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Où sont-ils ?

L’Europe et l’Andalousie

Très loin ou trop près ?

mardi 28 avril 2009, par Picospin

Picospin s’est octroyé quelques semaines de vacances pour regarder à partir de la Méditerranée et du Guadalquivir ce qui se passe ailleurs, en observateur neutre, indépendant et heureux de rapporter quelques impressions à partir d’un lieu de rencontre, célèbre au Moyen Age pour avoir réussi à rassembler autour de trois cultures différentes des idées, des inventions, même celle d’un dieu unique vénéré par trois religions monothéistes. Ce fut, parait-il, l’âge d’or de cette aventure à la fois humaine et sans doute eschatologique.

Et que voit-on dans cette Europe appelée Union Européenne, que d’aucuns voudraient voir rassemblée autour de la Mer de toutes les cultures, de tous le mythes, de toutes les aventures ? Alors que la "feria de Séville" bat son plein, que les touristes se précipitent dans cette région enchantée, parfumée à l’orange, aucun journal étranger, - autrement dit de langue différente de l’espagnol - n’est disponible pour le pauvre européen qui a décidé de quitter son pays pour s’évader vers les odeurs subtiles et fortes à la fois, les durs accents du flamenco, le rythme à triolets des mains claquées, les robes soulevées d’une extrême pudeur pourtant, jamais au-dessus des genoux malgré les déhanchements provocateurs et le bruit assourdissant les talons qui claquent sur le sol qui amplifie les rythmes. Un monde muet qui reste sur place, faute de pouvoir communiquer alors qu’il se flatte d’être celui des échanges d’information, des émissions et des réceptions, vers des lieux situés à moins de 2000 km à vol d’oiseau. Une impression de désolation, de désert malgré les clameurs des politiques qui veulent unifier, rassembler, au milieu des gémissements d’une population prise au piège de ses propres contradictions, d’un capitalisme qui vit peut-être ses dernières heures dans l’attente d’une rénovation qui pourrait le conduire vers un monde nouveau dans lequel l’éthique trouverait enfin la place qu’elle n’aurait jamais du quitter depuis que Aristote, Maimonide, Spinoza en ont disséqué les processus, érigé les fondations et fouillé dans les profondeurs du sol les racines, les débuts des jeunes pousses et les arborescences qui cherchent à nous envelopper. L’éthique jaillit de partout depuis que le monde s’est aperçu de son absence, depuis que dieu s’est retiré d’un univers désenchanté pour laisser l’homme seul face à une nature condamnée à l’abandon, au péril, à un retour possible au chaos jusqu’à ce qu’il ait réussi dans l’angoisse et la solitude à reconstruire un ensemble qui tienne debout, qui s’élève jusqu’au ciel dans l’attente qu’une bombe venue de n’importe où jette à terre l’édifice patiemment élaboré par les compagnons disposés à rebâtir comme un Sisyphe qui aurait repris courage, confiance et endurance.