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Comment immigrer ?

Immigration réduite et censure des métiers

Quelle langue parler ?

mercredi 27 juillet 2011, par Picospin

Pour donner une note plus démocratique et humaine à cette initiative, un avis a été cependant sollicité des organisations syndicales et patronales ce qui a pour conséquence d’habiller de sollicitude humaine, politique et sociétale une démarche dont on avait tout lieu de penser qu’elle bouleverserait les traditions nationales, sinon européennes et remplirait de joie les tenants des fermetures de frontières. Il paraît que l’arrêté en question devrait réduire de moitié la liste établie il y a 3 ans des 30 métiers pour lesquels est autorisé le recours à de la main d’œuvre étrangère et plus précisément aux étrangers non ressortissants d’un Etat membre de l’UE ou de la Confédération helvétique.

Les professions non pourvues

Cette mesure trouverait sa justification dans l‘intention de limiter cette liste aux métiers les plus qualifiés ou les plus spécifiques visant les besoins les plus significatifs de main d’œuvre qui seraient momentanément – on le pense ou on l’espère – impossibles à pourvoir avec des travailleurs déjà présents sur le territoire français. Dans un immense geste d’ouverture, de générosité et de libre concurrence, on a laissé une ouverture possible – on ne sait pas encore pour combien de temps, où et dans quelles circonstances – aux professions considérées sans doute comme nobles telles que l’audit et le contrôle comptable, le téléconseil et la télévente, les spécialistes en systèmes d’information, en travail du bois, du verre et du dessin industriel et les employés travaillant dans les secteurs de la production chimique et pharmaceutique. Ce dernier secteur doit avoir été considéré comme très sensible après les récents démêlés judiciaires et de santé publique entre administration publique et fabricants de produits innovants mais dangereux et potentiellement mortels. Les secteurs les plus touchés par les nouvelles mesures destinées à chasser de la nouvelle communauté nationale les arrivants ayant acquis une formation spécialisée dans les BTP au niveau de la conception par informatique les chefs de chantier et conducteurs de travaux publics pour lesquels on envisage probablement des carrières de grande envergure ici ou ailleurs.

Pas de concurrence

En tout cas, on n’envisage pas que ces professions puissent être soumises à la concurrence comme si elles devaient rester assises bien au chaud dans le giron des formations professionnelles nationales, produit probable d’une exportation de main d’œuvre dont on attend quelques monte et merveilles en raison de la situation favorable de ce type de marché. Cette prise au lasso de certains travailleurs n’est pas forcément approuvée par la totalité de la classe politique et syndicale si l’on en croit les paroles solennelles prononcées par la présidente du Medef qui tient à souligner le caractère peu contraignant de ces mesures. Cela d’autant plus que cette personnalité n’a pas craint d’ajouter qu’elle souhaitait continuer à vivre dans un pays ouvert pendant que d’autres responsables syndicaux pensent de leur côté que de telles mesures aboutiront inéluctablement à favoriser l’immigration clandestine. On sait pour en avoir entendu parler beaucoup et à plusieurs reprises que cette éventualité est considérée comme le danger les plus extrême et le plus nocif pour la santé de la communauté nationale.

Bien s’adapter à l’inadaptation

Au nom de l’immigration choisie, le dispositif des titres de séjour donnant droit au travail est réformé de façon à mieux s’adapter aux besoins de main-d’œuvre. Une nouvelle carte "compétences et talents" est délivrée aux étrangers "susceptibles de participer au développement économique ou au rayonnement intellectuel, culturel et sportif de la France dans le monde ou au développement économique du pays dont ils ont demandé la nationalité. un sort privilégié est réservé aux meilleurs étudiants sélectionnés (par qui, pour quoi ?) pour venir se former en France. Est-il légitime d’exiger de tout immigré l’assimilation, l’adhésion aux normes de la société d’accueil, l’expression de leur identité et de leurs spécificités socioculturelles d’origine étant cantonnées à la seule sphère privée ? Dans le processus d’assimilation, l’obtention de la nationalité est conçue comme un engagement "sans retour". Est-il plus sage et moins exigeant de solliciter de tout immigrant exprimant le désir de vouloir refaire sa vie en France à travers le processus d’une intégration qui exprime davantage une dynamique d’échange, dans laquelle chacun accepte de se constituer partie d’un tout où l’adhésion aux règles de fonctionnement et aux valeurs de la société d’accueil, et le respect de ce qui fait l’unité et l’intégrité de la communauté n’interdisent pas le maintien des différences. Le choix peut aussi être donné de recourir au processus d’insertion dans lequel tout en étant reconnu comme partie intégrante de la société d’accueil, l’étranger garde son identité d’origine, ses spécificités culturelles n’étant pas considérées comme un obstacle à son intégration dès lors qu’il respecte les règles et les valeurs de la société d’accueil. » ces textes sont d’autant plus difficiles à interpréter et à mettre en pratique que nulle mention n’est faite des circonstances dans lesquelles auraient lieu ces diverses formes de cohabitation avec la société du pays d’accueil.

Scolarisation des jeunes et des plus âgés ?

La différence n’est-elle pas gigantesque entre un enfant scolarisé dès l’adolescence en France et un adulte déjà éduqué dans un autre pays et qui abandonne sa langue maternelle pour se diriger vers un tout autre mode d’expression verbale et écrite. Est-il nécessaire d’insister à ces stades d’évolution sur les priorités accordées aux sportifs de haut niveau qui pourraient, par des glissements progressifs devenir les mercenaires d’un pays qui profite de leurs dons physiques pour les incorporer dans les équipes nationales comme on le ferait de joueurs de ballon dont les services seraient acquis à prix d’or pour faire briller des couleurs nationales qui ne sont pas nécessairement et fondamentalement celles du pays d’origine ?

Questionnement éthique :

1. Faut-il négocier avec les pays pourvoyeurs d’immigrants avant de définir une politique solide d’immigration efficace et régulière ?

2. Que donnerait la fermeture presque complète des frontières dans le pays d’immigration ?

3. Doit-on définir un âge idéal d’immigration ?

4. La politique d’immigration ne doit-elle dépendre que des sportifs de haut niveau aux dépens des immigrés qui souhaitent refaire leur vie dans leur nouveau pays d’adoption choisi ?