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Un film intelligent de Clint Eastwood

L’échange

Comment un acteur autrefois de second plan devient un grand metteur en scène

mercredi 26 novembre 2008, par Picospin

Que l’histoire soit conforme à la réalité ou non reste sans importance tant elle est prétexte ou matière à décrire la vie et ses divers épisodes, la condition humaine imposée par la filiation, la culpabilité, la responsabilité qui tiennent lieu de liens entre les êtres humains surtout quand ils ont une âme à l’image du créateur qui, en l’occurrence se trouve être un grand metteur en scène, autrefois acteur aux multiples facettes du nom de Clint Eastwood.

Une forte tension

C’est un film sous tension d’une intensité telle que les 140 minutes qu’il dure passent sans obstacles à travers les émotions permanentes et variées qu’il suscite. Que l’histoire soit conforme à la réalité ou non reste sans importance tant elle est prétexte ou matière à décrire la vie et ses divers épisodes, la condition humaine imposée par la filiation, la culpabilité, la responsabilité qui tiennent lieu de liens entre les êtres humains surtout quand ils ont une âme à l’image du créateur qui, en l’occurrence se trouve être un grand metteur en scène, autrefois acteur aux multiples facettes du nom de Clint Eastwood. Est-ce une sorte de Dostoievsky du cinéma, qui s’appesantit sur la perversité des hommes, leur folie, leurs crimes, leurs instincts meurtriers ? Il aurait pu soumettre l’univers qu’il décrit à une critique acerbe et désespérée en raison des thèmes qu’il a choisis. Son regard sur le monde est doux, bienveillant, plein d’empathie même quand il se focalise sur le crime, le mensonge, la compromission. Cet homme a une âme et il le fait savoir à tous ceux qui auraient oublié qu’il faut en posséder une et la cultiver pour prétendre vivre dans un monde difficile peut-être créé par Dieu quand il était dans un bon jour. Ces moments devaient être assez rares pour que le résultat fut souvent modeste, sinon insupportable. A l’image de dieu, le créateur Eastwood, appuyé par quelques collaborateurs qui ne devaient pas tous être des saints, profite de la narration d’une histoire incroyable mais véridique pour y accrocher des points de vue, des opinions, des jugements qui mettent en cause tout une culture et une civilisation dont la seule mais importante excuse était celle de la jeunesse. L’histoire de cette civilisation, c’est celle de son pays, l’Amérique, décrite vers la fin des années 20, au moment où ce pays était en pleine construction, une entreprise lourde de sens et de difficultés dans laquelle les lacunes, les erreurs, les défauts se voyaient d’autant plus que beaucoup de gens honnêtes y évoluaient dans un milieu contrôlé par la bonne foi, la religion, les bonnes intentions qui s’accompagnent toujours d’une dose de naïveté.

Dénonciations

Sont successivement dénoncés avec violence et sans pardon les crimes en série, la folie, et surtout sa prise en charge de l’époque qui doit encore faire retourner dans sa tombe un homme de la trempe de Michel Foucault, les compromissions des autorités, de l’administration, de la police qu’il importe de purifier de toutes ses dérives, pour donner progressivement à l’Amérique un mode de vie débarrassé des scories - et elles sont nombreuses - qu’a laissés dans ce pays l’arrivée rapide et successive de immigrants débarqués sur les quais de New York ou Los Angeles pour des motifs politiques, religieux ou économiques. Ce n’est que lorsque l’ouvre de purification entreprise par les pionniers aura été amorcée que la nouvelle nation pourra commencer à respirer et à croire en un mot si précieux, si importants, si riche de sens et d’avenir : "l’Espoir".

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le cinéma est propice à l’interrogation éthique ?

2. Est-ce le cas de tous les films ou bien faut-il qu’une oeuvre cinématographique soit construite pour poser une question d’ordre éthique ?

3. Est ce que l’intention de questionner ainsi suffit à faire d’un film une oeuvre de portée philosophique ?

4. Y a-t-il un risque pour les créateurs d’une oeuvre de ce type de voir s’en détourner des spectateurs effrayés de devoir recevoir un message qui risque de les gêner ?

Messages

  • opinion partagée, sauf : 140 minutes c’est beaucoup trop long et, sans doute est ce la cause de cette longueur, je trouve dans ce film une sorte de délectation dans l’horreur que je ne partage pas, et qui rend le film largement insupportable. Il eut fallu moins de détails sur ces scènes d’horreur, cela aurait allégé le film et l’aurait raccourci. assister, par exemple, à l’agonie du criminel, à tous les détails de sa mort par pendaison, est ce vraiment indispensable pour recevoir le message de Clint Eastwood ?

  • « Ils ont un parti après", at-elle dit, « Ils m’ont invité à aller avec eux, mais moi n’a pas osé mettre mes collants ..." Je frappai à la porte, s’attendant à perfect girls être accueillis par le pasteur Robbins. sntlq23sp