incapable de fixation et d’amarrage. Quel spectacle offre au monde, aux civilisations, aux cultures dont on se gargarise les masses accumulées en proie au désespoir hystérique parce que l’un des leurs, - pas forcément le meilleur - s’est involontairement suicidé à force d’excès, de dopage, de performances considérées comme insuffisantes, de paris mal tenus les dieux déchus, vieillissants, fatigués de gloire éphémère, de désirs inassouvis, de possessions inconsidérées ? Des ministres qui dérapent sur les marches glissantes des échelles, non des valeurs mais du pouvoir, qui tournent indéfiniment autour de chaises inconfortables sur une musique de bastringue, sous la baguette de chefs d’orchestre accélérant leur tempo au-delà des capacités des danseurs ? Quel avenir, quelle sagesse, quel épanouissement ?