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S’agiter n’est pas agir

L’agitation des médias

Construire, c’est mieux

vendredi 27 mai 2011, par Picospin

Ce serait comme une réaction instantanée à toutes les informations ingurgitées de façon si gloutonne que notre seule réponse serait celle d’un vomissement en jet, puissant, déraisonnable et incoercible. Ces qualificatifs s’adressent à cette réaction digestive habituellement normale par le seul et simple fait qu’elle est celles des nourrissons contre le lait ingurgité de force, contre le trop plein de nourriture apporté par une mère angoissée par l’inappétence temporaire de son petit chéri qui vient de perdre une dizaine de grammes sur la balance qui sert à évaluer la force de sa nature, la puissance de son vouloir vivre et montre les prémisses de sa future carrière de grand homme en puissance, un quelconque avocat comme celui de DSK chargé de gagner et surtout de ne pas perdre un procès qui prend les allures d’une condamnation.

Quel avenir ?

Il pourrait devenir aussi un chercheur scientifique de la NASA, un honnête ingénieur du CEA ou un Professeur de médecine qui sait tout, n’ignore rien et distribue la bonne parole à qui veut bien l’entendre moins pour le réconfort des malades à l’agonie que pour sa propre réputation de démiurge capable de vaincre toutes les situations, même les plus désespérées. Pendant que se meurent les uns, se gonflent les ambitions creuses des autres. Voilà que pour agrémenter la biographie de la Ministre de l’Économie, promue miraculeusement, comme le fut autrefois le brillant professeur d’économie aujourd’hui à terre sous l’intervention encore miraculeuse d’un jeune comingman français né quelque part, à tout hasard dans la luxueuse cité de Neuilly sur Seine, ville à faire et défaire réputations et carrières, on publie à tort et à travers que sa qualité première serait celle de maitriser la langue anglaise comme personne du fait de sa longue carrière aux États-Unis qui la lui aurait instillé.

Miracle

Encore un miracle, sans doute surtout apprécié des Français pour qui ce don des langues et de la langue lui ouvrirait les portes du paradis encore plus amplement qu’aurait pu le faire le professeur Shakespeare si on lui avait demandé de donner des cours particuliers, payables en pounds trébuchants et sonnants. Comme un sonnet, un poème, une tragédie pleine de meurtres, d’intrigues familiales, de morts subites et de sang giclant sur scène artificielle sous forme de peinture vermeil répandue sur le sol en bois du théâtre élisabéthain. Vous me direz que ma prose coule en jet comme le feraient les bouches des statues nichées au fond des parcs pour irriguer les jardins de le Nôtre qui a maintenant un successeur plus doué encore que le paysagiste en la personne d’un confiseur auprès duquel se précipitent le tout Paris, Londres ou New York au prix de l’or ou du cuivre dérobé sous les caténaires par des « voyous » prêts à tout pour survivre dans un monde de la compétition, de la pauvreté et de l’inégalité. Il paraît que si j’écris ainsi tous les jours avec la régularité d’une horloge, c’est parce que la littérature sert à ne pas mourir.

Instinct de survie

Le seul problème dans cette affirmation, c’est que je ne suis pas sur que cette activité s’identifie véritablement plus à la littérature qu’à la conservation de l’instinct de survie, profondément entamé au cours de ma jeunesse par des évènements historiques que tout le monde connaît, que beaucoup taisent et que peu osent encore évoquer à la sortie de l’univers concentrationnaire et à l’entrée de celui de la science et de l’industrialisation. On dit donc et on écrit que la littérature sert à ne pas souffrir, à nous garder de la mélancolie et du désespoir. Je ne saurais ajouter que ces livres servent à quelque chose. Impossible question est-il écrit dans ce bijou de journal qu’est « Le Monde ». Nulle réponse est-il continué…sculptée dans le marbre. Juste l’ébauche d’un chemin, tracé au milieu du désarroi : à survivre peut-être, quand la catastrophe est passée sans nous emporter tout à fait. Regardez à la télévision la ville américaine de Joplin dans l’état du Missouri.

Tornades

L’avez-vous vue, ou plus exactement ne l’avez-vous pas vue après les tornades successives qui ont aspiré comme le ferait le meilleur des aspirateurs Dyson des maisons transformés en fétus de paille, des voitures à l’état concentré de jouets d’enfants et des habitations réduites comme si elles étaient passées entre les mains les plus expertes de réducteurs de têtes. Des écrivains réunis à la hâte à Lyon pour débattre de cette question cruciale s’il en fut, on estimé sinon conclu que l’écriture est née d’une souffrance personnelle intense, d’un deuil devenu le composant chimique de l’existence, « une matière non pas première mais seconde, que rien ne dissoudra hormis leur propre mort ». Ils ont ajouté que « survivre c’est aussi sur-vivre ». Quand il est question de vie ou de mort, on a rarement besoin de la littérature mais quand on en a besoin, c’est alors avec une intensité exceptionnelle qui transcende toute échelle d’utilité et en fait bien davantage encore qu’une question de vie ou de mort – un question de sur-vie ».

Auteurs en quête de phrases

Les auteurs ne sont pas loin, qui attendent, tapis au fond des lettres et des phrases, le moment de se réveiller et d’écrire comme André Breton « Le fond des choses c’est la douleur mais être dans la douleur n’est pas souffrir mais survivre et aussi perpétuellement se survivre mais surtout vivre à un taux par-dessus l’étiage de l’extrême dessus ». Il s’agit de survivre à la vérité. « Vie publique, vie primitive, survie », dois-je oser ajouter « vie privée » ? La littérature est toujours une affaire de vie, c’est là sa gloire. « Et sa réponse à l’impossible question ». Puisque j’ai survécu, suis-je en droit ou dois-je me préoccuper des drames qui se sont noués ou qui se nouent en ce moment sur tout ou partie de notre globe ?

Génocide

Que faire du bourreau de Srebrenica génocidaire de milliers de Musulmans en Bosnie, comment juger DSK qui, s’étant depuis longtemps jugé sur ses faiblesses a fini par être emporté par les fautes dont il s’était lui-même accusé et qui ont pu servir de piste pour le compromettre loin de ses bases françaises et le précipiter dans les geôles américaines à partir de possibles pièges tendus, comment corriger les erreurs de jugement des immigrés dont les enfants réussissent mieux que ceux de natifs autochtones ? Qui me donne le blanc seing pour redresser la vérité des faits contre les illusions, les opprobres, les condamnations et les mensonges ? Seulement parce que j’ai survécu ?...