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Les Irlandais oublient-ils la reconnaissance ?

L’Irlande est-elle ingrate ?

Les conséquences possibles d’un "non"

samedi 14 juin 2008, par Picospin

Les politiques français ont fourni des armes au camp du non. Les Irlandais, épris d’indépendance, et qui détestent que leur soit dictée leur conduite, apprécient d’autant moins la politique française que des incitations à voter oui ont pu venir de France, là où le traité constitutionnel a été rejeté par référendum en 2005. On n’aime guère les donneurs de leçons quand ces derniers font exactement l’inverse de ce qu’ils recommandent aux autres. Les médias irlandais, qui collectionnent ce qu’ils appellent "the french gaffes", ont été très critiques pour Bernard Kouchner.

Des déclarations maladroites

"Les premières victimes d’un non éventuel, auquel je ne veux pas croire, seraient les Irlandais, avait dit le ministre des affaires étrangères le 9 juin. Ce serait quand même très, très gênant pour la pensée honnête qu’on ne puisse compter sur les Irlandais, qui eux ont beaucoup compté sur l’argent de l’Europe." Ses paroles, reprises en boucle, ont été commentées avec fureur par la population. "Ces propos sont inappropriés, s’est indigné le chef du principal parti d’opposition, militant du oui. Les électeurs irlandais sont capables de faire leur choix eux mêmes", a-t-il déclaré. Le premier héros involontaire de la propagande anti-traité n’est autre que... l’ancien président de la Convention européenne, Valéry Giscard d’Estaing. Ses critiques du traité de Lisbonne (selon lui "mutilé" par rapport au traité constitutionnel) ont été inscrites en gras sur un tract distribué à des centaines de milliers d’exemplaires par une influente association en faveur du non. "Entre Giscard, Lagarde et Kouchner, c’est à se demander si vos politiques ne font pas tout pour torpiller la campagne du oui !", écrivait le correspondant politique du Irish Times. Il est de fait que l’Irlande a largement profité de son entrée dans l’Union Européenne qui lui a permis de se développer et d’inverser la tendance de sa situation économique. De la pauvreté, elle est passée à un PIB plus que raisonnable ce qui a sorti de l’ornière un pays qui avait l’habitude de vivre dans la misère. On sait quelles conséquences a eu sur le pays cette situation chronique de dénuement qui ne s’est résolue partiellement que par une émigration massive vers les Etats-Unis où les Irlandais ont fait souche pour constituer maintenant une bonne fraction de la population. A preuve encore, la célébration de la fête de St Patrick qui prend dans ce pays une coloration particulière, verte évidemment, et une importance proportionnelle au nombre de familles irlandaises vivant en Amérique.

New York

La ville qui compte le plus grand nombre d’habitants se revendiquant Irlandais n’est ni Dublin ni Belfast mais New York. Ce sont les persécutions religieuses des XVIe et XVIIe siècles qui déclenchèrent les premières vagues d’émigration irlandaise. Ecclésiastiques, séminaristes et étudiants proscrits ainsi que de nombreux enfants des grandes familles gaéliques vinrent trouver refuge dans une trentaine de « collèges irlandais » fondés principalement en France – à Paris, Bordeaux ou Nantes – mais aussi en Espagne à Salamanque, en Italie et dans plusieurs autres pays européens. Plus nombreux encore furent les mercenaires qui s’engagèrent au service des souverains catholiques d’Espagne et de France, souvent en lutte contre l’Angleterre protestante. Ces wild geese ou « oies sauvages » formèrent des régiments autonomes qui se distinguèrent sur de nombreux champs de bataille ; les brigades irlandaises jouèrent ainsi un rôle prépondérant dans la victoire française à Fontenoy en 1745. Napoléon lui-même constituera une Légion irlandaise au sein de sa Grande Armée. D’autres réfugiés irlandais se lancèrent dans les affaires et certains connurent des réussites spectaculaires. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, l’émigration irlandaise fut principalement d’origine religieuse, les catholiques fuyant une île devenue pour eux difficilement vivable. Mais, dès les années 1710-1720, apparut un courant continu de départs volontaires pour des raisons économiques. Après les guerres napoléoniennes, qui firent enrôler dans les armées anglaises beaucoup de soldats irlandais, commença véritablement une émigration de masse, un million d’Irlandais franchissant l’Atlantique entre 1815 et 1845 à destination des États-Unis et du Canada.

Famine et émigration

La Grande Famine accentua ce mouvement avec plus de deux millions de départs entre 1845 et 1854, 80 % de ces nouveaux émigrants se fixant en Amérique, dont 63 % aux Etats-Unis. La première guerre mondiale, les restrictions américaines à l’immigration dans les années 1920 et la crise économique des années 1930 ralentirent ce flux d’émigration. Il fut réactivé par la seconde guerre mondiale, lorsque des milliers d’Irlandais vinrent suppléer dans l’île voisine les travailleurs britanniques mobilisés. Les difficultés économiques de l’Irlande jusqu’au milieu des années 1960, puis dans les années 1980, alimentèrent encore un courant soutenu, autour de quarante mille départs annuels. Depuis le début des années 1990, la tendance s’est enfin inversée grâce au spectaculaire développement de l’économie irlandaise, l’apport d’immigrants, notamment des pays d’Europe de l’Est, et le retour de nombreux Irlandais expatriés dépassant largement le nombre de ceux qui tentent toujours de faire fortune à l’étranger. Dès lors la question que de nombreux Européens se posent concerne les causes vraisemblable du rejet de l’Europe au moment où cette incorporation dans une Union apparemment profitable pour l’Irlande est niée sous la forme du vote négatif, prévu depuis longtemps et maintenant réalisé définitivement. Quelle serait la responsabilité de l’Europe dans cet échec qui oblige à revoir et réétudier tout le processus politique, économique, sociétal, d’une véritable fusion au sein de la communauté européenne quitte à laisser pour les lendemains ce qui aurait pu aussi bien se faire dès maintenant et qui concerne l’entrée de la Turquie dans l’espace européen ?

Un couple mal assorti ?

Dans cet ordre d’idées, on ne saurait totalement accabler la politique étrangère de la France à la tête de laquelle réfléchit et agit un couple dépareillé qui a une faible expérience de la diplomatie et de la politique étrangère même si leur parcours les a amenés à voyager dans le monde apparemment sans en avoir compris toutes les nuances culturelles, relationnelles, spirituelles et traditionnelles sans parler des problèmes religieux qui, malgré la laïcisation des sociétés continue de jouer un grand rôle dans la vie politique et familiale. On ne cessera pas d’épiloguer sur cet échec dont certains disent qu’il risque de porter un coup dur, sinon fatal, à la construction de l’Europe. Cet évènement, joint à ce qu’on appelle déjà le « coup de poignard dans le dos » que Kadhafi vient de porter à l’Union de la Méditerranée et par contre coup à celui qui en était le promoteur, Nicolas Sarkozy, ne laisse pas très bien augurer d’un avenir déjà assombri par la flambée des prix du pétrole et de ce fait par la détérioration de la situation économique. Le monde, surtout dans sa situation actuelle de globalisation exige pour sa gouvernance de l’intelligence, de la sagesse, des connaissances approfondies dans les domaines de l’histoire, de la philosophie politique et une longue expérience patiemment apprise au contact des réalités et des théories enseignées dans le lieux de réflexion que sont les universités et les écoles spécialisées. Est-on certain que ces critères soient bien remplis par les responsables de cette conduite ?


Sources :
Le Monde
12. 06. 2008

Messages

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