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Quel enseignement tirer des catastrophes aériennes ?

L’homme, la machine et la société

Des relations et des prévisions

dimanche 5 juillet 2009, par Picospin

Les deux communautés n’ont que leurs yeux pour pleurer car tout le monde était d’accord pour fustiger la médiocre qualité technique et logistique de la compagnie qui avait été autorisée, malgré ces insuffisances à poursuivre son activité de transport de voyageurs par l’intermédiaire d’une compagnie classée d’ores et déjà dans une catégorie médiocre sinon insuffisante.

Responsabilité

C’est dans ce déroulement chronologique qu’il importe de considérer cette courte série d’accidents qui peuvent très bien n’avoir aucune relation entre eux. Dans la première, il s’agissait de la responsabilité d’une des plus grandes et plus réputées compagnies du monde, dans la seconde c’était une minuscule compagnie à la réputation discutable que l’accident était arrivé et au sujet de laquelle les habitués de la ligne avaient émis les plus grandes réserves ce qui explique leur colère et leur ressentiment actuel. One ne peut dire que le bureau appelé BEA pour Bureau des Enquêtes et Analyses ait montré un professionnalisme de premier ordre par leurs représentants qui se sont succédé aux différents micros ouverts à leurs opinions tant ils cultivaient la langue de bois, la maladresse des communiqués, le vide des contenus, sinon de fallacieuses promesses sur le succès de l’enquête. Cette dernière devait dépendre en grande partie de la récupération des boites noires.

Des boites noires pour un sous-marin d’attaque

Cette manœuvre tient plus de la prouesse technique et humaine que technique de détection vouée au succès au point qu’on a évoqué pour garantir le succès de l’opération l’intervention d’un sous-marin baptisé pour la circonstance sous-marin d’attaque sans que l’on connaisse les raisons de l’insistance des autorités sur cette appellation qui n’ajoute aucune qualité supplémentaire ni aucune meilleure chance de succès pour retrouver et analyser le contenu de ces boites qui tiennent plus de la magie que de la rationalité comme si on cherchait à faire adhérer le peuple à une « mentalité » , un mode de pensée, différent du nôtre, capable de verser dans la croyance en phénomènes surnaturels dont l’origine suscite la peur en raison de l’ignorance des mécanismes des échecs et d’une insuffisance de maitrise de la nature. Comme l’homme quand il est sage et rationnel se rend compte des lacunes de ses connaissances est parfois capable d’en tirer des conséquences sur l’amplitude et la profondeur des lacunes de son savoir, il ressent une panique dont Paul Ricoeur disait qu’elle « ressortit de la peur spécifique qui bouche la réflexion. »

Réflexion ou pensée primitive ?

Dans un article excellent, Alain Faujas écrit dans le Monde du 4 juillet 2009 que les pilotes mis en difficulté par les pannes des sondes Pitot par exemple doivent faire preuve d’une lucidité instantanée pour ignorer les alarmes de décrochage, réagir aux instructions des procédures longues, complexes, sinon contradictoires ce qui rendent provocatrices et infondées sinon stupides les conseils infondés donnés par de vulgaires profanes dont les recommandations se bornent à maintenir une assiette et une puissance. En exercice de simulation de vol, aucun des pilotes chevronnés soumis à cette manœuvre n’a réussi à se sortir du problème posé. Entre la machine, les automatismes, qu’ils soient d’ordre mécanique ou humain il y a une relation de dépendance, de fonction et de structure qui oblige chacun des éléments de cette chaine à répondre de façon instantanée, appropriée à la panne ou à la défaillance avec des moyens qui exigent une technique parfaitement adaptée aux moyens et capacités réactualisées en permanence en fonction de l’apprentissage, de l’entrainement et des connaissances sur la machine que l’homme doit pouvoir maitriser.

Maitrise

Le peut-il à tout moment et en toute circonstance ? D’aucuns affirment que dans la chaine des responsabilités et par conséquent des coupables, l’erreur humaine n’existe pas et que c’est l’organisation du travail qui place l’homme en situation d’échec. Cette nouvelle façon de considérer le risque et de le classer hiérarchiquement débouche sur l’analyse de la dangerosité des systèmes socio techniques. Les automatismes ne deviennent surs que s’ils intègrent l’homme comme ultime recours pour parer à leur propre défaillance à condition que ce dernier garde intacte, par son entrainement et sa liaison étroite avec l’évolution de la machine sa capacité d’intervention en urgence. Le public doit être associé à ces réflexions pour ne pas perdre sa capacité de réflexion et de jugement, y compris celle qui conduit à admettre que le risque ne peut être annulé et qu’il faut vivre avec. Dans cet ordre d’idées, il en est du masque, du voile comme celui de la burka et des délibérations auxquelles il a donné lieu comme celui du rejet d’autrui et de la chose, d’une réaction inappropriée et excessive, démesurée aux incidents, dysfonctionnement mais aussi et surtout à la catastrophe.