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Parler ou ne pas parler..?

L’oracle de Paris

C’est la question

jeudi 19 février 2009, par Picospin

C’est bien ce qui s’est passé aux Antilles où la situation dramatique actuelle a surtout servi de révélateur à une conjoncture dont on apprend maintenant qu’elle était devenue tendue puis explosive depuis de nombreux mois et depuis plus longtemps encore puisque les habitants de ces îles favorisées par le climat et l’environnement placent le début des difficultés à l’occasion de la conversion du franc en Euro.

Une vieille histoire ?

Comme cet épisode ne date pas d’hier, on avait sans doute le temps de réfléchir aux moyens d’évaluer la situation créée par ce changement et d’envisager les mesures à prendre pour faire face à ses conséquences économiques. Peut-être aussi, cette problématique a-t-elle été étudiée à une profondeur inégalée puisque les fonds sous-marins, les paysages au-dessus et au-dessous de la mer se prêtent au rêve, à la contemplation de tant de beauté et à l’exploration des espaces qui s’offrent à la vision masquée – à travers les lunettes sous-marines - des voyageurs en direction des abysses, des fosses, tout près des entrailles de la terre ? On espérait secrètement que cette prospection d’un autre univers allait servir de solution aux problèmes posés par le nôtre, celui des surfaces nues ou habitées par des hommes à la recherche de leur éthique pour enfin apporter aux pauvres la justice qui leur était promise depuis longtemps aux cieux mais malheureusement moins souvent sur une terre où elle ne s’incarnait pas toujours sous les traits les plus adaptés à cet idéal. Après tout, on pourra toujours invoquer, pour expliquer les longs délais d’attente de cette vertu, l’absence provisoire de la personne symbolisant la Némésis, parce que tombée en disgrâce à cause d’un hybris qu’elle aurait du apprivoiser au lieu de l’exhiber aux yeux de la télévision et autres médias comme le sont les hebdomadaires à succès qui l’avaient placé an première page pour être contemplée devant les kiosques. Que n’a-t-on fait appel plus tôt à l’auteur le plus compétent en matière de justice même si pour le lecteur francophone il provient du monde anglo-saxon puisqu’il a le bonheur (pour les uns), le malheur (pour les autres) d’enseigner la philosophie à Harvard, établissement sans doute assez bien classé dans la hiérarchie des valeurs selon Shanghai qui sert actuellement de référence même si son classement n’est ni approuvé, ni reconnu par des contestataires vigoureux et bruyants qui ne sont pas tous issus des syndicats gauchistes de l’université.

Un philosophe célèbre

John Rawls explique que à partir d’une position originelle, dans laquelle entrent en fonctions variables les conditions qui la caractérisent, il est rationnel de travailler sur un nombre de rubriques telles que le contexte de la justice, les contraintes formelles du concept du juste, le voile d’ignorance et la rationalité des partenaires. La théorie des prix si débattue actuellement implique un équilibre sur un marché concurrentiel dans lequel des individus abandonnent aux autres ce dont ils peuvent le plus facilement se passer et obtiennent en contrepartie ce qu’ils désirent le plus. L’équilibre qui en résulte est composé d’accords librement consentis entre des acheteurs et des vendeurs volontaires. Equilibre ne signifie pas justice pour autant. A partir de cette prise en compte d’une situation stable mais pas nécessairement juste, ce que chacun peut faire de mieux consiste à promouvoir une diminution de l’injustice plutôt qu’une amélioration du bien. Les mots clé ayant été dûment sélectionnés par les têtes pendantes élyséennes, il était facile de choisi celui de justice qui s’est trouvé placé promptement dans les bouches les plus augustes des ministères pour en abreuver un public aux abois. Sous la bénédiction d’un style incantatoire qui aurait satisfait le Concile le plus exigeant, et dans le sillage d’une feuille de route qui permettait de suivre les plus impénitents des concurrents d’un faux Paris Dakar, les fidèles serviteurs d’une cause juste ont tenté de parcourir le tracé des pistes ouvertes par les chauffeurs élyséens.

