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L’homme irrationnel

vendredi 23 octobre 2015, par Picospin

Vieillissement

Qu’il ait vieilli est un fait qu’on ne peut que souligner et accompagner. Dans ce commentaire surgit la constatation que la vie n’est qu’un éternel vieillissement qui commence à la naissance et se termine par la mort. Pour certains, cette vérité prend le pas sur la perspective d’une autre vie à venir, héritage des croyances religieuses, philosophiques ou féériques.

Vieillissement

Qu’il ait vieilli est un fait qu’on ne peut que souligner et accompagner. Dans ce commentaire surgit la constatation que la vie n’est qu’un éternel vieillissement qui commence à la naissance et se termine par la mort. Pour certains, cette vérité prend le pas sur la perspective d’une autre vie à venir, héritage des croyances religieuses, philosophiques ou féériques.

Justice

Il faut bien que la justice s’exprime en ce monde qui en est singulièrement dépourvu pour compenser les injustices flagrantes qui ne cessent de s’accumuler sur les épaules de chacun. Elles sont moins bien supportées par la fragilité de celles qui ne sauraient résister aux pressions de la société, de la politique, des lois qui pèsent sur les individus sans ressources morales, dépourvus des ossatures qui permettent de résister aux aléas de la nature et plus encore des hommes, ces congénères dont la fraternité, l’amitié, la sympathie offerte sont si rarement exprimées que les déprimés ploient sous tant de forces égocentrées.

Abel et Caïn

Cette aventure a commencé avec Abel et Caïn et se termine par les guerres meurtrières, les déplacements de populations, les fuites éperdues vers des paradis artificiels prenant parfois la forme de la fiscalité, du rêve, du nationalisme ou des idéologies. On a vu comment ces attractions ont fini par dévaster notre planète qui se vide progressivement de ses créatures les plus richement dotées car les plus chassées parce que dangereuses, considérées comme malfaisantes.

Irrationalité ou rationalité ?

Quand Woody Allen parle d’irrationalité c’est plutôt de rationalité qu’il faudrait discuter tant son dernier film est rationnel dans sa construction et le scénario qui le fait vivre sans concession, dans sa logique implacable qui est aussi celle de la vie. Il n’est pas le seul à chercher un sens à la vie. D’aucuns pensent qu’elle est contingente, quelle peut se dissoudre dans la recherche des plaisirs ludiques ou dans l’exploration éperdue de divertissements, sinon dans la noyade sous les effets de l’alcool ou autres drogues qui font si peur aux politiques, aux responsables de la santé publique.

Comment vivre et survivre

Comme on les sait, ces substituts permettent seulement de survivre au lieu de vivre. Heidegger, si bien cité dans le film de Woddy Allen, a dit que nous étions tous des êtres en sursis et que l’homme était un « être pour la mort », celle que nous appréhendons, qui nous terrifie mais qui nous attend au bout du chemin plein des embûches de la vie.

Le sens de la vie

Que dans ces conditions, il ait cherché le moyen de lui trouver un sens ne relève pas d’une folie mais bien de la plus extrême rationalité. Qu’il l’ait découvert au hasard d’une conversation entre des gens bien pensants relève simplement des aléas de l’existence. Le même Heidegger n‘a-t-il pas dit que nous étions jetés au hasard sur la terre pour y vivre un peu et y mourir définitivement.

Une certaine vision

Cette vision pessimiste n’enchante guère les foules qui se protègent des ces prédicats en s’assemblant pour se tenir au chaud, se rassurer et attendre avec plus de sérénité la fin inéluctable. C’est peut-être cette vision qui dérange les esprits chagrins qui sentent que par cette vision du monde, la vie dépourvue de sens, l’horizon de sa finitude n’invitent guère à la joie. Surtout celle qu’on veut éprouver dans les sièges confortables des cinémas qui sont construits pour le divertissement, si cher à Pascal. Qu’il trouve le moyen de justifier le sens de la vie en la supprimant chez un autre, inconnu, en mettant la cerise sur le gâteau dans cet acte est une dernière astuce qu’il se permet.

Autrui

Autrui est celui qui aide à vivre, à supporter sa propre souffrance. Ce sont ces visages proposés par Levinas qui deviennent la raison de justifier son existence, ceux de l’autre que soi-même. A la sortie du cinéma, regardez les spectateurs comme des humains à secourir après avoir encaissé les visions pessimistes mais objectives et rationnelles de Woody Allen. Un dernier philosophe ?