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La deuxième chance de Freud

L’envers de l’inconscient : les aventures de Carla

Retour des rêves

jeudi 15 octobre 2009, par Picospin

On peut se demander qui est responsable de ces bouleversements de la tradition, de ces écarts de conduite officiellement révélés, de ces aveux, de ces incertitudes, de ce doute de soi, des renversements de gouts, de tendances, d’une attirance particulière et croissante pour la pêche à la ligne qui permet parfois d’exceptionnelles prises de gros et plus petits gibiers disponibles pour être jetés dans le bain de tous ceux que l’on voudrait laver des soupçons de la tricherie, de l’incohérence, des passages de frontières pour exercer de l’autre côté, plus rapidement et plus radicalement les tâches et fonctions que l’on n’avait ni su, ni pu remplir du premier.

Mouvements d’humeur et d’opinion

Journalistes et écrivains, censeurs et moralistes se jettent d’un commun accord sur les ingrats qui ont quitté un parti ou une pensée pour rejoindre d’un coup d’aile ou de queue les structures et institutions opposées. Dans cette opération tout le monde est content et a toutes les raisons de l’être. Le pécheur d’abord, heureux du choix de sa prise, le gibier qui cherchait depuis longtemps le meilleur moyen de traverser le bassin, les comités d’accueil impatients de recenser les qualités et défauts réels des transfuges et mis en appétit par leur renommée pour les envelopper de leur protection, de leur charme, de leur séduction. C’est dans ces conditions que l’on peut devenir carnivore, pour peu que l’appétit venant en mangeant, on se précipite sur le jouet de son appétit, la victime de son désir pour les dévorer, les incorporer et les transformer en métabolite à assimiler tout de go. Est-ce une aventure enviable ? Doit-on jalouser le destin de ces transfuges qui n’étaient pas très heureux de leur première destination et pas plus enchantés de leur seconde chance à eux donnée par les prédateurs à la recherche de tout élément enviable et déjà envié par la masse, celle qui voudrait enserrer dans sa nacelle le produit de la chasse ou de la pêche si attirante et si propice à la fierté de soi, au narcissisme par crises, à l’exaltation par suffisance.

Au spectacle

Les spectateurs de ces incongruités sont bien gentils et trop discrets pour s’intéresser aux comportements des uns et des autres, à mesure que se dévoilent devant un public médusé les secrets de polichinelle des chercheurs d’or ou de diamants, en quête de Graal en forme d’un ésotérisme si précieux pour l’obsessionnelle quête des origines dans un monde occidental et chrétien impatient d’en découvrir puis d’en approfondir les formes et les couleurs. Cette fois, l’objet se découvre, il dévoile sa sacralité aux être purs sinon puissants, il change l’orientation des communautés qui doivent, pour s’initier, entrer de plain-pied dans son univers varié et variable, seul capable de le faire entrer, en compagnie et sous la protection des accompagnateurs dans un monde meilleur, en tout cas bien au dessus de celui qu’il a quitté lors de l’appel. Il n’est pas certain que ces mouvements épars, à la recherche de la bonne et juste position dans la société fassent l’unanimité auprès de la masse, qu’elle soit laborieuse ou non, de celle qui observe de loin et d’en bas la rencontre permanente sur l’échiquier de la vie, celle qui abat les tours, décapite les reines, met le Roi en échec, libère les fous, ceux qui continuent de susciter l’intérêt et le mépris des honnêtes gens qui en ont assez de voir les puissants jouer avec les honneurs, être protégés par un certain bouclier qu’on a du mal à arracher à ceux qui l’ont construit et mis entre les mains de ceux, sans doute, qui en ont le moins besoin.

