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En attendant des jours meilleurs

KRACH

Angoisse ?

mardi 7 octobre 2008, par Picospin

Il y a une semaine encore, des banques étaient renflouées ou rachetées. On ne sait si cette cette action des Etats est suffisante. Il paraît que nous sommes face à une crise de liquidités et les Etats ne pourront financer la crise indéfiniment en raison de leur endettement.

Ni la Chine ni l’Inde, les pays qui ont aujourd’hui des liquidités, ne pourront prêter indéfiniment de l’argent aux autres Etats. D’aucuns pensent que la BCE doit baisser ses taux d’intérêt car l’argent est trop cher ce qui obligerait à faire tourner la planche à billets. L’effondrement de la bourse pourrait durer encore avant que ne montre des signes de récupération. Si l’on ne retrouve pas dans les jours qui viennent de nouveaux cadavres dans les banques, la confiance reviendra et la chute s’estompera. Si, par contre, on assiste à de nouvelles faillites de banques, d’aucuns prédisent que l’on aurait de grandes chances sinon de gros risques de courir à la catastrophe sans oser prévoir sa nature. La question que tout le monde se pose aujourd’hui est : « Est-ce que les banquiers disent la vérité ? » En posant cette question, la rumeur montre à quel point elle est en manque de confiance envers les institutions financières, politiques, administratives pour garantir la perennité des revenus et la continuité des remboursements. Quand les baisses se seront estompées, on pourra passer à une deuxième phase : restaurer la confiance envers les banques. Les chutes d’aujourd’hui étaient prévisibles car ce sont des vagues successives générées par la crise financière américaine. Ce phénomène est semblable à la crise de 1929, pour les uns, différent à certains égards pour d’autres. En refusant d’intervenir, le président Hoover avait laissé le krach s’approfondir. En choisissant le protectionnisme et la dévaluation, chaque pays avait voulu détourner la crise sur son voisin, précipitant la récession mondiale. En tout cas, son éloignement dans le temps la transforme en histoire ancienne, en mythe, à la fois du malheur mais aussi des capacités de restauration d’hommes de bien qui ont dessiné le schéma de la restauration économique. On pense dans certains milieux que cette crise était sans doute nécessaire pour nettoyer les marchés, mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps. Il aura fallu assister à sa survenue pour se rendre compte des problèmes de gouvernance des entreprises. Les sociétés et les organes de régulation sont incapables d’assumer leurs missions, qu’il s’agisse du rôle et des fonctions des commissaires aux comptes ou des administrateurs. L’Irlande, le pays qui avait le plus profité de l’Europe, a donné le signal de la débandade en agissant seule et sans avertissement pour sauver ses banques, quitte à abandonner celles de ses partenaires. Plusieurs autres pays lui ont emboîté le pas, ruinant les efforts de coopération esquissés jusque-là. Du coup, le Vieux Continent agit en ordre dispersé face à une épreuve dont le caractère transfrontière fait partie des évidences. Nationalisme suicidaire. Tout à leur phobie de l’impôt, des élus républicains irresponsables ont fait mordre la poussière au plan d’urgence présenté au Congrès, avant d’en imposer une version compliquée et incertaine qui aggrave encore l’incertitude des marchés. De la même manière, le projet de création d’un fonds d’intervention massif et européen, avancé la semaine dernière, a été abattu au décollage par un gouvernement allemand qui se croyait assez fort pour faire rentrer à lui tout seul le génie de la spéculation dans sa lampe. La perspective d’une hausse des prélèvements, conséquence de l’intervention publique, a agi comme un épouvantail. La maison brûle, mais on veut d’abord sauver les idoles.Le MEDEF a fait un pas dans ses recommandations sur les parachutes dorés, sans aller trop loin dans cette initiative car les parachutes dorés sont toujours autorisés. Il convient de s’interroger sur les objectifs réels, les biais éventuels, le rôle et l’efficacité des textes publiés par le Comité d’Ethique du MEDEF, rédigés dès mai 2003. Seule une gouvernance européenne réunifiée et volontaire peut y pourvoir et rétablir un semblant de confiance dans la finance mondiale. Ensuite, viendra l’heure des comptes. Ensuite, viendra le temps des réformes de structure. On croyait jusque-là que l’unité politique de l’Europe était avant tout un doux rêve fédéraliste, défendu par les utopistes et tenu en méfiance par les peuples. La bévue des nations égoïstes, qui plongera l’économie européenne dans la récession si elle n’est pas vite effacée, montre qu’elle est devenue une nécessité.