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Une nouvelle ère ?

Investiture

De grandes espérances

dimanche 18 janvier 2009, par Picospin

Mardi prochain, 20 septembre, Barack Obama deviendra officiellement Président des Etats-Unis après une éclipse du pouvoir, de la culture, de l’intelligence qui avait pendant quelques dizaines d’années entrecoupées et parsemées de trous noirs, - sans aucune allusion à l’esclavage racial ! - la vie politique contemporaine des Etats-Unis.

Un modèle

Pour Barack Obama, Abraham Lincoln est un modèle,
un héros une source d’inspiration « extraordinaire », dans laquelle il n’a cessé de puiser pour forger sa philosophie politique et son rapport au monde. Rien d’étonnant dès lors, qu’il ait décidé de faire de ce président qui proclama l’abolition de l’esclavage en 1863, mit fin à la guerre civile et lutta de toutes ses forces pour l’unité de son pays, le héros invisible, mais omniprésent, des réjouissances qui accompagneront son investiture. L’hommage à « Abe » Lincoln a déjà commencé dès samedi par un voyage en train de Philadelphie à Washington, reflet de celui effectué en 1861. Le président élu prononcera un discours à la gare de la 30e Rue, avant de monter dans un wagon avec sa famille et un groupe de citoyens américains « ordinaires », récompensés pour avoir écrit un texte inspiré sur son élection. Le train s’arrêtera à Wilmington, dans le Delaware, pour accueillir le vice-président élu, Joe Biden, qui y a toujours sa résidence principale. Les voyageurs feront ensuite une halte à Baltimore, où fut rédigé l’hymne national américain. Sous haute sécurité, le voyage sera suivi pas à pas par les télévisions américaines afin que la nation tout entière puisse accompagner son président par la pensée. En 1861, le voyage d’« Abe » s’était déroulé dans la plus grande discrétion. Vouloir réconcilier le Sud et le Nord, les Noirs et les Blancs, suscitait l’espoir, mais déchaînait les haines. Le grand homme finira par être assassiné en 1865. Il est dommage que pour des raisons diachroniques, des personnages aussi extraordinaires, à l’intelligence vive que furent ce dernier et Tocqueville qui rapporta des Etats-Unis des images fortes et pertinentes à l’analyse aiguë, n’aient pas eu l’opportunité de se rencontrer car leur conversation aurait pu devenir si féconde que peu de choses auraient pu rester à expliquer après une conversation imaginaire aussi féconde.

Panthéisme ?

Ils auraient pu parler du goût des Américains pour le panthéisme, dérivé des conditions de plus en plus égalitaires que l’on découvrait en Amérique et qui produisaient un homme de plus en plus semblable à tous les autres, plus faible et plus petit. De la sorte, on est enclin à ne plus envisager les citoyens pour ne plus considérer que le peuple, de sorte qu’on oublie les individus pour ne plus songer qu’à l’espèce. Tocqueville continue sur sa lancée en développant l’idée de l’unité ce qui le conduit à ne découvrir dans le monde qu’une création et qu’un créateur puis à grandir et à simplifier sa pensée en renfermant Dieu et l’univers, le Créateur et la création en un seul tout. Et de continuer dans cette voie avec détermination et obsession quand il affirme que « parmi les différents systèmes qui cherchent à expliquer l’univers, le panthéisme paraît l’un des plus propres à séduire l’esprit humain dans les siècles démocratiques ». Il conclut brusquement que « c’est contre lui que tous ceux qui restent épris de la véritable grandeur de l’homme doivent se réunir et combattre ». C’est à ce moment que le « New York Times » se hâte de prendre le relais pour décrire le fantastique voyage triomphal de Barack Obama acclamé tout au long de son parcours par des centaines de citoyens agitant leurs bras et leurs drapeaux au passage du train sifflant fièrement sur ses rails en saluant la victoire du nouveau Président dans le froid qui fit frissonner les spectateurs de cette parade, une température qui ne cessa de remonter sous l’effet de l’enthousiasme du peuple et de la chaleur de l’accueil.

Questionnement :

1. Dans quelle mesure peut-on penser et espérer que l’ère Obama peut se caractériser par une nouvelle espérance, une autre confiance dans les capacités d’un autre Président capable de s’attaquer aux problèmes économiques et politico sociologiques de son époque ?

2. Est-il si surprenant que finalement le peuple américaine ait porté ses voix sur un Président noir, intellectuel, universitaire après la succession difficile de personnages sortis sans éducation et sans diplômes du parcours éducatif proposé aux étudiants ?

3. Dans quelle mesure peut-on admettre que le passage à la tête de l’Amérique de marchands de cacahuètes, de chapeaux ou d’acteurs a compromis les chances de succès politique des Etats-Unis ?

4. Est-il légitime d’attribuer au seul problème des subprimes la crise économique née en Amérique et qui vient de se répandre comme une fusée explosive dans le monde entier ?

5. N’est-il pas temps de revenir à une éthique plus réfléchie et plus consensuelle pour redresser les moeurs, la déontologie ou les comportements moraux qui s’effondrent partout au moment où certains accusent le retrait de Dieu d’être responsable de cette situation désespérante ?