Le discours a singulièrement changé en quelques années depuis les surplus qui jonchaient le sol pour être ramassés par tous jusqu’aux économies radicales à prévoir pour ne pas épuiser la mère terre de ses dernières ressources comme le serait celle qui vient de donner le jour à de jeunes êtres frais qui ne pourraient grandir et être élevés faute des mamelles pleines du lait à téter comme offrande aux nouveaux dieux. Les parents sont devenus responsables des enfants, tous deux jouant aux lisières de l’univers comme êtres figés dans leur juvénilité, s’égayant sur le sable des plages, se cachant derrière arbres et fourrés pour échapper au rappel, à l’avertissement, à la reprise de conscience des commandements qui ne concernent plus le rôle des géniteurs mais celui, multiple et pluriel des conseils, de l’éducation, de la matrice à formater, à modéliser, à coffrer, pour faire avancer la société moins souvent à coups de fouets mais après sélection, catégorisation, interrogation sur les dons et les aptitudes, dans le dessin d’un progrès technique et sociétal, peut-être à coups de prélèvements ADN, seuls requis pour placer l’intelligence au niveau des besoins et les habiletés à celui des exigences.
