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Raison ou passion ?

Jugements et destins

L’éducation est-elle objective ?

lundi 24 janvier 2011, par Picospin

Les lumières s’amoncelaient sur ma tête sans la réchauffer ce qui me permit aisément de la garder froide. Cette condition serait favorable à la pensée, plus qu’à l’éclosion des sentiments qui trop souvent se muent en passions.

Les passions ou "l’erreur de Descartes"

On connaît ses dérives, ses chaleurs, ses enthousiasmes et ses colères. Ils ne sont pas toujours propices à la réflexion qui a besoin d’un terraine neutre pour s’épanouir. Pourquoi suis-je allé à Bordeaux ? Pour participer à une manifestation qui touchait de près la vie de ma famille, de ma descendance en la personne de petit-fils qui venait d’intégrer l’ENSAM autrement dit l’institution qui accueille ou filtre l’entrée des gaszarts, où règne une atmosphère spéciale datant de l’époque napoléonienne au sein de laquelle la discipline est stricte, la camaraderie une institution et la solidarité un soutien professionnel et quasi familial pour la vie. Il ruisselait de bonheur, ce garçon de 21 ans revenu à la vie après une période de préparation de concours qui l’a vu souvent aux bords de la dépression et du suicide. Pour quelle raison ? Pour l’unique intervention au cours de ses années de « Prépa » d’une Madame, Professeur de Physique qui exprimait à son encontre une passion négative la conduisant à prononcer une de ces phrases qu’on devrait hésiter à laisser sortir de sa bouche, même si elle est enjolivée par une grande marque de rouge à lèvres.

Une terrible déesse

Par ce jugement venu d’une déesse méchante d’on ne sait quelle antiquité, elle avait laissé tomber la sentence définitive « Il, mon petit fils, n’est pas digne de préparer les concours et encore moins d’être reçu à ceux susceptibles de lui ouvrir une voie professionnelle ». Cet oukase tombé la famille s’en alla éplorée comme à la fin d’un enterrement cacher et calmer sa peine en prononçant des lamentations que des milliers de concurrents malheureux et leur famille chantent dans la douleur au moment d’apprendre la sentence fatale, celle d’un condamné à mort dont on ne sait s’il pourra ressusciter par un miracle comme il y en eut peu dans l’histoire de notre tragique humanité, chacun le sait. Cette voix de Cassandre, sortie d’on ne sait quelle grotte de Delphes, amplifiée par on ne sait quel système acoustique fabriqué par Bose devait impérativement prédire que le malheur s’abîmerait sur notre demeure comme un vulgaire aéronef dans le flots.

Un pilote intrépide

Cette fois, il n’y aurait aucun intrépide pilote de ligne commerciale pour le maintenir à flots dans la baie de New York et sauver de la noyade la centaine de passagers qui se trouvaient à bord. Est-il possible que l’Éducation Nationale, si chère aux cœur et à l’esprit des Français fabrique plus de Cassandre(s) que d’enseignants pour insuffler l’optimisme aux cœur et surtout à l’esprit des milliers de petits Français qui aspirent à rompre la haie de baïonnettes acérées défendant avec la ferveur du militant, l’opiniâtreté du guerrier et la foi du religieux l’entrée du temple de la science autrefois habitée par les nouveaux génies de l’astronomie, les connaisseurs du cosmos. Sans oublier les prêtres de la littérature qui n’ont de cesse à célébrer aussi religieusement les injures, la rage, la bave s’écoulant de la bouche et des encrier d’un Céline que ses adorateurs veulent continuer à célébrer pour des talents d’écrivain leur semblant supérieurs à ceux d’honnêtes serviteurs des lettres qui peuvent se passer de l’encre du diable pour jeter le venin sur des groupes « ethniques » désormais tabous pour cause de silence et de génocide. Mon petit-fils est un rescapé.

Autrefois...

Plusieurs années auparavant, mon fils qui par la suite prit le chemin des États-Unis avait été jugé « indigne » d’exécuter un travail intellectuel et à peine digne d’entrer dans « la vie active ». Depuis cette autre sentence divinisée d’un représentant de l’Éducation Nationale, il est devenu professeur de Médecine dans une des premières universités d’Amérique. Quelles prédictions, quelle pertinence du jugement ? Cassandre était battue, à jamais couchée entre rocs et mer Egée où elle aura le loisir d’émettre les opinions qui conviennent au moment opportun et dans l’intérêt « supérieur » des citoyens à construire.

Questionnement éthique :

1. Éduque-t-on l’enfant pour la société ou pour lui permettre de s’épanouir selon sa propre nature ?

2. Est-ce que la société a des exigences auxquelles elle ne peut renoncer sans se mettre en péril ?

3. Existe-t-il un risque de détruire la communication si on renonce à contraindre les élèves à s’exprimer et à comprendre ?

4. Où s’exerce l’éducation ? Pour qui, par qui ?