Une certaine société

Certains et certaines pourtant, pensent de temps en temps à cette fraction de la société qui peut se permettre de revendiquer le besoin de la psychanalyse, cette philosophie thérapeutique des neurosciences qui s’essaie à extirper du cerveau les restes du sable qui y a été entassé au fil des mauvaises heures, de la survie de la conscience, du chevauchement entre bien et mal. Et voici, lancé par la première dame de France, sur la lancée d’une école italienne très attachée à cette discipline, la rencontre entre l’analyste et l’analysé dont les chemins se rencontrent plus qu’ils ne se séparent dans une confusion des rôles et des missions si difficile à saisir pour les témoins de cette relecture de vie. J’ai été complètement hermétique à la psychanalyse. Je ne la connaissais pas. Je pensais n’en avoir aucun besoin. J’ai eu une vie totalement dans l’action, complètement en dehors de la psychanalyse jusqu’à l’âge de 28 ans. J’ai eu une fracture quand mon père est mort et je suis entrée dans la psychanalyse corps et âme".

Une entrée remarquée

En analyse depuis 8 ans selon le dossier de presse de France 3, elle confie "qu’il y avait comme une indifférence, comme un vague ennui, peut-être de part et d’autre". "C’était le contraire de la personne avec qui je suis actuellement en analyse. Avec lui, la première séance a été incandescente. Cela a quelque chose à voir avec le coeur qui bat. Ce sont deux personnes qui se rencontrent. C’est une rencontre humaine qui a fait, dans mon cas, l’investissement et l’engagement dans la psychanalyse". "Je n’aime pas être allongée et parler. C’est artificiel pour moi. J’ai l’impression d’être dans une mascarade. Depuis deux ans, je suis en face à face avec mon analyste. Cette situation plus civile m’aide à parler plus librement. Réactions du peuple qui entend, lit, pense et rêve : « D’autres patients célèbres évoquent leur première séance d’analyse : Patrice Leconte, Karl Lagerfeld, Charles Berling, Claude Chabrol, Marc-Olivier Fogiel, Jacques Weber, Marc Jolivet, les écrivains Marie Darrieussecq et Christine Orban, mais aussi des anonymes. Tous les bobos français font des psychanalyses. Et Miller fait partie de ceux qui ont réalisé que la psychanalyse, pour de multiples raisons, dont beaucoup ont à voir avec la supercherie qu’elle représente, est en train de perdre son attirance pour les masses.

Rencontres entre célébrités

Alors, on sort quelques célébrités pour faire de la pub. Et à ceux qui la ramènent en vantant ce formidable "travail sur soi qu’il faut avoir beaucoup de courage à entreprendre", je répliquerai que les humains n’ont pas attendu Freud pour faire ce travail sur soi, voir la littérature et le théâtre du passé, et que le travail sur soi à la Freud repose sur des interprétations perso et "magiques" du gourou, sans aucun fondement scientifique. Carla Bruni-Sarközy de Nagy-Bosca en analyse ? Bah ! Pourquoi pas ? En revanche, son mari (provisoire ?) devrait entamer une psychothérapie auprès d’un psychiatre compétent : de nos jours, on soigne très bien la mégalomanie. Allez Carla, un petit geste pour la France ! Dis à ton homme : "Pas psypsy, pas cucul !" Tu lui rendras service... et à nous aussi. . C’est noté ! Le samedi 7 novembre, 15h25/France 3, je penserai à regarder ce documentaire concernant la 1ère Dame de France et un domaine initié par Sigmund Freud dans le tourbillon de la vie viennoise si conviviale et libératrice et créative.

Une psychanalyse italienne

En Italienne d’origine, habitant de l’autre côté de la voie romaine mais aussi de celle de Freud, elle doit aimer parler comme chanter, et la suite de ses séances de psychanalyse doit être comme un de ces feuilletons incontournables pour le public consentant que nous sommes. Les artistes qui l’accompagnent dans cette démarche se dévoilent et nous rapprochent de cette recherche intérieure transformatrice, en nous faisant attendre d’eux des métamorphoses. On ne s’attendait pas à entendre l’épouse du Président parler de psychanalyse, ou du moins pas si tôt. Le mobilier de l’Elysée a du en ressentir des sueurs froides et être troublé par ce renversement de situation psychologique au milieu de laquelle la marque des montres avait autant sinon plus d’importance que le dernier roman de Philippe Roth, même traduit en français.