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Le chimpanzé et le Président

L’éthologie offre-t-elle un éclairage à l’anthropologie ?

L’avant et l’après d’une conférence de presse

jeudi 24 avril 2008, par Picospin

Bling bling et chimpanzés

Le bling bling trouve-t-il ses racines dans la nature des primates ? Chez les chimpanzés, un individu de petite complexion peut accéder au pouvoir, à la place de numéro 1 même si cette éventualité survient rarement. Il semblerait que plus les espèces sont évoluées, moins les attributs physiques comptent dans la dominance ce qui est le cas du chimpanzé. Pour parvenir à ses fins, le petit doit se donner plus de mal que ses pairs dotés d’une belle carrure. Il doit en faire davantage pour se faire repérer, pour séduire le maximum de membres au sein de sa tribu, les convaincre de le suivre et pour asseoir son autorité que ses congénères de stature ordinaire.

Rassurer

Au moment où le Président de la République va s’efforcer de rassurer les Français sur ses intentions politiques, les détails et obstacles de son cheminement et l’état des lieux qu’il est en train de créer, à l’instant où certains pensent qu’il a entendu les voix de la sagesse, il n’est sans doute pas inutile d’analyser en parallèle des éléments du comportement de leaders dans le règne animal, plus exactement chez les chimpanzés.Le bling bling trouve-t-il ses racines dans la nature des primates ? Chez les chimpanzés, un individu de petite complexion peut accéder au pouvoir, à la place de numéro 1 même si cette éventualité survient rarement. Il semblerait que plus les espèces sont évoluées, moins les attributs physiques comptent dans la dominance ce qui est le cas du chimpanzé. Pour parvenir à ses fins, le petit doit se donner plus de mal que ses pairs dotés d’une belle carrure.

Les petits et les plus gros

Il doit en faire davantage pour se faire repérer, pour séduire le maximum de membres au sein de sa tribu, les convaincre de le suivre et pour asseoir son autorité que ses congénères de stature ordinaire. Si le chef primate n’est pas l’individu le plus grand ni le plus fort de la tribu, il se comporte de manière à être le plus visible, le plus impressionnant, voire le plus intimidant. Il est expert dans l’art d’attirer l’attention de la troupe en lançant des pierres, le plus loin possible, et de préférence des pierres imposantes. C’est une manière pour lui de démontrer sa force et sa capacité de manier ces armes potentielles avec dextérité. De même, il est habile dans l’art de secouer les branches d’arbres, plutôt les plus grandes. L’objectif est de faire le maximum de bruit et de remuer le plus grand volume d’air. Ses cris sont en général très sonores, modulés et de forte amplitude. La voix est joue un rôle important chez les singes au point que chez certaines espèces comme les gibbons, le cri puissant serait la marque distinctive du dominant. Selon une primatologue réputée, le fait que Mike, un chimpanzé candidat au pouvoir, ait eu l’idée de se servir de bidons d’essence vides, pour se faire entendre et se faire remarquer, a largement contribué à son « élection » à la tête de la tribu.

Un bidon pour conquérir le pouvoir

Ce jeune chimpanzé ne s’est pas séparé de son bidon pendant toute la période de conquête du pouvoir, puisqu’il grimpait sur lui pour paraître plus grand et l’utilisait comme caisse de résonance pour se faire entendre de loin.Quand ce n’est pas un objet qu’il exploite, le postulant au statut de leader, augmente sa visibilité en adoptant des postures particulières. Ses bras sont souvent levés au ciel et rarement repliés ou croisés, dans le seul but de « se grandir ». Il se déplace fréquemment debout, le buste dressé et, en présence de ses congénères il se met ostensiblement à bomber le torse. Certains esprits critiques on comparé ce comportement un peu caricatural à celui de certains hommes qui se veulent saturés de pouvoir dont M. Sarkozy serait un exemple parmi tant d’autres. Ils auraient en commun des parades telles que des gesticulations, de grands moulinets de bras, des bombements de torse et des accents capables d’attirer les oreilles les plus récalcitrantes à l’écoute. Quand notre cousin singe grimpe sur les bidons, jette des pierres et secoue les branches pour insister sur sa présence et attirer l’attention de sa troupe, notre chef humain ne peut que grimper sur ses talonnettes, utiliser à plein régime le moyen de communication le plus populaire, le portable, et, pour mieux se faire entendre, monopoliser les micros des médias.

Une pierre et une montre

Là où son cousin s’affiche avec sa grosse pierre, la plus grande branche et le bidon le plus imposant, le Président exhibe sa Rolex, protège ses yeux avec des lunettes Ray Ban et présente non sans orgueil sa superbe femme, un top modèle exceptionnel. Là où ils se différencient vraiment, c’est dans leur comportement après la prise du pouvoir. Une fois assis sur le trône, le chef singe modifierait son comportement car il dispose maintenant de la couronne, s’appuie sur ses alliés, e charge un autre que lui-même de rappeler à l’ordre les plus récalcitrants et les moins enthousiastes à suivre le chemin plein d’embûches proposé. Il redevient plus calme, plus serein, se contente parfois de brèves démonstrations de puissance, afin de se rassurer sur la perennité son autorité. La parade du pouvoir ne peut qu’être limitée dans le temps. Trop de parades nuisent à la crédibilité du chef. Une fois au pouvoir, le dominant a des missions plus importantes que de secouer des branches ou de monter sur des bidons d’essence. Quand la popularité chute, le président entend les voix de la sagesse, puisqu’il renonce à ses habitudes bling bling que son épouse s’acharne à toute vitesse à "déblinguiser" en douceur renonce à la parade du pouvoir. Est-ce que ces métamorphoses signifient qu’il n’y a plus de parades du tout ? Il est trop tôt pour l’affirmer, s’agissant de p arades qui ont de fortes chances d’être exclusivement réservées aux tribus. Ceci est une autre histoire qui méritera de plus amples développements sur le plan anthropologique.

Questionnement :

1. Comment peut-on comparer le comportement et la communication entre animaux avec ceux des hommes ? Que nous apprend cette comparaison ?

2. Pensez-vous, comme Dominique Lestel, Philosophe et éthologue reconnu, du Département d’études cognitives de l’Ecole normale Supérieure, qu’une ethnologie est maintenant nécessaire pour comprendre certaines sociétés animales comme celles des chimpanzés, étudiée dans le texte ci-dessus, des éléphants ou de certains mammifères marins ?

3. Partagez-vous l’idée de Dominique Lestel que les comportement culturels ne constituent pas une rupture propre à l’humain mais qu’ils émergent progressivement dans l’histoire du vivant ?

4. De même, peut-on accréditer l’hypothèse sinon l’affirmation que certains animaux doivent être considérés comme des sujets dotés d’une histoire, d’une conscience de soi e de représentations complexes ?

5. Un autre Scientifique, Derek Denton qui enseigne en Australie, traitant de l’évolution de la conscience chez les animaux décrit le comportement des abeilles qui communiquent des choses spécifiques de manière symbolique et sémantique. Que peut-on penser d’une elle observation ?