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De scandale en scandale : quand et où va-t-on s’arrêter ?

L’Eglise décrète des semaines saintes. Pourra-t-on décréter la survenue de semaines saines ?

De la suite dans les idées et les agissements : du Crédit Lyonnais à l’Union des Métiers de la Métallurgie

vendredi 25 juillet 2008, par Picospin

Cette affaire vient de connaître un rebondissement inattendu à partir d’un juge d’instruction chargé de découvrir à qui étaient destinés les fortes sommes prélevées à plusieurs reprises sur les "comptes spéciaux" de l’Union de 2000 à 2007. Cette personnalité a reçu le témoignage d’un confident de l’UIMM qui a été mis en examen pour "recel d’abus de confiance", pour avoir perçu des compléments de salaire et de retraite en espèces.

Un mur du silence qui s’abat

Cette personne, chargée des relations avec le monde politique et économique pour l’UIMM a fissuré le mur de silence auquel se heurtait jusqu’alors le magistrat. Selon l’ancien dirigeant, le Conseil national du patronat français (CNPF), devenu Medef a bénéficié, pendant de longues années, d’un financement occulte de l’UIMM. Le CNPF comptait un service des études législatives qui avait une tout autre activité, puisque un représentant du CNPF venait régulièrement s’alimenter en « munitions » auprès de cet organisme. Cette personne repartait souvent avec un paquet de la dimension d’une boîte de chaussures sous le bras ce qui incite à supposer que ce n’étaient pas des petites coupures, hypothèse qui vient buter sur la version défendue par Laurence Parisot, présidente du Medef depuis 2005. Interrogée par la brigade financière, cette dernière avait déclaré n’avoir jamais eu connaissance de tels agissements et n’avoir appris que par la presse et seulement tout récemment l’existence de la caisse noire de l’UIMM. Personne n’était au courant, nous étions choqués, avait-elle indiqué aux policiers. Je n’ai aucune idée de ces destinataires, je n’ai interrogé personne pour le savoir et personne n’est venu me dire quoi que ce soit. L’UIMM agit ainsi depuis de longues années. Je lui ai répondu que je ne souhaitais pas le savoir non plus, ni connaître les bénéficiaires." Laurence Parisot avait demandé à un certain moment si les distributions d’argent se poursuivaient comme avant malgré les relations tumultueuses entre le Medef et l’UIMM. 

Des relations orageuses

Le Medef ne dispose que d’un effectif (180 personnes) et de ressources limitées, avec un budget de 34 millions d’euros. Mme Parisot veut profiter de cette crise pour rééquilibrer les pouvoirs avec l’UIMM, qui assure 7 % du budget du Medef et gère un pactole de plus de 600 millions d’euros et un réseau de 85 chambres syndicales et de groupements professionnels. Les témoins des déclarations de Mme Parisot ont été surpris les déclarations de la patronne du Medef qui devait être forcément au courant de ces pratiques occultes. "J’ai été surpris des déclarations de Mme Parisot lorsqu’elle a dit qu’elle n’était au courant de rien ce qui a suscite des interrogations sur les réelles Je pense que les membres du conseil exécutif du Medef devraient s’interroger sur ses réelles compétences. Les assertions de ce témoin capital pourraient permettre au juge d’orienter son enquête vers d’anciens responsables du CNPF, tels qu’Yvon Gattaz, déjà auditionné comme témoin –, François Perigot ,Jean Gandois voire Ernest-Antoine Seillière Fort prolixe, l’ancien responsable de l’UIMM ne s’est pas contenté de dévoiler ces transports illicites d’argent vers le CNPF mais a mis en cause le financement des syndicats, et notamment celui de la CGT qui devait recevoir chaque année quelques centaines de milliers de francs.

Transports secrets et illicites

Le juge se demande ensuite si, parmi les allocataires de l’UIMM, figuraient également la CFDT et FO, question à laquelle il est répondu sèchement "Vraisemblablement ». Ces syndicats cohabitent avec les dirigeants patronaux dans un certain nombre d’institutions paritaires comme l’Unedic ou le Conseil économique et social sans que ces révélations aient été ponctuées par la révélation de noms propres. L’ancien responsable dit ne pas savoir à qui, précisément, ces fonds étaient remis. Une autre piste a été évoquée à cette occasion : celle du financement politique dont les origines remontent aux sources de l’UIMM, et à la création du Comité des forges, en 1864. "Tout le monde sait bien qu’avant 1914 des campagnes électorales ont été financées par le Comité des forges. M. Georges Mandel, qui était d’origine très modeste, menait grand train, et tout le monde se demandait d’où il tirait son train de vie. C’était le Comité des Forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien d’autres et qui illustraient des pratiques qui auraient perduré à travers plusieurs époques.

Des personnalités bien arrosées

Ces dernières consistaient en distribution d’argent en espèces à des hommes politiques de tout bord, hormis le Parti communiste. A l’époque, il n’y avait pas d’extrême droite, mais des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand." La Chambre syndicale de la sidérurgie française, qui prend la suite du Comité des Forges, "finançait directement les hommes politiques et les journaux. Quant à l’UIMM, elle ne finance pas les syndicalistes comme des hommes politiques, mais elle concourt aux nécessités financières des syndicats, lorsqu’ils ont des budgets qu’ils ne peuvent pas assumer eux-mêmes, comme, par exemple, la mise en place d’un congrès". Depuis le début de l’enquête judiciaire, les syndicats, pour qui les prises de position des syndicalistes ne sont que des cris plaintifs se sont défendus, un peu trop mollement, d’avoir perçu la moindre somme en liquide. Un des témoins de ces agissements, conclut "Si c’était faux, les dirigeants syndicaux auraient dû hurler à la mort."


Source :
Le Monde 25 juillet 2008
Davet G.
UIMM : les révélations d’un ancien dirigeant sur la caisse noire et le financement des syndicats et des partis politiques