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Quels plaisirs ?

Jeux en ligne : un phénomène de société

Quels avantages ?

mercredi 28 mars 2012, par Picospin

On vient de remarquer à l’occasion des événements dramatiques que connaît le monde en général et la France en particulier que les fréquentations des salles obscures ont augmenté de façon significative, que les vacances sont de plus en plus prisées par la population malgré la diminution des revenus et que les cadeaux continuent de pleuvoir à l’occasion de la moindre fête, de la moindre célébration et des moindres occasions de s’évader vers des vacances dites de rêve, justement parce qu’elles éloignent des réalités de la vie quotidienne.

Précipitations

D’où la précipitation forcenée – comme celle du tueur de Toulouse – vers le moindre paradis des îles du Pacifique, le bronzage, les jeux d’eau avec la mer et les océans. Dès lors, le débat suscité par les avantages et les inconvénients des jeux vidéo deviennent primordiaux pour dégager des analyses, discussions, critiques envers ces multiples versions de l’au-delà des réalités quel que soit l’âge des participants puisque cette nouvelle activité se déploie dans toutes les générations et à tous les âges, sinon dans tous les milieux. C’est que ces réunions réelles ou virtuelles entre personnes se vouant à la même activité se rapprochent des conditions du travail collectif qui met en œuvre le plus souvent au sein de l’entreprise commutante, des logiciels collaboratifs, aboutissement lointain du télétravail qui n’a pas encore atteint le niveau de popularité et d’application que ses avantages mériteraient de recevoir. La création d’un espace d’interconnaissance est vouée à un grand avenir en raison des prévisions optimistes qu’il est censé accorder à l’éducation, à la transmission du savoir, et à l’apprentissage des métiers. Son succès actuel et foudroyant est tel que l’entrée dans les palais des jeux devient de plus en plus limitée et de plus en plus exigeantes les conditions d’acceptation des candidats qui souhaitent participer à cette nouvelle manière de conquérir un espace de vie, hors du travail, de l’exercice d’une profession pour une possible fuite en avant hors d’un monde bourré de contraintes et de désagréments sans pour autant que soit obligatoire l’obligation de quitter les lieux de vie réelle, sièges de la vie professionnelle, des sites de travail et des rencontres avec la réalité.

Difficiles candidatures

C’est ainsi que les actes de candidature ressemblent à un parcours du combattant comme si on voulait sélectionner les meilleurs ce qui n’est pas nécessairement le cas. Dans certains jeux, chaque joueur décide du royaume pour lequel il souhaite combattre : Syrtis le vert, le froid Alsius ou Ignis le désertique. Cette décision a des conséquences sur l’équilibre du monde, car chaque royaume se compose de peuples différents. Les scènes se déroulent dans un monde enchanté, fort propice à l’évasion au moment où beaucoup parlent du désenchantement du monde. Cette expression avait été répandue à la fin du 19è siècle lorsque un des pères de la sociologie moderne et économiste de surcroit, Max Weber, avait introduit la notion de subjectivité dans ses analyses et descriptions de la société en même temps que Durkheim, Simmel ou Marx. A cette époque, il avait insisté sur la rationalité, et, plus spécifiquement, sur le processus de rationalisation. Il lui semblait, en effet, que l’Occident était marqué par l’extension d’un type particulier de rationalité -la rationalité en finalité- à l’ensemble des actions sociales. Ce qu’il nomme la rationalisation de l’action pratique dans le monde lui semble ainsi être la spécificité de l’Occident moderne — processus marqué, en particulier, par la naissance et le développement du capitalisme et de la bureaucratie. Il travailla aussi sur de nombreux objets, souvent liés à sa réflexion sur la rationalité, comme la domination, l’État, le droit ou la musique.

Sociologie

La part la plus importante de son œuvre est constituée par une sociologie des religions : il considérait, en effet, que les religions ont apporté une contribution décisive à la rationalisation du monde en reconnaissant dans sa genèse la particularité du rationalisme occidental, l’apparition du rationalisme économique dépendant de la capacité et de la disposition des hommes à adopter des formes déterminées d’une conduite de vie caractérisée par un rationalisme pratique. Là où une telle conduite de vie a rencontré des entraves d’ordre psychique, le développement d’une conduite de vie rationnelle dans le domaine économique a rencontré, lui aussi, de fortes résistances intérieures. Parmi les éléments les plus importants ayant façonné la conduite de vie, il a trouvé dans le passé, les puissances magiques et religieuses et les idées éthiques du devoir qui sont ancrées dans la croyance en ces puissances. Dans l’univers ludique des jeux et de l’évasion, celui de la simulation, du paraître plus que de l’être on accède à une transformation du lien social, un renforcement du monde communautaire, la séduction et la fierté de participer à une communauté électronique, informatique tout en étant plongé dans les découvertes des traitements de l’information, de la joie éprouvée quand une décision rapide est prise par la magie de s’être mué en gestionnaire de l’information. Dans le monde actuel, le mot d’ordre est d’être le meilleur, de payer le prix de l’excellence, pour acquérir souplesse et autonomie, tout en sachant coopérer avec les autres et en étant digne de leur reconnaissance.

