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Soucis hongrois

La Hongrie donne des soucis à l’Europe

Un glissement dangereux

lundi 2 janvier 2012, par Picospin

En aurait-il une dans la décomposition de l’Europe qui frappe à notre porte avec les pièces de monnaie de l’euro de plus en plus en difficulté et les facéties du nouveau Président de la Hongrie dont les initiatives menacent la cohésion de l’union européenne ?

Agitation

Dans le passé, ce pays avait déjà donné des signes d’agitation et exhibé des mouvements révolutionnaires dans tous les sens y compris ceux qui avaient fini de massacrer la population juive au moment où la 2è guerre mondiale était sur le point de s’achever. Le comportement des politiques de ce pays est étonnant, surprenant et imprévisible surtout si l’on considère la qualité intellectuelle, artistique, du plus grand nombre de ses ressortissants qui ont donné au monde des penseurs de haut niveau et des artistes de renom. Il est d’autant plus étonnant que leur successeur à la tête de ce pays réduit à la portion congrue après le démentèlement de la monarchie austro-hongroise et les séquelles d’une occupation nazie suivie de celle effectuée par les communistes et l’intermédiaire des chars soviétiques pénétrant à Budapest se mette maintenant à vouloir constituer un état totalitaire prenant un virage décisif vers l’extrême droite. Cette tendance n’est certes pas isolée en Europe mais montre des signes d’excès qui auront du mal à trouver une place harmonieuse et cohérente dans une Unions Européenne déjà vacillante en raison des méfaits d’une crise dont on ne connaît toujours ni les causes intimes, ni le mécanisme ni les raisons pertinentes de la gravité.

Remaniement des lois

Non content de remanier les lois du pays, le nouvel élu cherche à bouleverser les mœurs politiques, sociologiques et les fondements moraux par l’introduction de thèses spiritualistes, sinon religieuses qui ont du mal à s’accorder avec la volonté de modernité des autres communautés de présentes dans la nouvelle Europe. Est-ce que cette dernière s’est laissé infiltrer par des idéologies extrémistes actuellement portées par une petit pays qui a manifestement d’autres thèmes à offrir à ses voisins que des visions philosophiques concernant la vie humaine, le destin et le statut de l’embryon qui d’après les vues du maitre actuel de ce pays se placent à l’opposé de nations comme la Pologne ou l’Italie qui ne sont pas allés jusqu’aux extrémismes les plus choquants et les plus contraires à l’esprit animant moins les groupes conservateurs que les gens raisonnables à l’affut de renouvellement des us et coutumes, des modes de vie post modernes et cherchant à entrer de plain pied dans les circuits de la technologie triomphante et des sciences humaines qui la soutiennent. Victor Orban serait inspiré par les élucubrations intermittentes de Chavez, et aurait assis son pouvoir sur la nomination de ses proches aux postes clés du régime délibérément orienté dans un sens conservateur. La Hongrie était une république parlementaire monocamérale, présidée par Pal Schmitt depuis août 2010. Le premier ministre indépendant Gordon Bajnai a été nommé à la tête du gouvernement le 14 avril 2009, pour mettre en place un programme d’austérité visant à sortir le pays de la profonde crise économique qu’il traversait.

Élections

Suite aux élections du 29 mai 2010, Viktor Orbán, du parti de droite Fidesz, lui a succédé, fort d’une majorité historique au parlement (plus des 2/3). Le régime parlementaire hongrois a évolué depuis une décennie vers un système marqué par la prépondérance du Premier ministre. Le Parlement, pour le renverser, doit désigner simultanément son successeur. Le Président joue avant tout un rôle d’arbitre et le Parlement doit partager certaines prérogatives (comme l’initiative des lois) avec l’exécutif. L’histoire a souvent été agitée dans ce pays de grande plaine et de fleuve tranquille, plus gris que bleu au point qu’on l’appelle une monarchie danubienne. L’équilibre des pouvoirs apparaît stable dans la pratique ce qui n’empêche pas Rakoczi de prendre la tête d’une insurrection hongroise contre les Habsbourg après que la paix de Szatmar eut reconnu une large autonomie au royaume de Hongrie au sein de la monarchie danubienne. La nervosité du pays se traduit pas une nouvelle révolution contre Vienne, insurrection rapidement écrasée par les autorités impériales. En 1867, la Hongrie recouvre sa souveraineté, lorsque l’Empire unitaire et centralisé se transforme en double monarchie austro-hongroise puis perd les deux tiers de son territoire. Cinq millions de Hongrois se retrouvent en dehors du territoire national avant que l’amiral Horthy, allié ultraconservateur des nazis, dirige le pays après la répression sanglante de la république communiste de Bela Kun.

Nouvelle occupation et nouveau statut

Après son occupation par l’Armée rouge, le pays bascule sous tutelle soviétique jusqu’à ce qu’en 1956, le soulèvement démocratique de Budapest soit brutalement écrasé par les troupes soviétiques et gagne définitivement la partie après la fin de l’ère soviétique et l’ouverture des frontières hongroises aux milliers d’Allemands de l’Est qui fut à l’origine de l’effondrement du rideau de fer et du mur de Berlin. Avec la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, la Hongrie appartient au groupe de Visegrad, un groupement chargé notamment de défendre les intérêts de ses membres dans l’UE. Elle soutient l’élargissement aux pays balkaniques, avec lesquels elle compte bien jouer un rôle de pivot du fait de sa position géographique. La Hongrie compte 22 députés au Parlement européen et dispose de 12 voix au Conseil. La Hongrie vient d’assurer la présidence du Conseil de l’Union européenne de janvier à juin 2011.

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