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Parieurs ou politiciens ?

Jeux de vilains ou de vertueux ?

Les jeux sont-ils faits ?

jeudi 29 septembre 2011, par Picospin

Ils sont moins intéressés par l’issue des prochains suffrages que par les réponses du peuple à leurs convictions intimes sinon à leurs passions cachées ou à leurs volontés les plus tenaces. C’est en fonction de cet étalage des sentiments et des raisons qu’ils s’apprêtent à ouvrir leurs paris pour le choix de tel candidat.

Les batailles de crabes

Il n’est question au long des débats sur plateaux de télévision que des chances supputées de tel jeune et brillant candidat, de telle figure politique abandonnée à son triste sort pour avoir osé affronter tel leader ce qui exige courage, abnégation et détermination et surtout la surdimension d’un ego, condition indispensable à la survie dans un milieu où les crabes montent les uns sur les autres pour briser une antenne, casser une patte ou fracasser une articulation au grand plaisir et à la satisfaction des spectateurs d’une scène qui tient plus de la jouissance apportée par le malheur des autres que par le prise en compte et l’impératif d’une conscience blessée à la vision de blessures ouvertes ayant du mal à cicatriser. En ce qui concerne les crabes, cette hypothèse est moins certaine puisque le plus souvent ces crustacés au gout délicieux finissent dans de volumineux ustensiles culinaires où ils rougissent moins de honte que d’ébullition. Pour des motifs qui tiennent à un gout de plus en plus prononcé pour les jeux d’argent, souvent articulés sur les engagements par une mise sur la victoire d’un concurrent, les paris gagnent de plus en plus de participants comme si le gain devait récompenser les meilleurs et montrer aux autres que cette activité est souvent assez valorisante pour dégager les gagnants des perdants.

Jeux de vilains...

On sait l’importance qu’une telle activité a jouée dans le passé dans les jeux relatifs aux courses de chevaux lorsqu’il était donné aux turfistes de suivre le parcours génétique d’une monture, les qualités de son entraineur et les secrets de son jockey. De nos jours, les parieurs libérés de toute contrainte légale et libres de s’adonner au plaisir et au résultats du hasard s’en donnent à cœur joie, comptent sur ce dernier pour redorer un blason aux bords de la décoloration et tentent de relancer les éléments de leur moteur plus défaillant que toussotant par le biais de quantités supplémentaires d’adrénaline dont les effets leur semblent à la fois angoissants et bénéfiques. La « Française des jeux », haut lieu de cette noble activité exercée au fond des cafés et des bars enfumés par les volutes rejetés de très chères cigarettes dont se nourrit trop largement l’Etat ne cesse de parader pour insister sur la lettre j, équivalent du git sous terre, indice ou allégorie de mort. De ce côté, il n’avait pas nécessairement tort puisqu’on insiste de plus en plus sur la relation maintes fois confirmée entre tabac et décès, le premier étant un vecteur multiple et puissant du cancer des bronches, transmis sinon inoculé à des milliers d’exemplaires par l’aspiration d’un tabac incandescent favorisant la croissance avant la multiplication des cellules parties pour obstruer les canaux créés pour la joie de l’inspiration plus que pour les hémoptysies, avant garde des processus de destruction des canaux bronchiques.

Retour d’investissement

N’est-il pas heureux que les organismes chargés de la prévention parviennent à tirer de la noble activité de la culture du tabac une compensation à la hauteur des investissements, quitte à ce que les remboursements des soins vident les caisses de l’Etat et surtout celles de la santé publique de leurs dernières réserves. Quelle banque, renflouée par quels capitaux pourra se charger ensuite d’équilibrer les comptes en déséquilibre entre les recettes encaissées dans les bistrots et les dépenses engagées par les hôpitaux ou l’INSERM pour guider les accrocs du tabac vers des voies plus saines et surtout moins risquées. On vient de vous le dire : les jeux d’argent sont mauvais pour la santé.

Risques et périls

Il suffit de remonter aux ennuis que risque de connaître le successeur de DSK à la Mairie de Sarcelles en regard de ce que l’on appelle déjà « l’affaire du Cercle Wagram » qui n’est pas un lieu de réflexion politique comme on pourrait le croire, mais plus simplement un cercle de jeux en tous points comparable à ceux que nous venons d’évoquer. Une affaire qui cette fois touche la gauche plus que la droite au moment où la première gagne des élections mais perd du prestige en dépit des multiples rappels à la raison c’est à dire à la sacrée présomption d’innocence si souvent évoquée dans toutes les « affaires politicofinancières récentes. Un avertissement sans frais pour le moment mais qui risque d’en entrainer dans l’avenir pour peu que les socialistes perdent la bataille de l’application de la morale en politique.