Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Il fait trop chaud à Moscou

Canicules...

Il fait trop chaud à Moscou

D’habitude il y fait très froid

mardi 10 août 2010, par Picospin

Vous y retrouverez des éléments décrits et commentés il y a déjà 7 ans sur les conséquences de la canicule qui a touché la France en 2003 telles qu’elles ont été rapportées dans mon livre (« Geschwind H. Le rôle des soins palliatifs », Paris, L’Harmattan, 2004 »). Même si le titre n’est pas exactement adapté au sujet qu’il se proposait de traiter, le contenu de l’écrit correspond aux rapports parvenus de Moscou sur la situation actuelle de la Russie et de sa capitale face à une canicule d’une exceptionnelle intensité telle qu’aucune autre de cette nature n’a été observée depuis plus de mille ans.

Vérifications nécessaires

Évidemment, cette assertion doit être vérifiée car on peut douter qu’en l’an mille les services de la météorologie nationale russe aient été en mesure de présenter des relevés et des statistiques aussi précises que le sont celles actuellement officialisées, même si les Russes ont la réputation d’être d’exceptionnels mathématiciens et que de cette discipline, le chemin n’est pas long qui conduit à la physique et à une de ses applications plus complexes, la prévision du temps. Même si on ne connaît pas exactement les relations ayant existé il y a 1000 ans entre les départs en vacances, l’abandon des personnes âgées et leurs conséquences sur la santé des personnes les plus vulnérables, ont peu se douter que la brusque arrivée d’un air chaud dans une cité à forte densité humaine ne produit guère d’effets bénéfiques. Cela d’autant plus que la climatisation ne s’est pas encore répandue de façon exceptionnelle dans la capitale et que si lutte contre les intempéries il y a, elle s’adresse en priorité aux conditions résultant du grand froid, des chutes de neige beaucoup plus qu’à celles provenant d’une brutale élévation des températures.

Fait-il plus chaud au sud ?

Cette condition, assurément est plus souvent à prévoir dans les contrées situées au sud que dans celles du nord, en plein continent, loin de toute source de tampon comme peut l’être la présence d’une grande masse d’eau capable d’équilibrer les gains et pertes caloriques consécutifs aux échanges thermiques générées sur notre planète à partir de l’énergie solaire dont la captation reste encore à l’aube de la recherche en thermodynamique. Si on connaît les habitudes de vie des habitants des grandes villes de la Russie et plus tard de l’Union soviétique par le truchement et les écrits signés par les génies de la littérature de ce pays comme Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov ou Pouchkine, on reste dans un certain flou littéraire dès lors que l’on cherche à consulter des archives décrivant les conditions de vie de la masse des citoyens de ce pays non seulement par temps normal mais lors des à-coups de température chez les habitants des logements modestes dans lesquels la circulation de l’air devait être précaire, l’aération, instable et l’équilibre thermique transitoire.

Vers les datchas

Combien de riches citoyens pouvaient se permettre à l’époque de partir en direction de leur datcha, à quelques kilomètres de la capitale pour respirer un air plus pur que celui offerte par une capitale qui était loin d’offrir à ses habitants la même densité d’habitants et de pollution que celle constatée actuellement avec l’arrivée des grosses cylindrées au service des oligarques précédées par celles mises à dispositions aux membres éminents du part en récompense de leurs loyaux services aux guides de la révolution ? Dans cet ordre d’idées, la réalité le cède facilement à l’imaginaire tellement est grande la distance qui sépare la première de la seconde et faible celle de la géographie raccourcie par les aéronefs de l’Aeroflot sinon par les incursions des Gagarine et successeurs dans l’espace plus vaste qu’ils ont été les premiers à explorer il y a déjà de si nombreuses années. Si les révolutionnaires soviétiques ont encensé le pouvoir, jeté des fleurs aux Lénine et Staline en oubliant trop souvent Trotski pour les bienfaits qu’ils auraient apporté à la « Sainte Russie », si Pavlov a été encensé pour ses découvertes en physiologie de la gent canine et si de riches citoyens de l’occident chrétien ont pris l’habitude de se rendre à Moscou pour y corriger leur vision de myope, on ne sait rien de l’état réel du niveau de technicité et de confort de la médecine et de l’hygiène de vie en vigueur dans un pays où la suprématie du cerveau se manifeste par l’ingéniosité du jeu d’échecs et celle du corps par les figures de la danse réalisées par Diaghilev, Serge Lifar, ou Noureev.

Intelligence, mathématiques et danse

Il est à craindre que dans ces domaines, l’intelligence ne se développe qu’au bénéfice des plus fortunés, la musique de chambre à celui des salons huppés et la danse aux grandes salles de spectacle de la capitale ou de St Petersburg, à l’abri des résidences fastueuses des tsars ou de celles de la reine Christine invitant un Descartes frigorifié, à se réchauffer près d’un poêle en céramique par une taque en métal apportant aux pièces attenantes surélevées la chaleur du fourneau sinon de la cheminée. Il n’a pu retrouver ce confort intime dans le vieux monde rural lorrain, où trônait le « poêle devant » ou « poêle derrière » pour désigner les deux chambres chauffées entre une cuisine en position centrale. S’il en avait bénéficié, peut-être aurait-il eu le temps, la force et l’énergie, surtout la bonne santé pour développer d’autres concepts philosophiques, éclairer le mécanisme de nos passions et composer pour la salle Pleyel les trames harmoniques de nouvelles symphonies.