Etre le meilleur, le plus en vue

Si on n’est pas vu, on n’est guère reconnu ce qui oblige à se donner en spectacle, sous le regard des autres auxquels on montre sa présence par une ascension spectaculaire dans la hiérarchie et la disposition du meilleur équipement disponible. D’autres exhibent ou cachent leur addiction aux jeux, spécialement ceux du tir dont on pense qu’ils ont pu en inciter certains à en réaliser les résultats dans la vie réelle comme ce fut le cas récemment à l’occasion des exhibitions meurtrières à Toulouse. Beaucoup des néophytes cherchent dans cette activité un monde plus cohérent que celui de la vie réelle qu’ils aspirent à quitter, aussi plus loquace par une parole qui circule plus amplement que dans le silence des wagons de transport collectif quand aucun regard ne se pose, aucune connivence ne se montre, aucune rencontre ne s’esquisse, aucune amitié ne se noue avec la promesse d’une véritable entraide, d’une affinité étroite, loin des indifférences de la vie réelle, de sa dureté, de l’isolement dans lequel on est enfermé, sinon cadenassé. C’est une manière d’échapper au réel de moins en moins drôle, de plus en plus ennuyeux, de plus en plus contraignant avec ses temps de transport incompressibles, ses moments qu’on cherche à oublier pour tuer un temps si vite révolu et dont on ne peut profiter faute de joie pour s’y complaire, simplement exister pleinement, sortir des absurdes règlements pour se consacrer à sa propre autonomisation, l’approfondissement de soi, la construction d’une véritable identité au lieu de celle, plus fictive qui ne sert qu’à la présentation.

Vie réelle et artificielle

Quand la véritable vie, celle de l’élaboration de soi, de la construction de sa personnalité s’éteint, au moment où s’achève pour la plupart le cycle de l’apprentissage, de l’enrichissement, on reçoit brusquement l’incitation à changer de carapace, d’en revêtir une plus colorée, plus voyante, plus représentative de notre vouloir vivre, de nos ambitions et de notre volonté de se rapprocher de l’autre par le contact, le dialogue, l’instrumentation et la solidarité au sein d’une équipe qu’on ne saurait quitter tant elle nous est attachée et tellement nous nous sommes fondus en elle par la participation aux jeux d’une autre vie que celle perpétuellement proposée et imposée par une société en plein désarroi, sinon déclin.

Et en guise de conclusion :

Dans un premier temps, lorsqu’on parle des addictions, il faut distinguer :
1. l’usage (la prise récréative d’une substance, sans recherche préalable),
2. l’abus (la prise répétée et effective)
3. la dépendance ou prise addictive (le dérèglement du comportement qui mène à la pathologie : la toxicomanie).
Quelles que soient les drogues, lorsqu’il y a dépendance c’est qu’il y a eu une modification de la sécrétion des hormones dans le cerveau, car les drogues les plus efficaces sont celles sécrétées par notre cerveau. Elles entraînent une modification du fonctionnement normal du cerveau, qui devient dépendant. Les deux drogues licites, le tabac et l’alcool, font des millions de morts par an dans le monde. Chaque année, le tabac tue près de 7,55 millions de personnes dans le monde, et l’alcool 5 millions. En France, le tabac entraîne la mort de 100 000 personnes par an, contre 260 environ pour l’héroïne. La priorité est donc l’addiction au tabac et à l’alcool qui concerne beaucoup plus de personnes. On ne devient pas dépendant par hasard. Plusieurs facteurs entrent en jeu : les gènes mais aussi l’environnement ou l’éducation. En terme de vulnérabilité génétique, c’est le système dopaminergique du cerveau qui entre en jeu. Il peut être plus sensible et réceptif aux drogues et donc entraîner plus rapidement une dépendance. Il ne faut pas confondre vulnérabilité et fatalité car une prédisposition génétique ne signifie pas qu’on sera forcément “addict”. L’environnement, la culture ou encore l’histoire personnelle, font qu’on sera ou non en contact un jour avec une substance potentiellement addictogène”. Si ce premier contact avec la drogue entraîne un effet positif, un soulagement ou même simplement une amélioration du sommeil, il y a un risque de répétition de la prise de la substance et donc d’addiction du cerveau.