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Comment rendre la recherche plus honnête ?

Intégrité de la recherche : quelles conditions et quelle application ?

Comment rendre la compétitivité moins sauvage et le financement plus aisé ?

mercredi 6 février 2008, par Picospin

Le système scientifique paraît d’autant plus fiable qu’il est autorégulé par l’affranchissement de toute pression extérieure. Ces garanties d’honnêteté n’empêchent pas les scientifiques qui sont aussi des hommes, d’être vulnérables, faibles, humains et donc faillibles.

Fraudes dans les sciences

L’histoire de la science est ponctuée de fraudes à l’instar de Mendel, père de la génétique moderne, qui n’a pas hésité à écarter des résultats contradictoires de sa liste pour rendre ses conclusions plus probantes. Auparavant, les erreurs, les biais, les fraudes étaient détectées plus facilement que maintenant car ils n’échappaient pas au contrôle et au discernement des spécialistes, qui contrairement aux profanes savaient de quoi ils parlaient quel que soit le domaine envisagé. La spécialisation actuelle oblige experts et chercheurs à maintenir leur niveau de connaissances à un niveau tel que personne ne parvient pratiquement à posséder une culture suffisante pour émettre un jugement fondé sur les déclarations et les résultats publiés. Les avancées technologiques ont produit des programmes informatiques si complexes qu’il devient difficile sinon impossible dans certains cas d’y déceler la moindre fraude. Cette situation rend le management de la recherche de plus en plus complexe. Pour être crédible, elle se doit d’être honnête et transparente car ces deux caractéristiques réalisent les conditions des investissements et financements provenant des organismes de recherche, des institutions savantes ou des Universités.

Transparence et éthique

C’est grâce à elles que les projets gagnent en perspicacité, crédibilité, pertinence et ont les meilleures chances d’être menées à leur terme. C’est pour cette raison et le besoin de plus en plus impératif de collaborer avec des organismes internationaux que l’idée se fait jour d’adopter un code international de conduite pour garantir l’intégrité d’un programme de recherche. Si les jugements des chercheurs sur leurs pairs peuvent facilement conduire à détecter les divers types de fraude comme le plagiat, la falsification et la fabrication de résultats, l’on s’accorde plus difficilement sur les caractéristiques des déviances qui diffèrent en fonction des pays, des cultures, sinon des institutions. Ces particularités sont tellement marquées et sensibles que des pays comme l’Allemagne ont obligé chaque institut à définir son propre code de conduite sous peine d’être privé de financements publics. C’est en raison de cette variabilité et de ces particularismes que nombre de scientifiques espèrent parvenir à un accord sur une uniformisation au moins à l’échelle européenne. Les procédures de révision par des comités de lecture au sein desquels siègent des experts se heurtent aux conflits d’intérêt en raison de l’influence potentielle exercée par les « réviseurs » pour empêcher la publication d’articles susceptibles de projeter de l’ombre sur les équipes rivales.

Déontologie

C’est à ce stade que se présente l’obstacle d’une formation correcte du doctorant par son supérieur. Est-ce que cette dernière passe par une diffusion optimale des règles de déontologie ? Rien n’est moins sur si l’on se fie aux enquêtes réalisées un peu partout dans le monde et qui concluent à l’échec de la formation en déontologie sinon à son effet inverse si l’on considère que les résultats d’une compétition acharnée entre les équipes, loin de favoriser l’honnêteté, encourageraient plutôt la fraude. La situation morale ou éthique si l’on préfère des équipes de recherche n’est guère enviable tant que ne seront pas résolus ces problèmes de compétitivité, de financement et d’encouragement à la publication. Le temps presse avant que ne soient discrédités devant l’opinion publique, surtout celle des profanes, les qualités d’intégrité de tous ceux qui s’adonnent à l’innovation, à l’invention et à la création.

Questionnement éthique :

1. Quelles seraient les garanties à exiger pour considérer une publication comme véritable reflet de la vérité ?

2. Qui doit émettre ce "certificat de garantie" ?

3. Quels sot les personnes à désigner pour se porter garantes de la qualité scientifique et éthique des publications ?

4. comment éviter les conflits d’intérêts résultant éventuellement de problèmes scientifiques, financiers ou de compétitivités et de rivalités entre les équipes de recherche ?

Sources :

Rossom JV. In scientia veritas ? Research eu. N° 54. Décembre 2007