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Internautes, lecteurs, spectateurs ou voyeurs : que font-ils ?

lundi 5 avril 2010, par Picospin

A condition de considérer les secrets d’alcôve ou les micro-jupes comme objets d’intérêt. Si l’on fait la somme de toutes les histoires, faits, évènements, récits concernant les parties situées au-dessous de la ceinture comme dignes d’intérêt, on s’apercevra qu’ils représentent la majorité des préoccupations de la société. D’où vient cette attirance forcenée, irrépressible pour les muqueuses. Cette partie du revêtement cutané des corps tapisse les parties où les échanges sont particulièrement fréquents, délicats et sensibles. Ils sont répercutés sur des sphères cérébrales où, amplifiées, elles sont captées par des zones spécialisées dans les sensations agréables ou désagréables ?

Petit cours de physiologie et de neurosciences

De là, elles sont traduites en excitations et stimulations qui apportent aux corps plaisir ou désagréments. Les premières n’apportent pas le bonheur et les secondes ne contribuent pas au malheur. Ces notions restent du domaine de l’intégration dans la pensée, du passage et du traitement des informations par les réseaux neuronaux. Elles participent pourtant aux débats sur la morale, l’éthique, la justice, l’équité. Ces propriétés les rendent aptes à être récupérées pour en construire des thèmes sur le bien et le mal, figures de proue de tout échange sur le bonheur de l’être humain. On sait quelle importance ce dernier a revêtu aux siècles derniers pour les thuriféraires du bonheur des peuples. Leur ambition était d’apporter aux masses les bienfaits d’une vie assurée et prise en charge par les politiques, leaders d’opinions et organisateurs du bonheur des masses. Ce dernier s’appela bientôt, plus vite qu’on ne le pense, mobilisation, armée, guerre, corps déchiquetés et âmes supprimées sinon lésées définitivement sans espoir de récupération. Ces idéologues organisèrent la société, encouragèrent la massification, attirèrent les uns, rejetèrent les autres, pour le bien et le bonheur du peuple qui trépignait dehors, au bas des balcons d’où venait l’appel au sacrifice. Pour se réunir sous les bannières, ils se munissaient de signes qui les rassemblaient, les unifiaient jusqu’à la fusion, stade ultime d’un processus psychologique et corporel apte à en faire des esclaves décérébrés, dénués de jugement et d’autonomie. On peut craindre que poursuivre dans cette voie ne conduise inéluctablement, non plus à la mort de dieu selon les prédictions de Nietzsche, mais à celle de l’homme en tant qu’être responsable et raisonnable.

Quel intérêt ? Voyeurisme..

Voulez-vous me dire quel intérêt présente la lecture puis la réflexion concernant des questions telles que la pédophilie des ecclésiastiques, les déboires du couple présidentiel, sinon la longueur des jupes des nouvelles adolescentes dans les classes de la République ? L’attrait pour l’habillement se renforce à la vue du trop et du pas assez habillé, de la burqa honnie qui cache le corps, à la micro-jupe qui le montre dans toute son étendue ? Est-ce qu’on peut jouer longtemps avec ces concepts pilote, sans tomber dans un profond sommeil faute d’exciter les rares cellules cérébrales survivantes aux cataclysmes de la raison, et tombées en désuétude, faute de recevoir suffisamment d’incitations électriques par l’intermédiaire des synapses activées par des neurotransmetteurs sécrétés pour rien dans la vacuité des réseaux neuronaux ? Peut-être vaut-il mieux jouer aux échecs, réfléchir aux déboires des physiciens et climatologues du GIEC ne serait-ce que pour prévoir les circonstances et la date de l’extinction du soleil, le détachement de la fosse de Californie, l’arrivée du prochain tsunami pour éviter de faire grimper inutilement aux arbres, en même temps que les singes, les touristes ivres de soleil et de risques cancérigènes ? Peut-être pourrait-on profiter du temps laissé par les velléités d’intrusion dans les appartements de l’Élysée ou ceux du Vatican pour guider les plus jeunes enfants dans l’apprentissage d’une langue étrangère ?

L’étranger ou l’étrangère ?

Étrangère n’étant qu’une impropriété provisoire en attendant que l’enfant ait été encouragé à s’approprier une autre langue pour en sucer la culture, les traditions, les particularités, partir à la rencontre de ses semblables en âge et en sagesse pour qu’ils dévoilent leur intimité familiale, leurs tranches de vie comme on découpe le saucisson et qu’on en exhibe la tranche ? Partir à la conquête du monde n’est pas s’enfermer dans les alcôves irrespirables des célébrités. On dira que Michel-Ange n’était pas heureux d’avoir si « mal peint la Chapelle Sixtine ». C’est peut-être ce regard dans le miroir qui a donné à l’humanité, à ses frères et sœurs jusqu’à l’effacement des fresques, les chefs-d’œuvre de notre culture et la dignité de l’être humain. A comparer avec les manœuvres de Nuremberg ou les chars de la Place Rouge ?