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Après un ballon d’essai éclaté

Incohérence : confort ou douleur ?

Que signifie la succession des volte-faces sur le remboursement des médicaments de confort

vendredi 27 juin 2008, par Picospin

Le journal observe cependant que « pour l’heure, il ne s’agit pas encore d’abandonner cette mesure impopulaire », le conseil remarquant que « la question de l’évolution de notre système de santé et de son financement doit s’appuyer sur un débat de fond du conseil dans des délais raisonnables, en particulier sur la question des affections de longue durée ».

Des critiques véhémentes

Le quotidien relève en outre que « les critiques ne tarissent pas. Hier, l’Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire a dénoncé vigoureusement les annonces du directeur de l’assurance-maladie, « contraires au débat annoncé par le président de la République, mais jamais organisé, sur ce qui doit être financé par la solidarité nationale ou par les organismes complémentaires » ». La Tribune note enfin que « les complémentaires contestent « la sincérité » de ceux qui affirment qu’un transfert de plus de 300 millions d’euros sur les complémentaires ne se traduira pas in fine par une dépense supplémentaire pour les ménages ». Finalement, le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés Frédéric Van Roekeghem, a demandé le retrait des propositions relatives aux affections de longue durée dans son "rapport annuel sur les charges et produits pour 2009"

Réduction du taux des remboursements

Le directeur de la Caisse Nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés avait proposé de rembourser à 35% et non plus à 100% les médicaments à vignette bleue pour les patients atteints d’une affection de longue durée. La CNAMTS avait demandé jeudi le retrait à l’unanimité de cette mesure. Aujourd’hui c’est Xavier Bertrand, plus rapide que Roselyne Bachelot qui le confirme. Après cette proposition maladroite, ce retrait rapide témoigne-t-il d’un bug stratégique de celui pourtant souvent affublé de l’image de renard futé ?

Questionnement éthique :

1. Que signifient les changements brutaux de décisions pilotés par l’Autorité et qui portent le risque de déstabiliser d’abord les malades atteints de maladies de longue durée, le corps médical qui ne sait plus sur quel pied danser et l’ensemble de la population qui risque de se sentir menacée par des décisions incontrôlées, incertaines et incohérentes ?

2. Nous avons publié hier, après l’annonce brutale d’une diminution des remboursements, les tenants et aboutissants d’une prise de position contradictoire entre les souhaits du gouvernement de développer les soins palliatifs et d’autre part de ne plus vouloir ou pouvoir assurer un accompagnement et un traitement dans le confort. L’argument avancé consistait à insister sur la situation difficile de la santé en France, sinon à l’impossibilité d’en couvrir tous les aspects. A partir de cette affirmation, la situation devenait inextricable puisqu’il fallait impérativement redresser les finances publiques même au prix d’un abandon de la population la plus éprouvée du pays. De ce fait, toute tentative de négociation était déclarée vaine et par conséquent sans effet. Il semble que cette vision pessimiste ne corresponde pas tout à fait à la réalité puisque ce qui avait été considéré comme impossible la veille était devenu possible du jour au lendemain, comme si par miracle les finances publiques avaient été brusquement rééquilibrées.

3. Est-il totalement innocent de jouer ainsi avec l’opinion publique et encore plus avec les perspectives de soins de la population la plus durement touchée par la maladie ?

4. Quelles mesures proposer pour redonner de la vigueur et un sens à la conduite éthique de la santé publique ?


Sources : La Tribune