Ethique Info

Accueil > Education > Jeunes et vieilles troupes : les nouveaux combattants de l’enseignement

Que faire avec les enfants ?

Jeunes et vieilles troupes : les nouveaux combattants de l’enseignement

Jouer avec eux ou les éduquer ?

mercredi 10 mars 2010, par Picospin

Ce n’était probablement pas le meilleur moment choisi pour diminuer le nombre de postes comme on dit dans l’administration, comme si ces derniers étaient anonymes et n’avaient aucun nom.

Si on parlait de personnes et non pas de "postes" ?

Il y a quand même des personnes derrière ces fameux postes et non pas des machines, des robots ou instruments de la sorte toujours anonymisés pour donner l’impression que l’égalité reste au premier plan des préoccupations. Si l’on sait que personne n’est irremplaçable, on sait aussi que chaque personne est unique et qu’à ce titre on ne saurait traiter les professeurs, enseignants ou moniteurs comme des êtres sans identité même si actuellement, on se préoccupe en haut lieu de l’identité française dont le débat a été interrompu sinon arrêté net faute de combattants, aucune personne de bonne foi, de bonnes mœurs et d’intelligence moyenne ne souhaitant participer à ce jeu inintéressant, obsolète et sans objet.

Naphtaline

On a sorti de la naphtaline, vieux produit destiné à conserver les tissus usagés, les papis et mamies éventuellement aptes à faire fonctionner leurs neurones pour en transférer une partie aux enfants et adolescents, moins pour les greffer sur eux que pour actionner une transmission orale et écrite. L’inconnu dans cette affaire est l’état de conservation de nos augustes vieillards dont certains ont fait l’effort de conserver « toute leur tête » comme il est dit, ce qui permet maintenant de l’utiliser pour remplacer au pied levé les professionnels plus jeunes manquant à l’appel ou mis au repos pour fatigue précoce, épuisement incompréhensible, ou stress au travail en raison d’un environnement insupportable dont la faute incomberait principalement aux plus jeunes. Leur discipline vacille, leur respect s’amollit et leur respect pour les maitres s’éteint sous les inondations venues d’un climat météorologique et social maussade. L’expérience n’est pas inintéressante et pourrait apporter ses fruits pour peu qu’on veuille bien tenir compte des résultats obtenus par ces vieux succédanés auxquels doivent venir se joindre de nouvelles troupes fraiches aussi inexpérimentées que les très jeunes soldats des régimes totalitaires d’autrefois utilisé pour défendre leurs frontières et attaquer les ennemis.

Expérience ou colère ?

La colère gronde partout en France de constater que s’il y a des l’argent pour les uns il n’y en a pas pour tous et que certains doivent se serrer la ceinture même au niveau où elle se montre la plus développée. Si cette affaire peut être considérée comme favorable à la réduction de l’obésité, elle ne l’est pas pour le développement du cerveau qui a besoin d’un peu de combustible, sucres et glucagon pour alimenter des cellules qui en consomment beaucoup et qui sont ravitaillées selon leurs besoins par un organisme qui les a classées dans les exigences prioritaires. Apparemment ce n’est pas le cas de l’estomac des petits et grands écoliers dont s’occupe actuellement le grand maitre de notre gourmandise qui exige des réformes moins au niveau de l’instruction et de la formation mais à celui des assiettes qu’il voudrait voir remplies par de la choucroute par exemple. Ce souhait n’est pas sûr d’être exaucé en raison des protestations qui ne risqueront pas d’être élevées par les organisations responsables de la diététique. A ce compte, les propositions de Monsieur cuisine française risquent fort de ne pas être prises au sérieux d’autant plus que le coût de ces plats pourrait se révéler assez cher pour un bénéfice qui n’est pas certain d’être accueilli avec enthousiasme par des jeunes plus habitués aux plats du MacDo qu’à ceux des cantines scolaires.

Volontaires

Les bonnes volontés se lèvent partout pour venir au secours des enseignants et des enseignés dans une situation qu’on continue de baptiser de crise même si tout le monde n’est pas convaincu de l’existence réelle d’une telle catastrophe. Cela est d’autant plus évident que les responsables du pays clament haut et fort que la France s’est mieux tirée que les autres pays de cette conjoncture pénible. Cette déclaration consisterait à affirmer que les autres pays, moins bien lotis que l’hexagone seraient sur le point de déposer le bilan ce qui équivaudrait à le déclarer en faillite avec pour corollaire l’impossibilité de nourrir ses enfants, de les éduquer normalement, d’en faire des hommes et des femmes conscients, dotés de tous les ressorts de l’intelligence, de la rationalité et des capacités physiologiques indispensables à la survie.

Une expérience

Doit-on profiter de cette circonstance tragique pour connaître les résultats d’une éducation réalisée dans d’autres conditions que celles imposées ou proposées par la tradition, une réalité élaborée depuis plus d’un siècle et qui a fait l’admiration de plusieurs générations depuis la montée au front de Jules Ferry, grand dispensateur de l’organisation du savoir et garant d’une école libre et laïque. A l’aune d’une telle circonstance, est-il légitime de se demander pour quelle raison les banques sont renflouées sinon richement dotées alors que les institutions chargées de préparer l’avenir et le destin de la nation ne le sont pas. Est-ce que cette politique entend faire mourir les uns et survivre les autres ?

Questionnement éthique :

1. Est-il éthique, juste et socialement solidaire de permettre à des sociétés de faire des bénéfices excessifs au moment où on ne trouve pas une somme modérée pour éduquer des enfants qui sont l’avenir du pays, sa ressource principale et les descendants de ceux qui pourraient se sentir fautifs de ne pas avoir réparti les attributions budgétaires pour nourrir l’esprit et le corps des descendants ?

2. Comment ose-t-on parler de crise quand des bénéfices en hausse sont faits par les grandes sociétés du CAC 40 et que rien n’est fait pour favoriser l’insertion professionnelle, culturelle, intellectuelle du fruit de la nation ?

3. Est-ce que des disproportions aussi criardes ne risquent pas dé déclencher des mouvements violents contre l’injustice ?

4. Comment les descendants des générations actuelles risquent-ils de réagir quand ils se seront aperçus de l’injustice dont ils ont été les victimes ?