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Du gorille en rut ?

L’entente est-elle cordiale ?

...ou du bonobo en négociation amicale ?

mercredi 29 juin 2011, par Picospin

J’utilise à dessein ces deux termes dérivés de l’Anglais que peu de membres du gouvernement maitrisent d’après ce que l’on sait d’eux et d’elles depuis peu.

Difficultés en français et en anglais

Ce n’est que tout récemment que nous apprenons les réelles difficultés d’expression en langue étrangère qu’éprouvent des ténors de la politique lorsqu’ils et elles sont mis devant le mur de s’exprimer dans une autre langue que celle enseignée par leurs parents et appelée pour cette raison maternelle. On pourrait profiter de cette occasion pour s’interroger sr les raisons de cette ignorance qui emble toucher la France particulièrement, plus que d’autres pays européens. Sans doute certains d’entre eux ne peuvent-ils se passer de ce véhicule pour s’exprimer ce qui paraît être de moins en moins le cas à mesure que, malgré de véritables réticences à la formation de l’Europe, des voix s’élèvent pour contester cette union des peuples nés des massacres de deux à trois guerres successives qui ont décimé ce continent et permis à d’autres de naitre dans une « émergence » qu’on se plait à saluer ne serait-ce que pour faire des affaires avec elles pour leur plus grand bonheur et surtout pour celui de leurs habitants.

Intérêt ou désintérêt

L’absence d’intérêt pour les langues étrangères relève de plusieurs causes dont la principale me semble tenir dans une certains indifférence pour les évènements, mœurs et coutumes qui président à leur manière de vivre, leurs relations avec les autres peuples et les héros et penseurs, artistes et philosophes qui peuplent leur culture. L’intérêt pour une langue est la condition sine qua non de sa sympathie, sinon de son empathie pour elle. Si l’on accepte de s’arrêter à cette hypothèse, cette dernière signifierait du même coup qu’on souhait rester étranger à une certaine forme de culture. Pour quelle raison ? N’y a-t-il pas dans cette indifférence à la limite de l’hostilité une certaine appréhension de l’autre, celui qui est différent, une altérité qui fait peur en même temps qu’elle est objet de mépris pour permettre plus facilement à sa propre civilisation d’envahir tous le territoires, tous les recoins de ses propres manières de vivre et en premier lieu celles du langage utilisé pour la communication.

Groupuscules

Il n’est pas sur que la tendance actuelle d’utiliser de plus en plus souvent des modes d’approche communs à de petits groupes, ne serait-ce que ceux de l’âge, facilite des rapprochements, à l’aide de codes plus ou moins secrets et particuliers qui influencent la formation de réseaux, d’amitiés, de connivences. Apparemment, il ne s’est pas trouvé un seul Ministre au gouvernement ou d’ailleurs capable de s’exprimer en Anglais et d’en comprendre le discours pour représenter la France dans le concert des nations par l’intermédiaire des techniques de l’économie, des finances sinon de la diplomatie. Notre Dame de fer dans un gant de velours si compétente dans le domaine des affaires financières s’est trouvée dans une position éminemment favorable pour la candidature à ce poste en vue de prendre la succession de DSK actuellement en proie à d’autres soucis d’un tout autre ordre que le redressement économique d’une Grèce elle-même en proie à des difficultés politiques et sociétales propres à un très vieux ou trop vieux pays, autrefois phare du monde pour ce qui est de l’intelligence, de la subtilité, de la philosophie et de l’organisation politique.

Anecdote explicative

Pour terminer, une petit anecdote à verser au dossier de l’apprentissage du français, notre langue maternelle. Une jeune fille de 17 ans se présente très poliment devant un examinateur du baccalauréat pour l’épreuve de français. Il lui est demandé de se livrer à quelques réflexions et de répondre à des questions concernant le siècle des Lumières. Comme elle avait parfaitement préparé cette question, elle se met à argumenter ses propos et à répondre aux questions posées lorsque le dit examinateur lui enjoint de s’interrompre en ponctuant ses phrases lapidaires d’une sentence irrévocable « Tout ce que vous me dites est faux » lui est-il répondu. Et de conclure, « vous pouvez partir » sans autre commentaire sur les sentences précédentes. Cet exemple de l’enseignement des langues et en particulier de la langue française est suffisamment caractéristique pour expliquer le mutisme des Ministres de la République devant leur obligation internationale évidente de participer au dialogue entre peuples qui sont la base de leur entente, de leur rapprochement, de leurs modes de négociation.

Gorilles, bonobos ou homo sapiens ?

Ni anglais, ni français, à l’image des gorilles, même pas en rut, ni même des bonobos qui utilisent d’autres moyens de communication entre eux pour résoudre leurs difficultés. Sans parler des SMS et autres dérivés dont la compréhension se perd entre rugissements du lion et paroles de perroquet. Pendant ce temps, tous les pays qui se réfèrent à une langue de communication commune devenue pour des raisons pratiques et de simplification la langue anglaise s’entendent par ce biais pour faire avancer la science, la pensée, l’intelligence, qu’elle s’adresse à celle de "l’homo sapiens" ou à celle de "l’homo faber".