Dispersion ?
Comment admettre que l’Etat ait voulu et pu favoriser cette dispersion en déléguant aux instances régionales l’exécution d’un nombre toujours croissant de tâches d’intérêt collectif, sans leur remettre parallèlement les moyens de financement correspondants ? Cela a eu pour résultat un développement considérable des fonctions publiques locales ou régionales – sans que la fonction publique nationale en ait été pour autant réduite - et un alourdissement sensible des fiscalités locales et régionales, pour pouvoir couvrir ces nouveaux besoins. Cela ne veut absolument pas dire, en formulant ce constat critique, que puisqu’il existe maintenant des instances supra-nationales on puisse, on doive supprimer l’Etat et avec lui les départements qui furent une création plus que valable de notre république.
Unités
Non, l’objectif doit être d’arriver à constituer des unités opérationnelles par leur dimension et répondant aux besoins des populations, à éviter les doubles emplois et les rivalités de compétences, qui sont ou stérilisantes ou créatrices de coûts inutiles. Il faut bien reconnaître que les temps ont changé, et que les critères qui ont conduit au découpage en départements et à la localisation des « chefs-lieux » (voilà un terme que nous n’avons pas entendu depuis longtemps !) devraient aujourd’hui être revus. Il est vrai que le découpage actuel, la superposition des structures administratives, n’est pas sans avantages pour les élus (il faudrait reconnaître les « élus », qui sont, dit-on, quelque 200 000 en France ! comme une catégorie professionnelle …) puisqu’ils peuvent être élus à plusieurs niveaux.
Cumuls
L’actuel Président de la République a bien dit clairement qu’il s’élevait contre ces cumuls, et qu’il demandait à ses ministres de renoncer à cumuler ministère et mandat de maire par exemple ; il semble qu’il se soit adressé à une corporation de sourds ; rien n’est changé, et on n’en parle plus. Il est vrai qu’il y a d’autres soucis. Au risque de vous paraître contradictoire, sinon incohérent, nous affirmons notre conviction qu’il faut, pour résoudre ces problèmes, et plus encore les problèmes économiques et sociaux auxquels nous sommes confrontés, plus d’Etat, un Etat plus fort, nécessaire pour résister aux pressions internes et externes. Ce sera notre conclusion ; provisoire…
J2C. Club Benjamin Lefranc