Du sucre sur les pistes

En route, ils ont laissé tomber du sucre en morceaux – spécialité française qui est de moins en moins consommée dans les autres pays – mais aussi du sucre en poudre ou en cristaux ce que des esprits malveillants ont immédiatement baptisé « saupoudrage ». On a aussi invoqué le terme de replâtrage sans doute à cause de la couleur blanche identique pour le premier et pour le second produit. En attendant l’aide aux étudiants dont on s’occupe intensivement en haut lieu mais auxquels il est sans doute trop tôt pour distribuer les aides indispensables à l’achèvement de leurs cycles universitaires ou scolaires, le mécontentement surgit dans les territoires « abandonnés » de la République même si récemment et pour cause ils ont été fréquemment visités ces derniers jours par des responsables angoissés qui voulaient à tout prix se rassurer par cette consommation effrénée de kérosène. A mi-chemin de cette nouvelle aventure coloniale, les Parisiens sont invités à visiter une exposition sur l’homme ce qui ne saurait constituer un mal en soi mais qui effraie certaines imaginations car ils y voient une représentation de la mort par des écorchés dont l’origine reste obscure. Il paraît qu’ils sont chinois ou suppliciés ou vendus comme une vulgaire marchandise à l’usage des « scientifiques ». Léonard de Vinci s’est-il inspiré de l’exposition de ces corps disséqués, décharnés, prêts comme un prêt à porter de la peau et de la chair à subir les reproductions et esquisses des génies de la Renaissance ? Il s’en est en tout cas expliqué « J’ai voulu aussi passionnément connaître et comprendre la nature humaine, savoir ce qu’il y avait à l’intérieur de nos corps. Pour cela, des nuits entières, j’ai disséqué des cadavres, bravant ainsi l’interdiction du pape. Ce que j’ai cherché finalement, à travers tous mes travaux et particulièrement à travers mes peintures, ce que j’ai cherché toute ma vie, c’est a comprendre le mystère de la nature humaine. Pendant certaines périodes de sa vie, à partir de 1505, Léonard de Vinci s’est intéressé davantage au dessin anatomique qu’à la peinture.

Anatomie humaine ou peinture ?

Ces croquis, de par leur caractère direct et leur perfectionnement, semblent être une forme alternative d’expression artistique. Il se concentre de plus en plus sur les muscles et les mouvements, et les dessins qu’il réalise témoignent de manière saisissante de ses talents incomparables d’observateur et de dessinateur. La reproduction de détails anatomiques se limite cependant le plus souvent à le représentation superficielle du corps, de la musculature et de l’ossature. Un regard sur les couches plus profondes de l’anatomie montre que l’exactitude laisse encore à désirer, sans doute en raison des énormes difficultés techniques rencontrées, mais aussi le risque pris lors de dissection. Il dessine par exemple un foetus de quatre à cinq mois, mais est obligé de faire appel à ses connaissances de l’anatomie animale pour représenter l’utérus. il procède de manière similaire pour dessiner le coeur humain, s’inspirant, pour quelques détails, de l’aspect d’un coeur de boeuf. Les études de Léonard n’en resteront pas moins, des siècles durant, les dessins anatomiques les plus exacts, admirés par les rares personnes qui purent les voir. Cependant, ces dessins étaient si en avance sur leur époque, qu’ils ne pouvaient être utilisés directement dans le quotidien médical. Un itinéraire qui conduit de Florence à Paris, du Louvre au Palais de Justice et à l’Elysée, de Pointe-à-Pitre à Cayenne et à la Réunion ? Un véritable catalogue de vacances bon marché ou au rabais par temps tourmentés...

Questionnement éthique :

1. Est-ce que les principes éthiques doivent être dépendants ou indépendants de tout préjugé de toute vérité excepté celle de la logique ?

2. Est-ce que les conceptions morales doivent valoir pour tous les mondes possibles ?

3. Est-ce que Dieu ou toute divinité se doit de déterminer quel est le meilleur des mondes possibles ?

4. Est-ce que nous devons faire dépendre le choix des principes des principes de la justice d’une théorie des institutions sociales ?

5. Pensez-vous que la théorie de la justice considérée du point de vue de l’équité doit inclure dans ses premiers principes les idéaux habituels de la justice ?