Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Jazz in Marciac : d’inoubliables moments

Jazz in Marciac : d’inoubliables moments

jeudi 2 août 2012, par Picospin

Il correspond à une manifestation de musique de jazz en pays gersois qui rassemble chaque année les amateurs les plus éclairés de ces harmonies et rythmes qui ont conquis progressivement l’univers depuis son apparition au début du 20è siècle quelque part aux environs de La Nouvelle Orléans.

De cette ville près du delta du Mississipi, il s’est répandu sur la terre entière auprès de quelques amateurs puis professionnels éclairés qui en ont adopté puis adapté les sonorités souvent tonitruantes et souvent d’une extrême douceur pour envahir le corps par la danse, les esprits par la découverte des accords les plus osés et l’âme par le bonheur qu’ils lui apportaient. C’est à une réunion autour de cette musique que je vous convie au lendemain d’un concert éblouissant donné hier soir, mardi autour du maitre des lieux, envahisseur et hôte d’honneur venu du Lincoln Center de New York. Il s’appelle Winton Marsalis, trompette d’une science et d’une musicalité hors du commun à qui on a spontanément confié la direction musicale, l’organisation et l’inspiration de ce festival créé il y a plus de 25 ans par un enfant du pays, Guy Laffitte, saxophoniste de talent qui a cru en la pérennisation de cette réunion annuelle en plein pays gascon. Sa succession a été assurée par ce musicien qui, en dehors de ces dons inouïs, possède une culture, une science et un « feeling » exceptionnels au point d’avoir capté la confiance des habitants de la région pour y créer une école de musique à l’intention des plus jeunes éléments de ce pays pour les faire sortir du désert culturel dans lequel ils étaient enfermés. Cette barrière est désormais rompue, ne serait-ce que par la tentative réussie de l’association à la formation de jazz du Lincoln Center de Marsalis à l’orchestre du Capitole de Toulouse, ravi de se trouver en si bonne compagnie et de pouvoir assouplir les contraintes pesant sur la musique dite classique pour s’en libérer par le jazz construit à partir d’improvisations, de rythmes originaux, complexes et entrainants à l’exemple de ce qui s’était produit des dizaines d’années plus tôt au contact et sous l’influence de George Gershwin, immigrant américain venu de Pologne pour inventer dans le nouveau monde des sonorités imprévues qui faisaient chavirer les danseurs noirs et blancs aux accents venus de l’esclavagisme africain. Une chance exceptionnelle est offerte à la culture toulousaine de s’imprégner des formes de cette musique venue de loin pour l’incorporer à son exploitation et l’offrir en exclusivité aux amateurs et auditeurs venus de loin pour célébrer le festival de Marciac. On peut et on veut espérer que la mayonnaise prendra et surtout qu’un nouveau public saura apprécier, comprendre, s’amouracher de ce renouveau du jazz symphonique dans lequel excellaient autrefois les formations américaines au point d’en revendiquer l’exclusivité dans le monde. C’est un plus capable de « booster » la formation toulousaine, désormais à l’avant garde de la réunion du jazz avec la musique dite classique ce qui peut faire évoluer les deux genres simultanément à condition de séduire les jeunes générations au détriment des niaiseries et phrases primitives en vigueur sur les estrades, stades et manifestations de masse actuelles. C’est tout le succès, le bonheur et la carrière que l’on souhaite à cette nouvelle forme d’association et de combinaison musicales, à la condition que le maitre des lieux continue de travailler dans l’hexagone et en Europe, que les musiciens toulousains restent toujours aussi enthousiastes à l’écoute des sonorités parfois stridentes mais toujours contenues offertes à un public demeuré jusqu’ici enthousiaste et que la population du Gers démontre chaque jour son sens de l’accueil, sa réceptivité à l’originalité et la chaleur de sa participation à la chose publique et aux affaires d’une petite cité étendue à un grande région.